Cas clinique
Urgences Ophtalmologiques
ORL / Ophtalmo / Allergologie / Dermatologie
Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.
Présentation initiale
Il est 22h15 en garde de nuit au Service des Urgences et Médecine de Catastrophe de l'Hôpital Militaire d'Instruction Mohammed V (HMIMV) à Rabat. Un homme se présente au tri, une main sur l'œil droit, se plaignant de vives douleurs et de vomissements. L'infirmier de tri l'oriente initialement vers le secteur médical pour « migraine avec vomissements ».
**Identité et contexte social.** M. Brahim L., 58 ans, épicier à Rabat (quartier Océan), marié, 3 enfants, résidant à proximité de son commerce. Vient accompagné de son épouse. Il rentrait du cinéma où il avait passé la soirée dans l'obscurité de la salle.
**Antécédents.** - HYPERMÉTROPIE connue depuis longtemps (porte des lunettes pour voir de près et de loin, « petits yeux ») - HTA depuis 6 ans sous amlodipine 5 mg/j (observance correcte) - Pas de diabète connu - Pas d'antécédent ophtalmologique chirurgical, pas de glaucome connu déclaré - Pas de traumatisme oculaire récent, pas de port de lentilles de contact - Aucune allergie médicamenteuse - Pas de traitement mydriatique récent, pas de collyre récent
**Traitement de fond.** Amlodipine 5 mg/j.
**Histoire de la maladie.** - Ce soir vers 19h : entrée au cinéma pour une séance en soirée, salle dans l'obscurité pendant environ 2 heures - Vers 21h (H-1 h 15) : à la sortie du cinéma, apparition BRUTALE d'une douleur intense de l'œil droit et de la région péri-orbitaire droite, irradiant vers l'hémicrâne droit (« comme un clou dans l'œil ») - Rapidement : vision floue de l'œil droit avec perception de HALOS COLORÉS (arcs-en-ciel) autour des lumières (lampadaires, phares de voiture) - Œil droit devenu ROUGE - Nausées puis 2 épisodes de VOMISSEMENTS - Sensation de malaise général, sueurs - 22h00 : décision de consulter aux urgences devant la persistance et l'intensité de la douleur et les vomissements - 22h15 (H0) : arrivée aux urgences HMIMV
**Contexte du tri (élément pédagogique cardinal).** L'infirmier de tri, devant les vomissements et la céphalée, oriente d'abord le patient vers le secteur médical pour suspicion de « migraine avec vomissements » ou de « gastro-entérite ». Vous êtes appelé et remarquez d'emblée l'œil rouge et la main protectrice sur l'œil.
**Examen clinique à l'arrivée (22h20).**
**Vigilance et état général.** GCS 15, patient conscient, orienté, très algique (EVA 8/10), nauséeux, sueurs.
**Constantes.** TA 165/95 mmHg (poussée réactionnelle à la douleur), FC 92/min, SpO2 98 %, FR 18/min, T 36,8 °C, glycémie capillaire 1,1 g/L.
**Examen ophtalmologique orienté (œil droit).** - ROUGEUR oculaire avec CERCLE PÉRIKÉRATIQUE (rougeur prédominant autour de la cornée, en couronne — signe d'atteinte du segment antérieur, à distinguer de la rougeur conjonctivale diffuse de la conjonctivite) - CORNÉE TROUBLE / ŒDÉMATEUSE (aspect dépoli, perte de transparence, reflet cornéen terne) - PUPILLE en SEMI-MYDRIASE ARÉFLEXIQUE (pupille fixe, en position intermédiaire, légèrement ovalisée, ne réagissant pas ou peu à la lumière — signe cardinal) - Chambre antérieure ÉTROITE (à l'examen à la lampe à fente si disponible, ou estimation clinique) - BAISSE D'ACUITÉ VISUELLE importante de l'œil droit (le patient ne perçoit que des halos flous, vision très diminuée) - PALPATION BIDIGITALE DU GLOBE : œil droit DUR « comme une bille » (hypertonie majeure, comparaison avec l'œil gauche souple) - Photophobie, larmoiement - Pas de sécrétion purulente (à distinguer de la conjonctivite bactérienne) - Pas de corps étranger visible, pas de plaie
**Examen ophtalmologique de l'œil gauche (controlatéral).** - Œil blanc, indolore - Acuité visuelle conservée - Pupille normoréactive - Palpation : globe souple, tonus normal - Chambre antérieure ÉTROITE également (facteur prédisposant bilatéral à rechercher — terrain anatomique)
**Mesure du tonus oculaire (tonomètre à air ou aplanation si disponible aux urgences, ou estimation par palpation).** - Œil droit : 52 mmHg (normale 10-21 mmHg) — HYPERTONIE OCULAIRE MAJEURE - Œil gauche : 16 mmHg (normal)
**Examen général.** - Auscultation cardiaque et pulmonaire : normales - Abdomen souple, indolore (les vomissements sont réflexes, d'origine oculaire, pas digestive) - Examen neurologique : GCS 15, pas de déficit focal, pas de syndrome méningé, pupille gauche normale (l'anomalie pupillaire est unilatérale et d'origine oculaire, pas neurologique)
**Diagnostic retenu à l'entrée.** Crise aiguë de fermeture de l'angle (glaucome aigu par fermeture de l'angle, GAFA) de l'œil DROIT, avec hypertonie oculaire majeure (52 mmHg), sur terrain prédisposant (hypermétropie avec chambre antérieure étroite bilatérale, âge), déclenchée par la mydriase en obscurité (séance de cinéma), se manifestant par le tableau typique : œil rouge douloureux + cercle périkératique + cornée œdémateuse + semi-mydriase aréflexique + baisse d'acuité visuelle + halos colorés + signes digestifs réflexes (nausées, vomissements) trompeurs. URGENCE ophtalmologique fonctionnelle absolue (risque de cécité irréversible par souffrance du nerf optique en quelques heures). Œil gauche à chambre antérieure étroite = à risque de crise controlatérale (nécessité d'iridotomie prophylactique bilatérale).
**Objectifs thérapeutiques.** 1. Reconnaître le GAFA et ne PAS méconnaître le diagnostic derrière les signes digestifs trompeurs (nausées, vomissements) ou une fausse « conjonctivite » 2. Mesurer le tonus oculaire (palpation bidigitale + tonomètre) : geste cardinal du diagnostic 3. Appeler l'ophtalmologue en URGENCE (traitement étiologique par iridotomie/iridectomie au laser) 4. Débuter en urgence le traitement HYPOTONISANT pour abaisser rapidement la pression intraoculaire : acétazolamide IV (inhibiteur de l'anhydrase carbonique) + traitement local hypotonisant (bêtabloquant collyre, alpha-2 agoniste) + osmothérapie (mannitol IV) si tonus très élevé 5. Administrer la PILOCARPINE (myotique) une fois le tonus commencé à baisser (lève le blocage pupillaire ; inefficace si tonus très élevé par ischémie du sphincter) 6. NE PAS administrer d'atropine ni de mydriatiques (CONTRE-INDIQUÉS : aggravent la fermeture de l'angle) 7. Traiter la douleur et les vomissements (antalgiques, antiémétiques) 8. Organiser l'IRIDOTOMIE au laser (traitement définitif) de l'œil atteint dès que la cornée est claire, et l'IRIDOTOMIE PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral (terrain prédisposant bilatéral) 9. Reconnaître les autres causes d'œil rouge douloureux avec baisse d'acuité (kératite, uvéite antérieure, sclérite, endophtalmie) et leur prise en charge spécifique 10. Structurer une transmission complète et hiérarchisée à l'ophtalmologue selon le format SBAR
Étape 1
Décision 1
Information clinique
Un homme de 58 ans hypermétrope se présente pour œil droit rouge et douloureux brutal apparu à la sortie du cinéma, avec vision floue, halos colorés, nausées et vomissements. Œil rouge avec cercle périkératique, cornée trouble, semi-mydriase, baisse d'acuité visuelle.
Chef, c'est une conjonctivite, on donne un collyre antibiotique et il rentre ?
Collyre antibiotique + collyre mydriatique pour dilater et soulager + sortie car il s'agit d'une conjonctivite banale de l'adulte
Traitement de la migraine par triptan + antiémétique et sortie car les vomissements et la céphalée orientent vers une crise migraineuse typique
Lavage oculaire abondant au sérum physiologique + patch occlusif et réévaluation dans 24 heures en consultation ophtalmologique programmée
Reconnaissance d'un œil rouge GRAVE (baisse acuité, douleur, halos, semi-mydriase, cornée trouble), mesure du tonus oculaire, appel ophtalmologue en urgence
Scanner cérébral en urgence en 1ère intention pour éliminer un AVC ou une hémorragie méningée responsable des céphalées et vomissements
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Bonne réponse
D. Reconnaissance d'un œil rouge GRAVE (baisse acuité, douleur, halos, semi-mydriase, cornée trouble), mesure du tonus oculaire, appel ophtalmologue en urgence
Explication pédagogique
Devant tout œil rouge, la démarche cardinale aux urgences est de distinguer l'œil rouge GRAVE (urgence) de l'œil rouge BÉNIN, par la recherche des signes de gravité (Wills Eye Manual 2021, NICE red eye 2023, SFO).
**Signes d'alarme d'un œil rouge GRAVE (imposant l'avis ophtalmologique urgent) :** - BAISSE D'ACUITÉ VISUELLE (signe cardinal — jamais dans une conjonctivite simple) - DOULEUR OCULAIRE profonde et intense (vs simple gêne/picotement de la conjonctivite) - PHOTOPHOBIE marquée - CERCLE PÉRIKÉRATIQUE (rougeur péricornéenne en couronne, vs rougeur conjonctivale diffuse de la conjonctivite) - ANOMALIE PUPILLAIRE (semi-mydriase aréflexique dans le GAFA, myosis dans l'uvéite) - TROUBLE CORNÉEN (cornée dépolie, œdémateuse, ulcération) - HYPERTONIE oculaire (œil dur à la palpation) - Hypopion, hyphéma, précipités rétrocornéens
**Chez notre patient**, TOUS les signes de gravité sont présents : baisse d'acuité visuelle, douleur intense, halos colorés (témoins de l'œdème cornéen), semi-mydriase aréflexique, cornée trouble, cercle périkératique. Ce n'est PAS une conjonctivite. Le tableau évoque une crise aiguë de fermeture de l'angle (GAFA).
**Démarche immédiate.** - Mesure du TONUS OCULAIRE (palpation bidigitale comparative + tonomètre) : geste cardinal - Appel de l'OPHTALMOLOGUE en URGENCE - Préparation du traitement hypotonisant
Les signes digestifs (nausées, vomissements) sont des signes RÉFLEXES fréquents dans le GAFA et NE doivent PAS égarer vers une cause digestive ou une migraine.
Étape 2
Décision 2
Information clinique
À H+30 min, crise aiguë de fermeture de l'angle confirmée (œil droit, tonus 52 mmHg, cornée œdémateuse, semi-mydriase). Ophtalmologue appelé, en route. Il faut débuter le traitement hypotonisant en urgence en attendant.
OK, quel traitement hypotonisant tu débutes ?
Simple surveillance du tonus toutes les heures sans traitement en attendant l'arrivée de l'ophtalmologue qui décidera de la conduite à tenir
Antibiothérapie IV à large spectre en urgence car l'hypertonie et la rougeur témoignent d'une endophtalmie infectieuse à traiter sans délai
Corticothérapie IV forte dose en 1ère intention pour réduire l'inflammation oculaire responsable de l'hypertonie et de la douleur
Collyre mydriatique (atropine) pour dilater la pupille et rouvrir l'angle irido-cornéen bloqué, associé à un antalgique simple
Acétazolamide IV + hypotonisants locaux (bêtabloquant, alpha-2 agoniste) + mannitol IV si tonus très élevé, puis pilocarpine après baisse du tonus, antalgie et antiémétique
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E. Acétazolamide IV + hypotonisants locaux (bêtabloquant, alpha-2 agoniste) + mannitol IV si tonus très élevé, puis pilocarpine après baisse du tonus, antalgie et antiémétique
Explication pédagogique
Le traitement de la crise aiguë de fermeture de l'angle est une URGENCE : il vise à abaisser rapidement la pression intraoculaire pour préserver le nerf optique, avant le traitement étiologique définitif (iridotomie au laser). L'approche associe plusieurs mécanismes complémentaires (Wills Eye Manual 2021, AAO 2020, Weizer UpToDate 2024).
**(1) Inhibiteur de l'anhydrase carbonique (diminue la production d'humeur aqueuse).** - Acétazolamide (Diamox) 500 mg IV en bolus (puis relais oral 250 mg × 2-4/j) - Contre-indications : allergie aux sulfamides, insuffisance rénale sévère, hypokaliémie - Surveillance kaliémie (risque d'hypokaliémie)
**(2) Hypotonisants locaux (collyres).** - Bêtabloquant collyre (timolol 0,5 %) : diminue la production d'humeur aqueuse - Alpha-2 agoniste (brimonidine) ou autre hypotonisant local - (Éviter les collyres contre-indiqués selon le terrain : bêtabloquant si asthme/BPCO/bradycardie)
**(3) Osmothérapie si tonus très élevé (> 50 mmHg) ou réponse insuffisante.** - Mannitol 20 % IV 1-2 g/kg en 30-60 min (diminue le volume vitréen par effet osmotique) - Surveillance : fonction rénale, hydratation, insuffisance cardiaque (prudence) - Alternative : glycérol PO (mais vomissements limitant)
**(4) Pilocarpine (myotique) — APRÈS début de baisse du tonus.** - Pilocarpine 1-2 % collyre : myosis qui tend l'iris et lève le blocage pupillaire, rouvrant l'angle - POINT CARDINAL : la pilocarpine est INEFFICACE quand le tonus est très élevé (> 40-50 mmHg) car le sphincter irien est ISCHÉMIQUE et ne répond pas. Elle est donc administrée APRÈS avoir commencé à abaisser le tonus par les autres moyens - Instillation dans l'œil atteint (et souvent pilocarpine préventive dans l'œil controlatéral à chambre étroite)
**(5) Traitement symptomatique.** - Antalgie (paracétamol, voire morphinique si douleur majeure) - Antiémétique (métoclopramide, ondansétron) pour les vomissements réflexes - Position et réassurance
**(6) Traitement étiologique définitif (par l'ophtalmologue).** - IRIDOTOMIE au laser (ou iridectomie chirurgicale) de l'œil atteint dès que la cornée est suffisamment claire - IRIDOTOMIE PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral (terrain prédisposant bilatéral)
**CONTRE-INDICATION FORMELLE : atropine et mydriatiques** (aggravent la fermeture de l'angle).
Étape 3
Décision 3
Information clinique
À H+2 h, tonus oculaire droit abaissé à 28 mmHg sous traitement hypotonisant, cornée s'éclaircissant progressivement, douleur diminuée. Œil gauche à chambre antérieure étroite (tonus normal 16). L'ophtalmologue discute le traitement définitif.
OK on a bien baissé le tonus, quel traitement définitif tu retiens ?
Traitement hypotonisant local à vie sans geste chirurgical ni laser car le traitement médical seul suffit à prévenir toute récidive de la crise
Iridotomie au laser de l'œil droit dès que la cornée est claire + iridotomie prophylactique de l'œil gauche (controlatéral) à chambre étroite
Énucléation de l'œil droit en urgence pour supprimer définitivement la source de douleur et d'hypertonie oculaire majeure
Simple surveillance sans traitement définitif car la crise est résolue et ne récidivera pas une fois le tonus normalisé médicalement
Greffe de cornée en urgence pour traiter l'œdème cornéen responsable de la baisse d'acuité visuelle et des halos colorés
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Bonne réponse
B. Iridotomie au laser de l'œil droit dès que la cornée est claire + iridotomie prophylactique de l'œil gauche (controlatéral) à chambre étroite
Explication pédagogique
Le traitement DÉFINITIF de la crise aiguë de fermeture de l'angle est l'IRIDOTOMIE au laser (ou iridectomie chirurgicale), qui lève le mécanisme du blocage pupillaire et prévient les récidives (AAO 2020, Wills Eye Manual 2021).
**Iridotomie au laser de l'œil atteint.** - Réalisée dès que la cornée est suffisamment claire (l'œdème cornéen initial peut gêner le laser) - Principe : création d'un petit orifice dans l'iris périphérique (au laser YAG) permettant à l'humeur aqueuse de passer directement de la chambre postérieure à la chambre antérieure, court-circuitant le blocage pupillaire et rouvrant l'angle - Traitement de fond définitif qui prévient les récidives de la crise - Le traitement médical hypotonisant est poursuivi jusqu'à l'iridotomie et adapté ensuite
**Iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral (CARDINAL).** - Le terrain anatomique (chambre antérieure étroite, hypermétropie) est BILATÉRAL - L'œil controlatéral (gauche) à chambre étroite est à HAUT RISQUE de faire une crise de GAFA à son tour - Une iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil gauche est donc recommandée pour prévenir une crise controlatérale (qui surviendrait sinon dans une proportion significative des cas)
**Suivi.** - Surveillance du tonus, du champ visuel, du nerf optique (recherche de séquelles glaucomateuses) - Traitement hypotonisant complémentaire si hypertonie résiduelle (angle définitivement altéré par la crise = glaucome chronique secondaire possible)
Étape 4
Décision 4
Information clinique
À H+4 h, patient stabilisé, tonus contrôlé, iridotomie programmée. Vous formez l'interne sur les autres causes d'œil rouge douloureux avec baisse d'acuité visuelle à connaître aux urgences.
Concernant les autres causes d'œil rouge douloureux grave, lesquelles de ces propositions sont exactes ?
L'uvéite antérieure aiguë associe œil rouge douloureux, photophobie, MYOSIS, précipités rétrocornéens et effet Tyndall, à traiter par corticoïdes locaux et mydriatiques (contrairement au GAFA)
La sclérite est une simple rougeur superficielle indolore et bénigne ne nécessitant aucun bilan étiologique ni traitement spécifique
La conjonctivite bactérienne banale entraîne toujours une baisse d'acuité visuelle importante et une hypertonie oculaire majeure justifiant une hospitalisation en urgence
L'endophtalmie (post-chirurgicale, post-traumatique) associe douleur, baisse d'acuité majeure, hypopion, et constitue une urgence infectieuse imposant des prélèvements et une antibiothérapie intravitréenne
La kératite infectieuse (notamment sur port de lentilles) associe douleur, photophobie, baisse d'acuité, avec ulcération cornéenne visible à la fluorescéine, imposant un traitement anti-infectieux urgent
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Bonne réponse
A. L'uvéite antérieure aiguë associe œil rouge douloureux, photophobie, MYOSIS, précipités rétrocornéens et effet Tyndall, à traiter par corticoïdes locaux et mydriatiques (contrairement au GAFA) D. L'endophtalmie (post-chirurgicale, post-traumatique) associe douleur, baisse d'acuité majeure, hypopion, et constitue une urgence infectieuse imposant des prélèvements et une antibiothérapie intravitréenne E. La kératite infectieuse (notamment sur port de lentilles) associe douleur, photophobie, baisse d'acuité, avec ulcération cornéenne visible à la fluorescéine, imposant un traitement anti-infectieux urgent
Explication pédagogique
**A. Kératite infectieuse.** La kératite infectieuse (bactérienne, virale à HSV, amibienne, fongique) est une urgence ophtalmologique : - Douleur oculaire, photophobie intense, larmoiement, sensation de corps étranger, baisse d'acuité visuelle (surtout si atteinte centrale) - ULCÉRATION CORNÉENNE visible à la fluorescéine (prise de colorant sur la zone ulcérée) - Facteur de risque MAJEUR : PORT DE LENTILLES DE CONTACT (hygiène, port prolongé, eau — risque de kératite bactérienne à Pseudomonas ou AMIBIENNE à Acanthamoeba, particulièrement grave) - Herpès cornéen : ulcération DENDRITIQUE caractéristique à la fluorescéine - Traitement anti-infectieux URGENT adapté (collyres antibiotiques renforcés, antiviraux si HSV, prélèvements cornéens) - Ne JAMAIS mettre de corticoïdes seuls sur un œil rouge non diagnostiqué (aggravation d'une kératite herpétique ou infectieuse)
**B. Uvéite antérieure aiguë.** L'uvéite antérieure (iridocyclite) associe : - Œil rouge douloureux, PHOTOPHOBIE marquée, larmoiement, baisse d'acuité modérée - Cercle périkératique - MYOSIS (pupille en myosis, parfois irrégulière par synéchies) — À L'OPPOSÉ de la semi-mydriase du GAFA - Précipités rétrocornéens (dépôts inflammatoires sur la face postérieure de la cornée), effet TYNDALL (cellules et protéines dans l'humeur aqueuse à la lampe à fente), parfois hypopion - Étiologies : idiopathique, spondylarthropathies (HLA-B27), sarcoïdose, infections (herpès, tuberculose, syphilis), maladies inflammatoires - Traitement : CORTICOÏDES LOCAUX (collyres) + MYDRIATIQUES (pour prévenir les synéchies et soulager le spasme ciliaire) — le mydriatique est INDIQUÉ ici, contrairement au GAFA où il est contre-indiqué (distinction cardinale)
**C. Endophtalmie.** L'endophtalmie est une infection intraoculaire grave : - Douleur oculaire, baisse d'acuité visuelle MAJEURE, œil rouge - HYPOPION (niveau de pus dans la chambre antérieure), vitrite (inflammation du vitré) - Contexte : POST-CHIRURGICAL (chirurgie de la cataracte récente ++), post-traumatique (plaie perforante), post-injection intravitréenne, ou endogène (bactériémie, candidémie) - URGENCE INFECTIEUSE absolue : prélèvements (ponction de chambre antérieure et de vitré), ANTIBIOTHÉRAPIE INTRAVITRÉENNE en urgence (vancomycine + ceftazidime intravitréennes), parfois vitrectomie - Pronostic visuel réservé (dépend de la précocité)
Étape 5
Décision 5
Information clinique
À H+6 h, patient stabilisé, tonus contrôlé, iridotomie programmée. Vous formez l'équipe sur les points cardinaux de la prise en charge de l'œil rouge douloureux aux urgences.
Chef, parmi ces propositions sur l'œil rouge et le GAFA, lesquelles sont vraies ?
Un œil rouge avec baisse d'acuité visuelle, douleur intense, anomalie pupillaire ou trouble cornéen est un œil rouge GRAVE imposant un avis ophtalmologique urgent
Les nausées et vomissements dans le GAFA éliminent une cause oculaire et orientent obligatoirement vers une cause digestive ou neurologique à explorer en priorité
Tout œil rouge peut recevoir en 1ère intention un collyre corticoïde sans risque, y compris en cas de kératite herpétique ou infectieuse non diagnostiquée
Le GAFA est une urgence fonctionnelle absolue (cécité en quelques heures) dont le traitement hypotonisant doit être débuté immédiatement avant le geste étiologique
L'atropine et les mydriatiques sont FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉS dans le GAFA (aggravent la fermeture de l'angle), le traitement vise le myosis (pilocarpine)
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Bonne réponse
A. Un œil rouge avec baisse d'acuité visuelle, douleur intense, anomalie pupillaire ou trouble cornéen est un œil rouge GRAVE imposant un avis ophtalmologique urgent D. Le GAFA est une urgence fonctionnelle absolue (cécité en quelques heures) dont le traitement hypotonisant doit être débuté immédiatement avant le geste étiologique E. L'atropine et les mydriatiques sont FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉS dans le GAFA (aggravent la fermeture de l'angle), le traitement vise le myosis (pilocarpine)
Explication pédagogique
**A. Reconnaissance de l'œil rouge grave.** Cardinal. Les signes de gravité d'un œil rouge (baisse d'acuité visuelle, douleur profonde intense, photophobie marquée, cercle périkératique, anomalie pupillaire, trouble cornéen, hypertonie) imposent un AVIS OPHTALMOLOGIQUE URGENT. Ils distinguent l'œil rouge GRAVE (GAFA, kératite, uvéite, sclérite, endophtalmie) de l'œil rouge BÉNIN (conjonctivite, épisclérite, hémorragie sous-conjonctivale). Cette distinction est le fondement de la démarche aux urgences.
**B. GAFA urgence fonctionnelle absolue.** Cardinal. La crise aiguë de fermeture de l'angle est une URGENCE fonctionnelle absolue : l'hypertonie majeure comprime et ischémie le nerf optique, entraînant une cécité IRRÉVERSIBLE en quelques heures si non traitée. Le traitement HYPOTONISANT doit être débuté IMMÉDIATEMENT (acétazolamide IV, hypotonisants locaux, mannitol, pilocarpine après baisse du tonus), AVANT le geste étiologique définitif (iridotomie) réalisé par l'ophtalmologue.
**C. Atropine et mydriatiques contre-indiqués.** Cardinal. Dans le GAFA, l'atropine et les mydriatiques sont FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉS car ils AGGRAVENT le blocage pupillaire et la fermeture de l'angle. Le traitement vise au contraire le MYOSIS (pilocarpine) pour tendre l'iris et rouvrir l'angle. C'est l'inverse de l'uvéite antérieure où les mydriatiques sont indiqués. Cette distinction est cardinale.
Étape 6
Décision 6
Information clinique
À H+8 h, patient stabilisé, iridotomie programmée. Vous formez l'interne sur les facteurs prédisposants du GAFA, la prévention et les médicaments à éviter.
Concernant les facteurs prédisposants et la prévention du GAFA, lesquelles de ces propositions sont exactes ?
L'obscurité, le stress, et certains médicaments (mydriatiques, anticholinergiques, sympathomimétiques) peuvent déclencher une crise de GAFA chez un sujet prédisposé
L'iridotomie prophylactique de l'œil controlatéral est recommandée car le terrain anatomique (chambre étroite) est bilatéral et le risque de crise controlatérale est significatif
Une fois l'iridotomie réalisée, le patient peut reprendre sans aucune précaution tous les médicaments mydriatiques et anticholinergiques sans aucun risque de récidive
Le GAFA ne récidive jamais et ne laisse jamais de séquelle visuelle, même en cas de prise en charge très retardée de plusieurs jours
Les facteurs prédisposants du GAFA incluent l'hypermétropie (chambre antérieure étroite), l'âge, le sexe féminin et certaines origines ethniques (asiatiques)
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Bonne réponse
A. L'obscurité, le stress, et certains médicaments (mydriatiques, anticholinergiques, sympathomimétiques) peuvent déclencher une crise de GAFA chez un sujet prédisposé B. L'iridotomie prophylactique de l'œil controlatéral est recommandée car le terrain anatomique (chambre étroite) est bilatéral et le risque de crise controlatérale est significatif E. Les facteurs prédisposants du GAFA incluent l'hypermétropie (chambre antérieure étroite), l'âge, le sexe féminin et certaines origines ethniques (asiatiques)
Explication pédagogique
**A. Facteurs prédisposants.** Cardinal. Les facteurs prédisposants anatomiques et démographiques du GAFA sont : - HYPERMÉTROPIE (œil court, petit segment antérieur, chambre antérieure ÉTROITE, angle irido-cornéen étroit) — facteur majeur - ÂGE avancé (épaississement du cristallin avec l'âge réduisant la profondeur de la chambre antérieure) - SEXE FÉMININ (chambre antérieure plus étroite en moyenne) - ORIGINE ETHNIQUE : populations asiatiques (est-asiatiques, inuits) plus à risque - Antécédent familial, cataracte évoluée (cristallin épais)
**B. Facteurs déclenchants.** Cardinal. Chez un sujet prédisposé, la crise peut être déclenchée par : - OBSCURITÉ (mydriase physiologique en faible luminosité — d'où le déclenchement fréquent en soirée, au cinéma, comme chez notre patient) — la mydriase épaissit l'iris périphérique et ferme l'angle - STRESS, émotion (décharge sympathique, mydriase) - MÉDICAMENTS : mydriatiques (collyres), ANTICHOLINERGIQUES (atropine, antispasmodiques, certains antidépresseurs tricycliques, antihistaminiques, neuroleptiques), SYMPATHOMIMÉTIQUES (décongestionnants), certains médicaments (topiramate) - Position tête penchée en avant prolongée
**C. Iridotomie prophylactique controlatérale.** Cardinal. Le terrain anatomique (chambre antérieure étroite, angle étroit) est BILATÉRAL. L'œil controlatéral est donc à HAUT RISQUE de faire une crise de GAFA à son tour (risque significatif à moyen terme). L'iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral est recommandée pour prévenir une crise de ce côté.
Étape 7
Décision 7
Information clinique
À H+10 h, patient stabilisé (tonus droit 22 mmHg sous traitement, cornée éclaircie, douleur résolue), iridotomie de l'œil droit et iridotomie prophylactique de l'œil gauche programmées. Vous transmettez à l'ophtalmologue.
Tu prends la transmission à l'ophtalmologue. Quelle formulation retiens-tu ?
« GAFA droit, tonus initial 52 baissé à 22 sous traitement, iridotomie à programmer, à voir. »
Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, je te transmets pour la suite M. Brahim L., 58 ans, admis il y a 10 heures pour crise aiguë de fermeture de l'angle de l'œil droit avec hypertonie majeure initiale à 52 mmHg, actuellement contrôlée à 22 mmHg sous traitement hypotonisant, iridotomie à programmer. B (Background) : Hypermétrope connu (chambre antérieure étroite bilatérale), HTA sous amlodipine, pas de glaucome connu auparavant, pas de chirurgie oculaire, crise déclenchée par la mydriase en obscurité (séance de cinéma). A (Assessment) : Tableau typique de GAFA droit : œil rouge douloureux brutal avec cercle périkératique, cornée œdémateuse, semi-mydriase aréflexique, baisse d'acuité visuelle, halos colorés, et signes digestifs réflexes (nausées, vomissements) initialement trompeurs (orientation initiale à tort vers migraine/gastro). Tonus initial 52 mmHg à droite, 16 à gauche. Œil gauche à chambre antérieure étroite (terrain prédisposant bilatéral). Prise en charge : reconnaissance de l'œil rouge grave, mesure du tonus, traitement hypotonisant débuté immédiatement (acétazolamide 500 mg IV, timolol + brimonidine collyres OD, mannitol 20 % 1 g/kg IV devant tonus très élevé), puis pilocarpine 2 % OD après début de baisse du tonus (+ pilocarpine 1 % préventive OG), antalgie morphinique et antiémétique. PAS d'atropine ni de mydriatique (contre-indiqués). Évolution favorable : tonus abaissé à 22 mmHg, cornée éclaircie, douleur résolue. R (Recommendation) : Iridotomie au laser YAG de l'œil droit dès cornée suffisamment claire (traitement définitif du blocage pupillaire), iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil gauche (terrain à chambre étroite à risque de crise controlatérale). Poursuite du traitement hypotonisant jusqu'à l'iridotomie et adaptation ensuite. Surveillance du tonus, du champ visuel et du nerf optique (recherche de séquelles glaucomateuses, possible glaucome chronique secondaire si angle altéré). Information du patient sur son terrain, les facteurs déclenchants (obscurité, stress) et les médicaments à éviter (mydriatiques, anticholinergiques, sympathomimétiques) avec carte d'information. Suivi ophtalmologique régulier au long cours. »
« J'ai un patient avec un glaucome aigu, on a baissé le tonus, à voir pour le laser. »
« Homme 58 ans avec œil rouge et hypertonie, traité aux urgences, à prendre en ophtalmo. »
« Le patient a eu une crise de glaucome, on l'a traité, il faut faire le laser. »
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Bonne réponse
B. Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, je te transmets pour la suite M. Brahim L., 58 ans, admis il y a 10 heures pour crise aiguë de fermeture de l'angle de l'œil droit avec hypertonie majeure initiale à 52 mmHg, actuellement contrôlée à 22 mmHg sous traitement hypotonisant, iridotomie à programmer. B (Background) : Hypermétrope connu (chambre antérieure étroite bilatérale), HTA sous amlodipine, pas de glaucome connu auparavant, pas de chirurgie oculaire, crise déclenchée par la mydriase en obscurité (séance de cinéma). A (Assessment) : Tableau typique de GAFA droit : œil rouge douloureux brutal avec cercle périkératique, cornée œdémateuse, semi-mydriase aréflexique, baisse d'acuité visuelle, halos colorés, et signes digestifs réflexes (nausées, vomissements) initialement trompeurs (orientation initiale à tort vers migraine/gastro). Tonus initial 52 mmHg à droite, 16 à gauche. Œil gauche à chambre antérieure étroite (terrain prédisposant bilatéral). Prise en charge : reconnaissance de l'œil rouge grave, mesure du tonus, traitement hypotonisant débuté immédiatement (acétazolamide 500 mg IV, timolol + brimonidine collyres OD, mannitol 20 % 1 g/kg IV devant tonus très élevé), puis pilocarpine 2 % OD après début de baisse du tonus (+ pilocarpine 1 % préventive OG), antalgie morphinique et antiémétique. PAS d'atropine ni de mydriatique (contre-indiqués). Évolution favorable : tonus abaissé à 22 mmHg, cornée éclaircie, douleur résolue. R (Recommendation) : Iridotomie au laser YAG de l'œil droit dès cornée suffisamment claire (traitement définitif du blocage pupillaire), iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil gauche (terrain à chambre étroite à risque de crise controlatérale). Poursuite du traitement hypotonisant jusqu'à l'iridotomie et adaptation ensuite. Surveillance du tonus, du champ visuel et du nerf optique (recherche de séquelles glaucomateuses, possible glaucome chronique secondaire si angle altéré). Information du patient sur son terrain, les facteurs déclenchants (obscurité, stress) et les médicaments à éviter (mydriatiques, anticholinergiques, sympathomimétiques) avec carte d'information. Suivi ophtalmologique régulier au long cours. »
Explication pédagogique
Une transmission structurée SBAR (Situation, Background, Assessment, Recommendation) est un standard international de communication médicale, particulièrement pertinent pour la transmission à l'ophtalmologue d'un patient ayant présenté une crise aiguë de fermeture de l'angle, urgence fonctionnelle nécessitant un traitement définitif et un suivi. Elle assure une compréhension immédiate et complète du parcours (reconnaissance du GAFA derrière les signes trompeurs, traitement hypotonisant, absence de mydriatiques), de l'état actuel, et des attendus (iridotomie bilatérale, surveillance des séquelles).
La transmission proposée en B respecte l'ensemble des éléments requis : identification du patient, motif de transfert clair avec le diagnostic et les tonus, antécédents pertinents avec le terrain prédisposant (hypermétropie, chambre étroite bilatérale) et le facteur déclenchant, chronologie détaillée avec la démarche (reconnaissance de l'œil rouge grave, traitement hypotonisant séquentiel, pilocarpine après baisse du tonus, absence de mydriatique), évolution favorable, recommandations opérationnelles (iridotomie de l'œil atteint + iridotomie prophylactique controlatérale, surveillance des séquelles, information du patient sur les facteurs déclenchants et médicaments à éviter, suivi au long cours).
Débriefing finalAfficher le débriefing
Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.
Objectifs pédagogiques
Distinguer un œil rouge GRAVE (baisse d'acuité visuelle, douleur intense, photophobie, cercle périkératique, anomalie pupillaire, trouble cornéen) d'un œil rouge BÉNIN (conjonctivite : pas de baisse d'acuité, pas de douleur profonde, rougeur diffuse, sécrétions, pupille normale)
Reconnaître la crise aiguë de fermeture de l'angle (GAFA) devant œil rouge douloureux + baisse d'acuité + halos colorés + semi-mydriase aréflexique + cornée trouble + hypertonie majeure + signes digestifs trompeurs
Identifier les facteurs prédisposants et déclenchants du GAFA : hypermétropie (chambre antérieure étroite), âge, sexe féminin, obscurité (mydriase), médicaments mydriatiques ou anticholinergiques
Mesurer le tonus oculaire (palpation bidigitale « œil dur comme une bille » + tonomètre) comme geste cardinal du diagnostic
Débuter en urgence le traitement hypotonisant : acétazolamide IV + hypotonisants locaux + osmothérapie (mannitol) si tonus très élevé, puis pilocarpine (myotique) une fois le tonus abaissé
Savoir que l'atropine et les mydriatiques sont FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉS (aggravent la fermeture de l'angle)
Organiser l'iridotomie au laser (traitement définitif de l'œil atteint) et l'iridotomie PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral (terrain bilatéral)
Reconnaître les autres urgences d'œil rouge douloureux : kératite (infectieuse, notamment sur lentilles), uvéite antérieure, sclérite, endophtalmie, chacune avec sa prise en charge spécifique
Reconnaître les signes d'alarme imposant l'avis ophtalmologique urgent : baisse d'acuité, douleur intense, photophobie, anomalie pupillaire, trouble cornéen, hypertonie
Structurer une transmission complète et hiérarchisée à l'ophtalmologue selon le format SBAR
Points clés à retenirAfficher les points clés
Devant tout œil rouge aux urgences, la démarche cardinale est de distinguer l'œil rouge GRAVE de l'œil rouge BÉNIN par la recherche des signes de gravité : baisse d'acuité visuelle, douleur profonde intense, photophobie, cercle périkératique, anomalie pupillaire, trouble cornéen, hypertonie.
La crise aiguë de fermeture de l'angle (GAFA) se manifeste par : œil rouge douloureux brutal + baisse d'acuité visuelle + halos colorés + semi-mydriase aréflexique + cornée trouble + cercle périkératique + hypertonie majeure (œil dur) + signes digestifs réflexes (nausées, vomissements) TROMPEURS.
Les nausées et vomissements du GAFA sont des signes RÉFLEXES fréquents (piège classique orientant à tort vers une cause digestive ou une migraine). Ils n'éliminent PAS une cause oculaire.
Le GAFA est une URGENCE fonctionnelle absolue : cécité irréversible en quelques heures par souffrance du nerf optique. La mesure du tonus oculaire (palpation + tonomètre) est le geste cardinal du diagnostic.
Le traitement hypotonisant doit être débuté IMMÉDIATEMENT : acétazolamide IV + hypotonisants locaux (bêtabloquant, alpha-2 agoniste) + mannitol IV si tonus très élevé, puis PILOCARPINE (myotique) une fois le tonus commencé à baisser (inefficace si tonus très élevé par ischémie du sphincter).
L'ATROPINE et les MYDRIATIQUES sont FORMELLEMENT CONTRE-INDIQUÉS dans le GAFA (aggravent la fermeture de l'angle) — à l'inverse de l'uvéite antérieure où les mydriatiques sont indiqués.
Le traitement DÉFINITIF est l'IRIDOTOMIE au laser de l'œil atteint (lève le blocage pupillaire), avec IRIDOTOMIE PROPHYLACTIQUE de l'œil controlatéral (terrain à chambre étroite bilatéral à risque de crise controlatérale).
Les facteurs prédisposants : hypermétropie (chambre étroite), âge, sexe féminin, origine asiatique. Facteurs déclenchants : obscurité (mydriase), stress, médicaments (mydriatiques, anticholinergiques, sympathomimétiques).
Les autres causes d'œil rouge douloureux grave : kératite infectieuse (lentilles, ulcération à la fluorescéine, traitement anti-infectieux), uvéite antérieure (myosis, Tyndall, précipités, corticoïdes + mydriatiques), sclérite (douleur profonde, maladie systémique), endophtalmie (hypopion, post-chirurgical, urgence infectieuse intravitréenne).
NE JAMAIS prescrire de collyre corticoïde sur un œil rouge non diagnostiqué (aggravation d'une kératite herpétique ou infectieuse). Le diagnostic précis par l'ophtalmologue précède la prescription de corticoïdes locaux.
