Contenu pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior. Lire l’avertissement médical.

Reflexes Urgences

Cas clinique

Victime d'Agression Sexuelle

Gynéco-obstétrique

Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.

Présentation initiale

Jeune femme de 22 ans, étudiante, amenée par une amie aux urgences il y a 12 heures suite à une **agression sexuelle survenue la nuit précédente** lors d'une soirée. Elle rapporte des **souvenirs partiels** de la fin de soirée avec **réveil dans un lieu inconnu**, situation évoquant une **possible soumission chimique** (GHB, benzodiazépines, autres). Absence d'antécédents notables : nulligeste, contraception orale œstro-progestative en cours, sérologies pré-conjugales inconnues, vaccination hépatite B incomplète (2 doses il y a 3 ans, sans rappel), tétanos à jour. Groupe sanguin O Rh+.

Elle est amenée par son amie qui l'a hébergée cette nuit et l'a **empêchée de se doucher**. Elle est très anxieuse, pleure par moments, hésite à parler, minimise à d'autres moments (« je n'aurais pas dû boire autant »), exprime de la culpabilité et de la honte, se demande à voix haute « si ça vaut la peine de porter plainte ». Elle est venue « pour voir un médecin », pas nécessairement pour signaler.

À l'accueil : TA 118/72 mmHg, FC 96/min, T 37,0 °C, SpO₂ 98 %, GCS 15, patiente asthénique et fatiguée. Pas de blessure visible extérieurement en dehors de quelques **ecchymoses discrètes sur les avant-bras et les cuisses**. Pas de douleur intense rapportée. Test de grossesse urinaire : **négatif**.

Étape 1

Décision 1

Information clinique

La patiente est installée dans un box calme et fermé. Elle pleure par intermittence, hésite à parler. Un infirmier vous propose : « Elle veut porter plainte ? Sinon on peut la faire attendre un peu, on est débordés. »

Quelle est votre attitude à l'accueil ?

A

Mener d'emblée un interrogatoire policier détaillé sur les circonstances de l'agression pour aider la police dans l'enquête

B

Faire attendre la patiente en salle d'attente commune jusqu'à ce que les prises en charge somatiques classiques soient terminées

C

Accueillir la patiente dans un cadre confidentiel avec une attitude non jugeante, obtenir son consentement à chaque étape et distinguer clairement soin et démarche judiciaire

D

Demander à la patiente de rentrer chez elle si elle n'a pas déposé plainte, la démarche judiciaire étant un préalable indispensable au soin

E

Refuser toute prise en charge tant que la patiente ne s'est pas décidée sur le dépôt de plainte

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Bonne réponse

C. Accueillir la patiente dans un cadre confidentiel avec une attitude non jugeante, obtenir son consentement à chaque étape et distinguer clairement soin et démarche judiciaire

Explication pédagogique

L'accueil d'une personne victime d'agression sexuelle repose sur des principes fondamentaux internationaux (OMS 2019, standards de prise en charge centrée sur la victime — « **trauma-informed care** ») : (1) **cadre confidentiel** (box fermé, personnel réduit) ; (2) **attitude non jugeante et empathique**, en évitant toute question ou remarque pouvant être perçue comme culpabilisante ; (3) **information claire** sur le déroulement de la prise en charge : examen médical, prélèvements, prophylaxie, soutien psychologique, aspects médico-légaux ; (4) **consentement libre et éclairé à chaque étape** (la personne peut refuser ou interrompre à tout moment) ; (5) **distinction claire** entre la mission de soin (qui doit être proposée quelle que soit la décision de plainte) et la démarche judiciaire (qui appartient à la personne) ; (6) **priorité à la personne** dans la file d'attente. La patiente peut choisir de porter plainte, de le faire plus tard, ou de ne pas le faire : sa décision ne conditionne pas les soins. Posologies alignées sur le protocole Clin92 « Prise en charge d'une victime d'agression sexuelle ».

Étape 2

Décision 2

Information clinique

La patiente a accepté l'examen après explication. Elle demande si un médecin femme peut la voir, ce que vous acceptez en organisant la prise en charge avec une consœur ou une sage-femme. Vous devez décider des modalités de l'examen.

Comment conduisez-vous l'examen médical ?

A

Refuser toute demande de médecin femme et imposer un médecin homme, l'urgence médicale primant sur les préférences exprimées par la patiente

B

Examen général complet à la recherche de blessures puis examen gynécologique doux avec consentement, documenté objectivement et respectant les préférences exprimées par la patiente

C

Ne réaliser aucun examen tant que la victime n'a pas porté plainte et qu'un magistrat n'a pas ordonné l'examen

D

Réaliser d'emblée l'examen génital sans examen général, l'agression sexuelle étant l'unique élément à documenter dans le dossier médico-légal urgent

E

Prendre des photographies systématiques de la personne dénudée sans son consentement explicite pour constituer le dossier médico-légal

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Bonne réponse

B. Examen général complet à la recherche de blessures puis examen gynécologique doux avec consentement, documenté objectivement et respectant les préférences exprimées par la patiente

Explication pédagogique

L'examen médical d'une personne victime d'agression sexuelle associe (OMS 2019) : (1) **examen général complet** : recherche systématique de blessures, ecchymoses, hématomes, plaies, morsures, points de pression sur tout le corps, permettant à la fois le soin et la documentation médico-légale ; (2) **examen gynécologique doux** avec consentement explicite : inspection de la vulve et du périnée à la recherche de lésions, examen au spéculum avec prélèvements bactériologiques et médico-légaux si consenti, éventuellement toucher vaginal si utile pour évaluer une plainte spécifique ; (3) **respect des préférences exprimées** par la patiente : sexe du médecin, présence d'un tiers de confiance, interruption à tout moment ; (4) **documentation objective, factuelle et détaillée** des constatations : topographie sur schéma corporel, taille, aspect, sans jugement ni conclusion sur l'agression (l'interprétation des lésions relève de la médecine légale) ; (5) **photographies éventuelles** uniquement avec **consentement explicite écrit**. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 3

Décision 3

Information clinique

La patiente est prête à envisager les prélèvements médico-légaux mais n'a pas encore décidé si elle portera plainte. L'infirmière vous demande : « On peut faire les prélèvements sans réquisition ? Elle n'a pas encore décidé pour la plainte. »

Quelle est votre conduite pour les prélèvements médico-légaux ?

A

Refuser les prélèvements médico-légaux tant que la patiente n'a pas porté plainte et obtenu une réquisition judiciaire

B

Imposer les prélèvements sans consentement, l'intérêt de la justice primant sur celui de la victime

C

Réaliser les prélèvements médico-légaux dans la fenêtre optimale de 72 heures avec consentement de la patiente, en respectant la chaîne de garde

D

Différer les prélèvements de 48 à 72 heures pour laisser le temps à la patiente de porter plainte

E

Ne pas se préoccuper de la chaîne de garde, la démarche médicale primant sur la démarche médico-légale

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Bonne réponse

C. Réaliser les prélèvements médico-légaux dans la fenêtre optimale de 72 heures avec consentement de la patiente, en respectant la chaîne de garde

Explication pédagogique

Les prélèvements médico-légaux (« kit d'agression sexuelle ») sont **temps-dépendants** : la fenêtre optimale est de **72 heures** après l'agression (jusqu'à 5-7 jours dans certains contextes pour l'ADN, mais rendement décroissant). Les prélèvements incluent : (1) prélèvements vaginaux, endocervicaux, buccaux, anaux si indiqués ; (2) prélèvements des sous-ongles ; (3) prélèvements de vêtements, mèche de cheveux ; (4) prélèvement sanguin et urinaire pour recherche toxicologique (soumission chimique) — **prioritaire dans les 24-48 heures**. La **chaîne de garde** doit être respectée : identification, scellés, transmission tracée. Le cadre juridique dépend du contexte local : au Maroc, une **réquisition judiciaire** est généralement requise pour la transmission des prélèvements aux enquêteurs, mais leur **collecte et conservation à visée conservatoire** peuvent être réalisées avec le consentement de la personne, dans l'attente d'une décision judiciaire ultérieure. Le **consentement de la personne** est indispensable pour chaque prélèvement.

Étape 4

Décision 4

Information clinique

Vous devez maintenant décider de la prophylaxie post-exposition VIH. Un confrère vous propose : « Attends d'avoir la sérologie de l'agresseur, on ne va pas la mettre sous trithérapie pour rien. »

Quelle est votre conduite pour la PEP VIH ?

A

Attendre la sérologie de l'agresseur avant toute décision, pour ne pas exposer la patiente à des effets indésirables inutiles

B

Débuter la PEP VIH dans les 72 heures avec un starter pack aux urgences (trithérapie CDC 2025), durée totale 28 jours et suivi programmé

C

Prescrire de la ceftriaxone IM en 1ère intention comme PEP VIH, molécule à large spectre couvrant également les IST bactériennes associées

D

Différer la PEP de 5 à 7 jours pour laisser à la patiente le temps de réfléchir à sa mise sous traitement

E

Ne pas proposer de PEP VIH, l'agression sexuelle unique n'exposant pas à un risque suffisant de contamination compte tenu de la probabilité de transmission

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Bonne réponse

B. Débuter la PEP VIH dans les 72 heures avec un starter pack aux urgences (trithérapie CDC 2025), durée totale 28 jours et suivi programmé

Explication pédagogique

La **prophylaxie post-exposition VIH (PEP)** est indiquée après une agression sexuelle **quelle que soit la sérologie connue ou inconnue de l'agresseur** (CDC 2025, MMWR mai 2025). Le rationnel : l'agression sexuelle est classée exposition à **haut risque**, la sérologie de l'agresseur est le plus souvent inconnue et rarement disponible dans le délai utile, et le bénéfice individuel dépasse largement les risques d'effets indésirables. Les éléments clés : (1) **fenêtre thérapeutique : moins de 72 heures** après exposition ; efficacité maximale si débutée dans les 2 premières heures, décroissance progressive jusqu'à 72 heures, aucun bénéfice au-delà ; (2) **régime préféré 2025** : **ténofovir DF/emtricitabine (Truvada®) + dolutégravir** OU **ténofovir DF/emtricitabine + raltégravir** ; (3) **durée : 28 jours** ; (4) **starter pack aux urgences** : première dose administrée sur place, complément pour 3 à 5 jours pour couvrir le délai jusqu'à la consultation de référence ; (5) **suivi programmé** : sérologie VIH à J0, S6, M3 et M6 ; sérologies hépatites B, C et syphilis à J0 et de suivi ; surveillance tolérance et adhésion. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 5

Décision 5

Information clinique

Vous devez compléter la prophylaxie : IST bactériennes, contraception d'urgence, hépatite B, tétanos.

Parmi les propositions suivantes concernant la prophylaxie complémentaire, lesquelles sont correctes ?

A

Prophylaxie IST bactériennes : ceftriaxone IM (gonocoque) + doxycycline 7 jours ou azithromycine (chlamydia) + métronidazole (trichomonas), en dose unique adaptée

B

Prévention de l'hépatite B : vaccination en schéma accéléré (0-1-6 mois) avec 1ère dose aux urgences chez cette patiente incomplètement vaccinée

C

Rappel antitétanique **non indiqué systématiquement** : à évaluer selon le statut vaccinal et l'existence de plaies effractives ; ici, tétanos à jour → pas d'indication

D

Contraception d'urgence indispensable à proposer même sous contraception orale : ulipristal acétate (jusqu'à 120 heures, préféré), lévonorgestrel ou DIU cuivre

E

Ne pas proposer de contraception d'urgence, la patiente étant déjà sous contraception orale œstro-progestative efficace et régulièrement observée

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Bonne réponse

A. Prophylaxie IST bactériennes : ceftriaxone IM (gonocoque) + doxycycline 7 jours ou azithromycine (chlamydia) + métronidazole (trichomonas), en dose unique adaptée B. Prévention de l'hépatite B : vaccination en schéma accéléré (0-1-6 mois) avec 1ère dose aux urgences chez cette patiente incomplètement vaccinée C. Rappel antitétanique **non indiqué systématiquement** : à évaluer selon le statut vaccinal et l'existence de plaies effractives ; ici, tétanos à jour → pas d'indication D. Contraception d'urgence indispensable à proposer même sous contraception orale : ulipristal acétate (jusqu'à 120 heures, préféré), lévonorgestrel ou DIU cuivre

Explication pédagogique

La prophylaxie complémentaire d'une agression sexuelle récente associe (CDC 2021, OMS 2019) : (1) **prophylaxie IST bactériennes** : ceftriaxone 500 mg IM (gonocoque, 1 g si > 150 kg), doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours (chlamydia, préférée à l'azithromycine dans les recommandations CDC 2021) ou azithromycine 1 g PO en alternative, métronidazole 2 g PO en dose unique (trichomonas). **Pas de traitement empirique de la syphilis**, sérologies de suivi programmées ; (2) **contraception d'urgence** systématiquement proposée : **ulipristal acétate 30 mg PO** (préféré, efficacité jusqu'à 120 h), lévonorgestrel 1,5 mg PO en alternative (jusqu'à 72 h), DIU cuivre (le plus efficace, jusqu'à 120 h, plus invasif). L'ulipristal doit être proposé **même sous contraception orale** car l'inobservance possible en contexte de traumatisme, l'interaction connue et l'agression justifient la précaution ; (3) **prévention hépatite B** : vaccination systématique en accéléré si statut vaccinal incomplet ; immunoglobulines HBIG si contact avec sujet HBs positif documenté ; (4) **rappel antitétanique** évalué au cas par cas selon plaies et statut vaccinal. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 6

Décision 6

Information clinique

La patiente commence à se calmer mais reste anxieuse et se pose de nombreuses questions. Vous devez organiser la suite de la prise en charge.

Parmi les propositions suivantes concernant la suite de la prise en charge, lesquelles sont correctes ?

A

Informer la patiente de ses droits (dépôt de plainte, ITT si constatée, aides sociales et associations) sans la contraindre à une démarche particulière

B

Programmer des rendez-vous de suivi : sérologies à J0, S6, M3, M6, test de grossesse à 2-4 semaines, suivi PEP et consultation gynécologique

C

Rédiger un certificat médical initial (CMI) factuel et objectif, décrivant les constatations sans conclusion sur la véracité, remis à la patiente ou sur réquisition

D

Signaler l'agression au procureur ou à la police à l'insu de la patiente adulte majeure, pour ne pas retarder l'enquête judiciaire

E

Proposer un soutien psychologique immédiat et une orientation vers un accompagnement spécialisé (associations, centre médico-psychologique, médecin traitant)

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Bonne réponse

A. Informer la patiente de ses droits (dépôt de plainte, ITT si constatée, aides sociales et associations) sans la contraindre à une démarche particulière B. Programmer des rendez-vous de suivi : sérologies à J0, S6, M3, M6, test de grossesse à 2-4 semaines, suivi PEP et consultation gynécologique C. Rédiger un certificat médical initial (CMI) factuel et objectif, décrivant les constatations sans conclusion sur la véracité, remis à la patiente ou sur réquisition E. Proposer un soutien psychologique immédiat et une orientation vers un accompagnement spécialisé (associations, centre médico-psychologique, médecin traitant)

Explication pédagogique

La suite de la prise en charge associe : (1) **soutien psychologique immédiat** aux urgences (psychologue de garde si disponible, ou entretien empathique par le médecin), et **orientation vers un accompagnement spécialisé** (associations de soutien, centre médico-psychologique, médecin traitant, ligne d'écoute nationale) ; (2) **rédaction d'un certificat médical initial (CMI)** structuré et factuel : identification, date et heure, doléances rapportées (au conditionnel, sans conclusion sur la véracité), constatations d'examen objectives (topographie, taille, aspect des lésions), examens et prélèvements réalisés, prophylaxies administrées ; **remis à la patiente ou transmis sur réquisition judiciaire** ; (3) **information des droits** de la patiente : dépôt de plainte possible à tout moment, incapacité totale de travail (ITT) si constatée, associations de soutien, aides sociales — sans contraindre à une démarche particulière ; (4) **rendez-vous de suivi programmés** : sérologies VIH à J0, S6, M3, M6 ; sérologies hépatite B, C, syphilis à J0 et suivi ; test de grossesse à 2-4 semaines ; suivi de la tolérance et de l'adhésion à la PEP ; consultation gynécologique de contrôle.

Étape 7

Décision 7

Information clinique

La patiente accepte de rentrer chez son amie qui l'a accompagnée. Vous devez transmettre le dossier à la consultation de suivi et rédiger le compte rendu de sortie.

Quelle transmission adressez-vous au médecin traitant ou au centre de référence ?

A

« Une agression sexuelle qui sort, à toi »

B

Envoi direct sans transmission structurée, le compte rendu écrit suit

C

« Femme 22 ans, sans antécédent notable, admise à 8 h 00 aux urgences 12 heures après une agression sexuelle avec suspicion de soumission chimique. Accueil dans un box fermé avec attitude non jugeante, consentement recueilli à chaque étape. Examen général : ecchymoses discrètes avant-bras et cuisses documentées objectivement. Examen gynécologique : lésions vestibulaires minimes sans plaie majeure. Kit médico-légal réalisé à 9 h 30 avec consentement et chaîne de garde documentée : prélèvements toxicologiques prioritaires (fenêtre GHB/benzodiazépines), prélèvements vaginaux, endocervicaux, sous-ongles. Prophylaxie complète administrée : PEP VIH débutée à 10 h 00 (première dose ténofovir/emtricitabine + dolutégravir, starter pack 5 jours, RDV centre de référence dans 3 jours), ceftriaxone 500 mg IM + doxycycline 100 mg × 2/j × 7 j + métronidazole 2 g PO pour prophylaxie IST bactériennes, ulipristal acétate 30 mg PO pour contraception d'urgence, vaccination hépatite B en accéléré débutée (1ère dose), tétanos à jour. Test de grossesse initial négatif. Soutien psychologique proposé aux urgences (psychologue de garde). CMI rédigé et remis à la patiente. Information des droits et associations. Rendez-vous programmés : contrôle médico-social à J3, sérologies VIH/HBV/HCV/syphilis à S6, M3, M6, test de grossesse à S2-4, consultation gynécologique à M1. La patiente n'a pas encore déposé plainte et hésite ; son choix a été respecté. Elle rentre accompagnée par une amie de confiance. »

D

Contact avec la police uniquement, le médecin traitant étant informé par le compte rendu écrit

E

Attendre 24 heures avant tout transfert ou transmission

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Bonne réponse

C. « Femme 22 ans, sans antécédent notable, admise à 8 h 00 aux urgences 12 heures après une agression sexuelle avec suspicion de soumission chimique. Accueil dans un box fermé avec attitude non jugeante, consentement recueilli à chaque étape. Examen général : ecchymoses discrètes avant-bras et cuisses documentées objectivement. Examen gynécologique : lésions vestibulaires minimes sans plaie majeure. Kit médico-légal réalisé à 9 h 30 avec consentement et chaîne de garde documentée : prélèvements toxicologiques prioritaires (fenêtre GHB/benzodiazépines), prélèvements vaginaux, endocervicaux, sous-ongles. Prophylaxie complète administrée : PEP VIH débutée à 10 h 00 (première dose ténofovir/emtricitabine + dolutégravir, starter pack 5 jours, RDV centre de référence dans 3 jours), ceftriaxone 500 mg IM + doxycycline 100 mg × 2/j × 7 j + métronidazole 2 g PO pour prophylaxie IST bactériennes, ulipristal acétate 30 mg PO pour contraception d'urgence, vaccination hépatite B en accéléré débutée (1ère dose), tétanos à jour. Test de grossesse initial négatif. Soutien psychologique proposé aux urgences (psychologue de garde). CMI rédigé et remis à la patiente. Information des droits et associations. Rendez-vous programmés : contrôle médico-social à J3, sérologies VIH/HBV/HCV/syphilis à S6, M3, M6, test de grossesse à S2-4, consultation gynécologique à M1. La patiente n'a pas encore déposé plainte et hésite ; son choix a été respecté. Elle rentre accompagnée par une amie de confiance. »

Explication pédagogique

La transmission structurée d'une prise en charge de victime d'agression sexuelle comprend : le contexte (âge, antécédents, horodatage), l'attitude adoptée à l'accueil (non jugeante, consentement), les constatations d'examen objectives, les prélèvements médico-légaux réalisés avec chaîne de garde, la prophylaxie complète administrée avec horodatage précis, le soutien psychologique proposé, le CMI rédigé, l'information des droits, les rendez-vous de suivi programmés, et le respect explicite du choix de la personne concernant la démarche judiciaire.

Débriefing finalAfficher le débriefing

Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.

Objectifs pédagogiques

  • Accueillir une personne victime d'agression sexuelle avec une **attitude non jugeante, respectueuse et centrée sur la victime**, dans un cadre confidentiel, en obtenant le **consentement à chaque étape**.

  • Distinguer sa mission **médicale et de soin** de la mission **judiciaire** (police, magistrat) : ne pas mener d'interrogatoire policier, ne pas conditionner les soins au dépôt de plainte.

  • Réaliser un **examen médical complet** (général puis génital) avec consentement, en documentant les constatations de manière objective et factuelle.

  • Organiser la **collecte des prélèvements médico-légaux** (kit) dans la fenêtre optimale de 72 heures, avec chaîne de garde et **sur réquisition judiciaire** quand elle est requise localement, en respectant le consentement de la personne.

  • Prescrire une **prophylaxie post-exposition (PEP) VIH** dans la fenêtre de 72 heures (CDC 2025) : trithérapie antirétrovirale pendant 28 jours, à débuter avec la première dose aux urgences.

  • Prescrire une **prophylaxie IST** complète (gonocoque, chlamydia, trichomonas selon CDC 2021), une **contraception d'urgence** adaptée au délai, la **prévention de l'hépatite B** (vaccination en accéléré ± immunoglobulines selon indication), le **rappel antitétanique** si nécessaire.

  • Proposer un **soutien psychologique immédiat** et une **orientation multidisciplinaire** (psychologue, association de soutien, service social, médecin traitant), avec **rendez-vous de suivi programmés** (sérologies, tolérance PEP, état psychologique).

  • Rédiger un **certificat médical initial (CMI)** factuel, objectif, sans conclusion sur la véracité, et structurer une transmission structurée à l'équipe qui prendra le relais.

Points clés à retenirAfficher les points clés
  • L'accueil d'une personne victime d'agression sexuelle repose sur des principes fondamentaux : **cadre confidentiel, attitude non jugeante, consentement à chaque étape, distinction claire entre soin et démarche judiciaire, priorité dans la file d'attente**. Les soins ne peuvent en aucun cas être conditionnés au dépôt de plainte.

  • L'examen médical comprend un **examen général complet** (recherche de blessures documentées objectivement) et un **examen gynécologique doux avec consentement**, en respectant les préférences exprimées (sexe du médecin, présence d'un tiers, interruption possible). Documentation factuelle sans conclusion sur l'agression elle-même.

  • Les **prélèvements médico-légaux (kit)** sont temps-dépendants : fenêtre optimale **72 heures**, prélèvements toxicologiques prioritaires (soumission chimique, fenêtre parfois < 24 h). **Chaîne de garde** documentée. Cadre juridique local (réquisition judiciaire) à respecter, sans jamais imposer les prélèvements sans consentement.

  • La **PEP VIH est indiquée d'emblée** quelle que soit la sérologie de l'agresseur, **dans les 72 heures** (idéalement < 2 h). Régime CDC 2025 : ténofovir/emtricitabine + dolutégravir ou raltégravir, **durée 28 jours**, **starter pack aux urgences**, RDV programmé avec centre de référence.

  • La **prophylaxie IST** associe ceftriaxone 500 mg IM + doxycycline 7 jours (ou azithromycine 1 g) + métronidazole 2 g. La **contraception d'urgence** est systématiquement proposée : ulipristal acétate 30 mg (< 120 h, préféré), lévonorgestrel 1,5 mg (< 72 h), DIU cuivre (< 120 h, le plus efficace). La **vaccination hépatite B** en accéléré est complétée selon le statut vaccinal.

  • Le **soutien psychologique** doit être proposé immédiatement, avec **orientation vers un accompagnement spécialisé**. Un **certificat médical initial (CMI)** factuel et objectif est rédigé et remis à la patiente. Les droits et les associations lui sont présentés sans la contraindre.

  • Les **rendez-vous de suivi** sont programmés : sérologies VIH à J0, S6, M3, M6 ; sérologies hépatites et syphilis ; test de grossesse à 2-4 semaines ; tolérance et adhésion à la PEP ; consultation gynécologique de contrôle. Chez une personne adulte majeure et consciente, la démarche de plainte lui appartient exclusivement (**pas de signalement à l'insu**, sauf situations légales spécifiques).