Contenu pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior. Lire l’avertissement médical.

Reflexes Urgences

Cas clinique

Syndrome de Guillain-Barré

Neurologie

Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.

Présentation initiale

Il est 15h20 en garde de jour au Service des Urgences et Médecine de Catastrophe de l'Hôpital Militaire d'Instruction Mohammed V (HMIMV) à Rabat. Un patient se présente en fauteuil roulant, amené par son épouse, se plaignant d'incapacité à marcher depuis 24 heures et de fourmillements progressifs des membres évoluant depuis une semaine. Il est orienté en salle de consultation d'urgence.

**Identité et contexte social.** M. Karim B., 32 ans, cadre bancaire dans une agence de Rabat centre, marié, 2 enfants âgés de 3 et 6 ans. Réside à Hay Nahda (Rabat). Vient accompagné de son épouse Amal, également cadre. Bonne assurance médicale (CNOPS).

**Antécédents.** - Aucun antécédent médical ni chirurgical notable, aucun suivi médical régulier - Aucun traitement chronique - Vaccination à jour (dernière dose de rappel tétanos en 2024) - Aucune vaccination récente dans les 6 dernières semaines (pas de vaccination COVID ni grippale récente) - Non fumeur, consommation d'alcool très occasionnelle (mariages), aucune consommation de toxiques - Aucune allergie médicamenteuse connue - Pas de voyage récent hors du Maroc, pas de contact avec animaux inhabituels - Pas d'ATCD familial de maladie neurologique

**Traitement de fond.** Aucun.

**Histoire de la maladie.**

_Épisode déclenchant probable (J-15)._ Il y a 15 jours, à l'occasion d'un déjeuner de travail dans une gargotte du centre-ville de Rabat, consommation de poulet grillé accompagné de crudités. Le lendemain matin (J-14) : apparition brutale d'une diarrhée aqueuse profuse (8-10 selles/jour), fièvre à 38,5 °C, douleurs abdominales diffuses. Auto-médication par diosmectite et paracétamol. Évolution favorable spontanée en 4 jours avec normalisation du transit et disparition de la fièvre. Aucune consultation médicale ni examen complémentaire réalisé à l'époque. L'épouse et les enfants n'ont pas été malades.

_Phase de latence puis apparition des symptômes neurologiques._ - J-4 (il y a 4 jours) : apparition de picotements et fourmillements dans les deux pieds au niveau des orteils, ressentis comme des « aiguilles », symétriques et discrets, attribués à un « coup de fatigue » ou à une position assise prolongée au travail - J-3 : extension des paresthésies aux pieds entiers et apparition dans les doigts des deux mains, gêne à saisir les objets fins (bouton de chemise le matin) - J-2 : sensation de « jambes lourdes » en montant les escaliers du travail, difficulté progressive à monter à l'étage - Hier (J-1) : chute au domicile en descendant les escaliers, incapacité à se relever seul, sensation de faiblesse importante des cuisses, sonnette d'alarme pour l'épouse - Aujourd'hui matin : incapacité à se tenir debout sans aide, transfert au fauteuil roulant improvisé (chaise avec roulettes), apparition en fin de matinée d'une gêne à mastiquer et d'une difficulté à fermer complètement les paupières, sensation d'essoufflement à l'effort minime (parler longtemps, se rehausser dans le fauteuil) - 14h30 : consultation aux urgences HMIMV, arrivée à 15h20 après transport en voiture par l'épouse

**Symptômes actuels détaillés à l'admission.** - Paresthésies symétriques et distales des 4 membres, en gants et chaussettes, prédominantes aux extrémités mais remontant progressivement - Faiblesse musculaire des 4 membres à prédominance proximale des membres inférieurs - Douleurs lombaires basses en barre, discrètes, augmentées à la palpation vertébrale (douleurs radiculaires classiques du SGB) - Ébauche de paralysie faciale bilatérale (difficulté à fermer les yeux, à sourire, à gonfler les joues) - Sensation subjective d'essoufflement à l'effort minime - Pas de troubles sphinctériens - Pas de troubles sensitifs objectifs marqués - Pas de trouble de la déglutition franc mais sensation d'avaler « moins bien » - Pas de fièvre actuelle - Pas de céphalée - Pas de troubles de la vision (pas de diplopie, pas d'ophtalmoplégie)

**Examen clinique à l'arrivée (15h30).**

**Vigilance et état général.** GCS 15, patient conscient, orienté, anxieux mais coopérant, coloration normale.

**Constantes.** TA 145/85 mmHg, FC 105/min régulier, SpO2 96 % en air ambiant, FR 22/min, T 37,1 °C, glycémie capillaire 1,15 g/L.

**Examen neurologique complet.**

_Motricité._ Tétraparésie flasque ascendante symétrique : - Membres inférieurs : force à 2/5 aux quadriceps bilatéralement, 2/5 aux jambiers antérieurs, 3/5 aux triceps sural, incapacité à décoller les talons du plan du lit contre pesanteur, marche impossible - Membres supérieurs : force à 3/5 aux deltoïdes bilatéralement, 4/5 aux biceps, 4/5 aux triceps, 4/5 aux muscles de la main, préhension légèrement affaiblie - Muscles axiaux : difficulté à se redresser en position assise depuis la position couchée - Test de Barré des membres supérieurs positif à droite (chute lente en 20 secondes), négatif à gauche - Test de Mingazzini positif bilatéralement (chute rapide en 5-10 secondes)

_Paires crâniennes._ - Paralysie faciale périphérique bilatérale (House-Brackmann III/VI bilatéral) : effacement modéré du pli naso-génien bilatéral, incapacité à fermer complètement les paupières bilatéralement (signe de Charles-Bell positif bilatéral discret), difficulté à sourire - Motricité oculaire normale, pas de diplopie, pas d'ophtalmoplégie, pas de ptosis - Pupilles isocorques 3 mm réactives à la lumière et à l'accommodation - Champ visuel par confrontation normal - Sensibilité faciale normale (V normal) - Audition normale bilatéralement (VIII normal) - Voile du palais soulevé symétriquement, réflexe nauséeux présent bilatéralement - Motricité linguale normale, pas de fasciculations - Voix conservée mais discrètement dysphonique en fin de phrase

_Sensibilité._ Paresthésies subjectives distales des 4 membres en gants et chaussettes. Sensibilité tactile et thermique OBJECTIVEMENT peu altérée (discrète hypoesthésie distale symétrique). Sensibilité profonde (pallesthésie, kinesthésie) conservée. Pas de niveau sensitif.

_Réflexes ostéotendineux._ **ARÉFLEXIE GÉNÉRALISÉE DIFFUSE** (élément cardinal) : - Rotuliens : abolis bilatéralement - Achilléens : abolis bilatéralement - Bicipitaux : abolis bilatéralement - Tricipitaux : abolis bilatéralement - Styloradiaux : abolis bilatéralement - Cutané plantaire : en flexion bilatéral (pas de Babinski) - Réflexes cutanés abdominaux présents

_Coordination._ Épreuve doigt-nez impossible à évaluer correctement en raison de la faiblesse, mais pas d'ataxie franche. Épreuve talon-genou impossible en raison de la faiblesse. Pas de nystagmus.

_Marche et équilibre._ Marche impossible (le patient est en fauteuil), station debout impossible sans aide bilatérale, Romberg non évaluable.

**Évaluation respiratoire (élément CARDINAL).** - Fréquence respiratoire 22/min (légèrement augmentée) - Ampliation thoracique symétrique mais discrètement diminuée - Auscultation pulmonaire : murmure vésiculaire présent bilatéral, pas de râle, pas d'encombrement - **Test de capacité vitale au lit** (spiromètre de poche portable Wright) : 1650 mL soit 22 mL/kg pour un poids de 75 kg (normale > 60 mL/kg, seuil d'alerte < 20 mL/kg, seuil critique < 15 mL/kg imposant intubation préemptive) - **Test de comptage à voix haute en une seule respiration** : 15 (normal > 25, alerte < 20, critique < 12) - Pas de tirage sus-claviculaire ni intercostal, pas de balancement thoraco-abdominal, pas de mise en jeu des muscles respiratoires accessoires visible - Toux préservée mais discrètement affaiblie

**Évaluation hémodynamique et dysautonomique.** - Rythme sinusal régulier 105/min (tachycardie modérée) - Tension artérielle 145/85 mmHg (discrètement élevée) - Extrémités chaudes et bien perfusées - Pas d'hypotension orthostatique testable (patient incapable de se tenir debout) - Pupilles isocorques réactives - Sudation normale - Transit normal, pas de rétention urinaire - Réflexes cardiovasculaires (Valsalva, deep breathing) non testés à ce stade

**Examen général.** - Peau : pas d'éruption cutanée, pas de purpura, pas de tache érythémateuse migratrice - Auscultation cardiaque : bruits réguliers, pas de souffle - Auscultation pulmonaire : normale bilatéralement - Abdomen souple indolore, bruits hydro-aériques présents, pas de rétention vésicale palpable - Palpation des masses musculaires : pas d'amyotrophie visible (installation trop récente), tonus flasque diminué symétriquement

**Bilan biologique minimal réalisé aux urgences.** - NFS-plaquettes : leucocytes 8 400, plaquettes 220 000, Hb 14,2 g/dL (normale) - Ionogramme sanguin : Na 138, K 4,2, Cl 102, HCO3 24, urée 4,8 mmol/L, créatinine 82 µmol/L (normal) - CRP : 12 mg/L (discrètement élevée) - Glycémie 1,12 g/L - Bilan hépatique complet normal - Bilan de coagulation normal (TP 100 %, TCA normal, fibrinogène 3,2) - CPK : 145 UI/L (normale) - Gaz du sang artériel en air ambiant : pH 7,42, PaO2 88 mmHg, PaCO2 40 mmHg, HCO3 25, lactate 1,2, SaO2 96 % (pas d'hypoventilation actuelle mais surveillance rapprochée nécessaire) - ECG 12 dérivations : rythme sinusal 105/min, pas de trouble du rythme ni de la conduction, pas de trouble de la repolarisation, QTc 405 ms

**Scoring pronostique et de gravité.** - **Critères de Brighton** pour le diagnostic de SGB (Fokke Brain 2014) : niveau 1 de certitude diagnostique (faiblesse bilatérale flasque symétrique + aréflexie ou hyporéflexie généralisée + évolution monophasique < 4 semaines + dissociation albumino-cytologique dans le LCR à confirmer + EMG démyélinisation à confirmer + absence de diagnostic alternatif) - **Score EGRIS** (Erasmus GBS Respiratory Insufficiency Score, Walgaard Ann Neurol 2010) : 5/7 = risque intermédiaire à élevé d'insuffisance respiratoire nécessitant ventilation mécanique dans la 1ère semaine - Nombre de jours entre le début de la faiblesse et l'admission = 4 (≤ 7 jours = 1 point) - Faiblesse faciale et/ou bulbaire présente à l'admission = présente (1 point) - MRC sum score à l'admission : estimé à 42/60 (score MRC 31-50 = 2 points) - Total : 4 points → risque de ventilation dans la semaine 24 % - **Score mEGOS** (modified Erasmus GBS Outcome Score, Walgaard Neurology 2011) : à recalculer à J+7 pour pronostic à 6 mois

**Diagnostic retenu à l'entrée.** Syndrome de Guillain-Barré forme classique AIDP (Acute Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy) niveau 1 de Brighton, avec tétraparésie flasque ascendante symétrique aréflexique, atteinte faciale bilatérale débutante (House-Brackmann III/VI), insuffisance respiratoire imminente (capacité vitale 22 mL/kg, comptage 15), dysautonomie modérée (tachycardie sinusale + HTA discrète), dans les suites d'une gastro-entérite fébrile diarrhéique 15 jours avant le début (probable *Campylobacter jejuni* déclenchant), chez un homme de 32 ans sans ATCD. Score EGRIS 4/7 avec risque intermédiaire d'insuffisance respiratoire imposant une surveillance en réanimation neurologique.

**Objectifs thérapeutiques.** 1. Confirmer le diagnostic par ponction lombaire (dissociation albumino-cytologique typique) et EMG (démyélinisation, ondes F allongées, blocs de conduction) 2. Débuter sans délai l'immunothérapie de 1ère ligne : IgIV 0,4 g/kg/j × 5 jours (dose totale 2 g/kg) OU plasmaphérèses 5 séances sur 10-14 jours (équivalence Cochrane Hughes 2014, Chevret 2017) 3. NE PAS prescrire de corticoïdes (INEFFICACES et potentiellement délétères — Cochrane Hughes 2016) 4. Transférer en réanimation neurologique pour surveillance respiratoire rapprochée (test capacité vitale toutes 4 heures dans les 48 premières heures, surveillance clinique du travail respiratoire) 5. Anticiper l'intubation préemptive si capacité vitale < 15 mL/kg ou trouble bulbaire majeur ou dysautonomie sévère 6. Surveillance hémodynamique continue (monitoring ECG + TA) pour détecter la dysautonomie potentiellement fatale (arythmie, hypertension paroxystique, hypotension) 7. Rechercher la cause déclenchante (sérologies Campylobacter, CMV, EBV, HIV, VHB, VHC, Mycoplasma pneumoniae, Zika si voyage récent) et documenter le variant (AIDP vs AMAN vs AMSAN vs Miller-Fisher par anticorps anti-gangliosides) 8. Prévenir les complications d'immobilisation (thromboprophylaxie HBPM, prévention escarres, kinésithérapie respiratoire précoce, alimentation adaptée, antalgie multimodale sans opiacés forts si possible) 9. Prendre en charge la douleur radiculaire (paracétamol + gabapentine 300 mg × 3/j en titration progressive, éviter les opiacés forts favorisant l'iléus) 10. Informer le patient et la famille (pronostic globalement favorable mais évolution imprévisible, séquelles possibles chez 20 % des patients, mortalité 3-5 %)

Étape 1

Décision 1

Information clinique

Un homme de 32 ans, sans ATCD, se présente aux urgences pour tétraparésie flasque ascendante évoluant depuis 4 jours, précédée d'une gastro-entérite fébrile il y a 15 jours. À l'arrivée : GCS 15, TA 145/85, FC 105, SpO2 96 %, tétraparésie flasque symétrique aréflexique, paralysie faciale bilatérale débutante, dyspnée modérée.

Chef, ça ressemble à un Guillain-Barré, non ? Qu'est-ce que je fais en premier ?

A

Débuter empiriquement IgIV 0,4 g/kg/j × 5 jours sans examens complémentaires car le diagnostic clinique de SGB est déjà évident

B

Réaliser une PL en urgence sans imagerie préalable pour confirmer immédiatement le diagnostic par mise en évidence de la dissociation albumino-cytologique

C

Examen neurologique complet + test de capacité vitale + éliminer les diagnostics différentiels dangereux (myasthénie, botulisme, hypokaliémie, myélite) + PL + EMG

D

Prescrire un scanner cérébral en urgence pour éliminer un AVC ischémique du tronc cérébral pouvant expliquer la tétraparésie et la paralysie faciale bilatérale

E

Débuter d'emblée corticothérapie IV forte dose méthylprednisolone 1 g/j × 3 jours car le SGB est une maladie auto-immune nécessitant une immunosuppression rapide

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

C. Examen neurologique complet + test de capacité vitale + éliminer les diagnostics différentiels dangereux (myasthénie, botulisme, hypokaliémie, myélite) + PL + EMG

Explication pédagogique

Devant tout tableau de tétraparésie flasque aiguë, la démarche cardinale aux urgences repose sur trois axes indissociables : (1) examen neurologique complet et systématique pour caractériser le tableau, (2) évaluation de la gravité respiratoire (test de capacité vitale au lit, test de comptage à voix haute), (3) élimination active des diagnostics différentiels dangereux avant de conclure au SGB.

**Examen neurologique complet.** Confirmation de la tétraparésie flasque, caractère ascendant, symétrique, aréflexie généralisée (élément cardinal du SGB), paresthésies distales subjectives, absence de trouble sensitif objectif marqué (les paresthésies subjectives sont classiques du SGB, mais les troubles sensitifs objectifs marqués évoquent plutôt une myélite ou une atteinte médullaire compressive), atteinte des paires crâniennes (facial dans 50 % des cas, bulbaire dans 20 %), pas de trouble sphinctérien (les troubles sphinctériens sont rares dans le SGB, leur présence oriente vers une atteinte médullaire).

**Évaluation respiratoire cardinale.** Le test de capacité vitale au lit (spiromètre portable Wright) est CARDINAL et doit être réalisé DÈS L'ADMISSION puis répété toutes les 4 heures dans les 48 premières heures. Seuils : normale > 60 mL/kg, alerte < 20 mL/kg, critique < 15 mL/kg imposant intubation préemptive. Le test de comptage à voix haute en une seule respiration est un test alternatif simple (normal > 25, alerte < 20, critique < 12). La FR, la SpO2 et les gaz du sang sont insuffisants pour dépister l'insuffisance respiratoire IMMINENTE (les patients se dégradent brutalement quand la capacité vitale s'effondre, alors que la SpO2 reste normale jusqu'à la décompensation).

**Élimination des diagnostics différentiels dangereux.** - Myasthénie grave sévère : atteinte oculo-bulbaire prédominante, fluctuation dans la journée avec fatigabilité, test à la glace positif, ROT conservés (piège cardinal), test au tensilon / néostigmine positif - Botulisme : ophtalmoplégie + mydriase + trouble déglutition + descendant symétrique, contexte alimentaire (conserves artisanales), ROT conservés initialement - Hypokaliémie profonde (< 2,0 mmol/L) : ionogramme sanguin cardinal, ECG (onde U, allongement QT, arythmie) - Poliomyélite : asymétrique, séquestration du LCR (dans zones à risque, très rare au Maroc du fait de la vaccination) - Porphyrie aiguë intermittente : douleurs abdominales + confusion + tachycardie + hyponatrémie, dosage porphyrines urinaires - Myélite transverse aiguë : atteinte sensitive OBJECTIVE avec niveau sensitif net, atteinte sphinctérienne précoce, IRM médullaire cardinale (hypersignal T2, rehaussement) - Encéphalomyélite aiguë disséminée (ADEM) : troubles de conscience + atteinte cérébrale, IRM cérébrale et médullaire - Atteinte médullaire compressive haute (cervicale) : niveau sensitif, atteinte sphinctérienne, IRM médullaire

**PL et EMG en 2ème temps.** Après élimination des diagnostics différentiels et évaluation de la gravité, la PL est prescrite (dissociation albumino-cytologique typique après J+7-10) et l'EMG (démyélinisation, ondes F allongées, blocs de conduction). Le traitement est débuté sur des arguments cliniques forts sans attendre la confirmation biologique.

Étape 2

Décision 2

Information clinique

À H+45 min, diagnostic clinique de SGB niveau 1 de Brighton (Fokke Brain 2014) confirmé, capacité vitale 22 mL/kg en alerte, diagnostics différentiels dangereux éliminés cliniquement. Vous prescrivez maintenant le bilan complémentaire de confirmation et de recherche étiologique.

Chef, quel bilan tu prescris pour confirmer et rechercher la cause ?

A

Biopsie de nerf périphérique (nerf sural) en urgence pour caractériser le processus démyélinisant ou axonal avant introduction du traitement immunomodulateur

B

Dosage des anticorps anti-gangliosides (GM1, GD1a, GQ1b) en urgence avant tout autre examen car ils permettent le diagnostic étiologique définitif immédiat

C

IRM cérébrale et médullaire en urgence avec injection de gadolinium pour éliminer une compression médullaire haute ou une lésion inflammatoire démyélinisante centrale

D

PL avec analyse LCR (protéinorachie, cytologie, culture) + EMG-VCN + sérologies (Campylobacter, CMV, EBV, HIV, Mycoplasma) + IRM médullaire si doute

E

TDM thoraco-abdomino-pelvienne systématique en urgence pour rechercher une néoplasie sous-jacente responsable d'un syndrome paranéoplasique neurologique

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

D. PL avec analyse LCR (protéinorachie, cytologie, culture) + EMG-VCN + sérologies (Campylobacter, CMV, EBV, HIV, Mycoplasma) + IRM médullaire si doute

Explication pédagogique

Le bilan diagnostique de confirmation du SGB comporte quatre volets complémentaires (EAN/PNS 2023, Leonhard Nat Rev Neurol 2019, Willison Lancet 2016) :

**(1) Ponction lombaire.** La PL est cardinale pour montrer la DISSOCIATION ALBUMINO-CYTOLOGIQUE : protéinorachie augmentée > 0,55 g/L avec cellularité normale < 10 éléments/mm³ (majoritairement lymphocytaires). Elle apparaît typiquement après J+7-10 (sensibilité 50 % à J+3, 80 % à J+7, 90 % à J+14). Analyse standard : protéinorachie, cytologie, glycorachie, chlorurorachie, culture bactérienne, PCR virales selon contexte. Une pléiocytose LCR > 50 éléments/mm³ doit faire évoquer un diagnostic différentiel (méningite, HIV, Lyme). Le résultat normal de la PL dans les 5 premiers jours ne récuse PAS le diagnostic clinique et ne doit pas retarder le traitement.

**(2) EMG-VCN (électromyographie avec vitesses de conduction nerveuse).** Examen cardinal pour caractériser le variant (AIDP démyélinisante 80 % en Europe/N-Amérique, AMAN axonale motrice pure, AMSAN axonale sensitivo-motrice, Miller-Fisher). Signes de démyélinisation dans l'AIDP : allongement des latences distales (> 150 % de la normale), diminution des vitesses de conduction (< 70 % de la normale), blocs de conduction proximaux, ondes F allongées ou absentes (indicateur précoce le plus sensible). Les anomalies EMG peuvent être minimes ou absentes dans les 3-5 premiers jours. L'EMG doit être répété à 2-3 semaines si le premier est normal ou peu contributif.

**(3) Sérologies étiologiques.** Recherche du facteur déclenchant infectieux dans les 4 semaines précédentes : Campylobacter jejuni (sérologie IgM/IgG + coproculture, association la plus fréquente avec formes AMAN et Miller-Fisher, PARTICULIÈREMENT PERTINENT AU MAROC via aliments contaminés), Cytomégalovirus (CMV, deuxième cause fréquente, associé à formes sévères avec atteinte sensitive marquée), Epstein-Barr virus (EBV), HIV (test cardinal pour éliminer une neuropathie liée au VIH), Mycoplasma pneumoniae,

Étape 3

Décision 3

Information clinique

À H+1 h 15, diagnostic clinique de SGB confirmé (niveau 1 Brighton), bilan de confirmation prescrit. Capacité vitale 22 mL/kg, test de comptage 15, tachycardie 105/min, HTA 145/85. Vous devez évaluer précisément la gravité et anticiper l'évolution.

Comment tu évalues précisément la gravité et anticipes le risque d'insuffisance respiratoire dans les prochaines heures ?

A

Test de capacité vitale au lit + test de comptage toutes 4h, score EGRIS calculé, monitoring ECG et TA continu pour dysautonomie, transfert réanimation neurologique

B

Attendre la dégradation clinique évidente (cyanose, encombrement bronchique, épuisement respiratoire) avant intubation, hospitalisation en unité de neurologie standard avec surveillance minime

C

Gaz du sang artériel toutes 4 heures pour dépister l'hypoventilation par élévation de la PaCO2 avant tout autre indicateur clinique de dégradation respiratoire

D

Radio de thorax quotidienne systématique dès admission pour dépister atélectasies débutantes et guider kinésithérapie respiratoire préventive préemptive avant décompensation clinique importante

E

Surveillance clinique simple avec FR + SpO2 toutes 4 heures, hospitalisation en médecine polyvalente en attendant l'évolution spontanée sans autre évaluation

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

A. Test de capacité vitale au lit + test de comptage toutes 4h, score EGRIS calculé, monitoring ECG et TA continu pour dysautonomie, transfert réanimation neurologique

Explication pédagogique

L'évaluation de la gravité du SGB aux urgences repose sur trois axes indissociables : (1) évaluation respiratoire par méthodes cliniques simples et scores prédictifs, (2) évaluation hémodynamique et dysautonomique, (3) décision précoce du lieu de surveillance adapté.

**Évaluation respiratoire au lit (CARDINAL).** Les indicateurs classiques (FR, SpO2, PaCO2) sont TARDIFS et TROMPEURS dans le SGB : la SpO2 reste souvent normale jusqu'à la décompensation brutale, la PaCO2 s'élève tardivement (compensation par polypnée jusqu'à épuisement). Les indicateurs SENSIBLES et PRÉCOCES sont : - **Test de capacité vitale au lit** (spiromètre portable Wright, dispositif simple, rapide) : normale > 60 mL/kg, alerte < 20 mL/kg, critique < 15 mL/kg imposant intubation préemptive. À réaliser TOUTES LES 4 HEURES dans les 48 premières heures puis toutes les 6-8 heures selon l'évolution - **Test de comptage à voix haute en une seule respiration** : normal > 25, alerte < 20, critique < 12 - **Force inspiratoire maximale (PImax) et force expiratoire maximale (PEmax)** : intéressants si disponibles, seuils critiques PImax < 30 cmH2O, PEmax < 40 cmH2O - Recherche clinique du travail respiratoire : mise en jeu des muscles accessoires, tirage, balancement thoraco-abdominal, difficulté à parler en phrases complètes, sudation, tachycardie

**Score prédictif EGRIS** (Erasmus GBS Respiratory Insufficiency Score, Walgaard Ann Neurol 2010) : 3 items (délai entre début et admission, présence de faiblesse faciale/bulbaire, score MRC sum). Score total 0-7. Interprétation : 0-2 = risque faible < 5 %, 3-4 = risque intermédiaire 25-35 %, 5-7 = risque élevé > 65 %. Notre patient à 4/7 (risque intermédiaire 24 %).

**Évaluation hémodynamique et dysautonomique.** La dysautonomie survient chez 70 % des patients avec SGB et est potentiellement fatale : arythmie ventriculaire, bradycardie sinusale, asystolie (sensibilité extrême aux stimulations vagales lors des aspirations trachéales), hypertension paroxystique, hypotension orthostatique, iléus paralytique, rétention urinaire, sudation profuse, mydriase ou myosis. La surveillance continue par monitoring ECG et TA en réanimation est cardinale.

**Transfert en réanimation neurologique.** Indications de transfert en réanimation ou USC (unité de surveillance continue) selon EAN/PNS 2023 : - Capacité vitale < 20 mL/kg ou en baisse rapide - Troubles bulbaires (dysphagie, dysarthrie, aspiration) - Dysautonomie significative - Score EGRIS ≥ 3 - Progression rapide de la faiblesse (< 24-48 h pour l'installation) Notre patient présente 3 critères : CV 22 mL/kg (alerte), atteinte faciale bilatérale débutante, EGRIS 4/7. Transfert en réanimation neurologique justifié.

Étape 4

Décision 4

Information clinique

À H+3 h, patient transféré en réanimation neurologique, monitoring en place, PL avec dissociation albumino-cytologique confirmée (protéinorachie 0,88 g/L, cellularité 3), tests capacité vitale et comptage en dégression modérée (CV 20 mL/kg, comptage 13). Bilan pré-thérapeutique : IgA sériques normales (pas de déficit), fonction rénale normale, hépatites B/C négatives.

OK, on démarre quel traitement immunomodulateur et pourquoi ?

A

Rituximab 1 g IV avec relais à 15 jours en 1ère intention car ce traitement anti-CD20 cible directement les lymphocytes B producteurs d'auto-anticorps anti-gangliosides

B

Méthylprednisolone 1 g IV × 3 jours puis relais oral en dégression sur 6 semaines car corticoïdes forte dose sont le traitement de référence

C

Traitement symptomatique seul avec kinésithérapie respiratoire et attentisme thérapeutique car le SGB évolue favorablement de manière spontanée dans 80 % des cas sans traitement spécifique

D

IgIV 0,4 g/kg/j IV × 5 jours (dose totale 2 g/kg) OU plasmaphérèses 5 séances sur 10-14 jours, choix selon terrain et disponibilité (équivalence Cochrane)

E

Combinaison IgIV 0,4 g/kg/j × 5 jours + plasmaphérèses 5 séances pour un effet synergique maximal sur le processus auto-immun démyélinisant

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

D. IgIV 0,4 g/kg/j IV × 5 jours (dose totale 2 g/kg) OU plasmaphérèses 5 séances sur 10-14 jours, choix selon terrain et disponibilité (équivalence Cochrane)

Explication pédagogique

Le traitement de 1ère ligne du SGB dans les formes significatives (incapacité à marcher 10 mètres sans aide) repose sur l'IMMUNOTHÉRAPIE PRÉCOCE par IgIV OU plasmaphérèses, dont l'équivalence a été démontrée par les essais randomisés et méta-analyses (Cochrane Hughes 2014 IVIG, Chevret 2017 PE, EAN/PNS 2023).

**Immunoglobulines intraveineuses (IgIV).** - Posologie : 0,4 g/kg/j IV pendant 5 jours consécutifs (dose totale 2 g/kg) - Alternative acceptée : 1 g/kg/j × 2 jours (dose totale 2 g/kg) pour compléter plus rapidement - Bénéfice : réduction de la durée de récupération motrice, amélioration du pronostic à 1 an (nombre de patients marchant à J+28) - Effets indésirables : réactions anaphylactiques (déficit en IgA sélectif = CI absolue, dosage préalable), thromboembolie (surveillance clinique), insuffisance rénale aiguë (adaptation débit et hydratation), méningite aseptique, céphalées, éruption cutanée - Précautions : hydratation abondante avant et pendant, débit progressif, surveillance TA/FC - Avantages : disponibilité (Maroc), simplicité d'administration (voie veineuse périphérique suffit dans les formes non graves), moins de contraintes techniques que PE - Coût : élevé (mais souvent remboursé)

**Plasmaphérèses (échanges plasmatiques, PE).** - Posologie : 5 séances sur 10-14 jours, volume échangé 40-50 mL/kg par séance (soit 1 masse plasmatique complète, environ 3 L pour un adulte de 75 kg), remplacement par albumine 5 % + colloïdes ou plasma frais congelé - Bénéfice : équivalent aux IgIV en efficacité (Cochrane Chevret 2017) - Effets indésirables : complications de la voie centrale (indispensable, VVC en jugulaire ou fémorale), hypocalcémie citratée (supplémentation IV), hypotension, réactions transfusionnelles, saignement, thrombose - Précautions : bilan pré-transfusionnel, plaquettes > 50 000, TP > 50 %, absence d'infection active en cours - Avantages : action rapide, économique dans les pays où la technique est disponible - Inconvénients : voie centrale obligatoire, contraintes techniques (équipe formée, machine dédiée), moins accessibles dans certains centres

**Le choix entre IgIV et PE dépend :** - De la disponibilité locale (au Maroc, IgIV plus largement disponibles ; PE dans centres spécialisés) - Du terrain (grossesse : IgIV préférées ; insuffisance cardiaque : IgIV préférées à PE ; déficit en IgA : PE préférée à IgIV ; instabilité hémodynamique : IgIV préférées) - De l'âge (enfant : IgIV préférées pour éviter voie centrale) - Des habitudes et de l'expertise du centre

**Points cardinaux à ne PAS oublier :** - Débuter précocement : idéalement < 2 semaines depuis le début des symptômes, jusqu'à 4 semaines maximum (bénéfice décroissant au-delà) - NE PAS combiner IgIV + PE (aucun bénéfice supplémentaire, augmentation des effets indésirables, EAN/PNS 2023, Cochrane Hughes 2014, Lucchese Front Neurol 2026) - NE PAS répéter une 2ème dose d'IgIV chez les patients avec mauvais pronostic (essai SID-GBS 2021 négatif, Walgaard Lancet Neurol 2021) - NE PAS prescrire de corticoïdes (Cochrane Hughes 2016 négatif)

Étape 5

Décision 5

Information clinique

À H+4 h, patient stabilisé, IgIV démarrées, préparation du transfert en réanimation neurologique. Vous formez l'équipe sur les points cardinaux à retenir dans la prise en charge du SGB.

Chef, il y a plusieurs choses que je veux vérifier. Parmi les propositions, lesquelles sont vraies ?

A

Les corticoïdes sont INEFFICACES dans le SGB (Cochrane Hughes 2016) et ne doivent PAS être prescrits, contrairement à la CIDP où ils sont efficaces

B

La récupération est constante et complète chez tous les patients traités par IgIV dans un délai maximal de 3 mois quel que soit le variant

C

La surveillance respiratoire au lit par test de capacité vitale toutes 4 heures est cardinale, la SpO2 et la PaCO2 sont tardives et trompeuses

D

La combinaison IgIV + plasmaphérèses en séquentiel est le traitement de référence des formes sévères pour un bénéfice thérapeutique cumulé maximal

E

La dysautonomie touche 70 % des patients et impose un monitoring ECG et TA continu pour dépister arythmie fatale ou hypertension paroxystique

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

A. Les corticoïdes sont INEFFICACES dans le SGB (Cochrane Hughes 2016) et ne doivent PAS être prescrits, contrairement à la CIDP où ils sont efficaces C. La surveillance respiratoire au lit par test de capacité vitale toutes 4 heures est cardinale, la SpO2 et la PaCO2 sont tardives et trompeuses E. La dysautonomie touche 70 % des patients et impose un monitoring ECG et TA continu pour dépister arythmie fatale ou hypertension paroxystique

Explication pédagogique

**A. Corticoïdes inefficaces.** Cardinal. Les corticoïdes sont INEFFICACES dans le SGB, contrairement à la croyance intuitive selon laquelle une maladie auto-immune répondrait aux immunosuppresseurs. La méta-analyse Cochrane Hughes 2016 (8 essais randomisés, 653 patients) a démontré l'absence de bénéfice sur la récupération motrice, avec même une tendance délétère (ralentissement de la récupération, augmentation des rechutes). EAN/PNS 2023 : recommandation forte CONTRE l'utilisation des corticoïdes dans le SGB. La différence physiopathologique avec la CIDP (Chronic Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy) explique cette apparente contradiction : le SGB est une maladie post-infectieuse aiguë par mimétisme moléculaire, tandis que la CIDP est une maladie chronique dysimmunitaire où les corticoïdes SONT efficaces.

**C. Surveillance respiratoire par capacité vitale.** Cardinal. Les indicateurs classiques d'insuffisance respiratoire (SpO2, PaCO2, FR) sont TARDIFS et TROMPEURS dans le SGB : la SpO2 reste souvent normale jusqu'à la décompensation brutale (préservation initiale par la polypnée), la PaCO2 s'élève tardivement (compensation initiale par la polypnée). Le test de capacité vitale au lit (spiromètre portable) toutes les 4 heures dans les 48 premières heures est CARDINAL et sensible : normale > 60 mL/kg, alerte < 20 mL/kg, critique < 15 mL/kg imposant intubation préemptive. Ce test simple et rapide au lit est le pilier de la surveillance respiratoire du SGB.

**D. Dysautonomie et monitoring continu.** Cardinal. La dysautonomie touche 70 % des patients avec SGB et représente une cause majeure de morbi-mortalité potentiellement fatale : arythmie ventriculaire ou supraventriculaire, bradycardie sinusale voire asystolie (particulièrement lors des aspirations trachéales sur hypertonie vagale), hypertension paroxystique avec accidents hypertensifs, hypotension orthostatique, iléus paralytique, rétention urinaire, sudation profuse, mydriase ou myosis. Le monitoring ECG et TA continu est cardinal en réanimation neurologique et permet de dépister ces complications avant qu'elles ne deviennent fatales.

Étape 6

Décision 6

Information clinique

À H+5 h, patient transféré en réanimation neurologique. Vous profitez du temps de transmission pour former l'interne sur les variants du SGB et les diagnostics différentiels de faiblesse aiguë ascendante à connaître aux urgences.

Concernant les variants du SGB et les autres causes de faiblesse aiguë, lesquelles sont exactes ?

A

L'encéphalomyélite aiguë disséminée (ADEM) donne un tableau strictement identique au SGB sans aucun élément clinique ni paraclinique permettant la distinction

B

Le botulisme donne un tableau descendant avec ophtalmoplégie + mydriase + trouble déglutition, contexte alimentaire, ROT initialement conservés

C

La myasthénie grave sévère peut mimer un SGB mais les ROT sont typiquement CONSERVÉS et l'atteinte oculo-bulbaire fluctuante prédomine

D

Le SGB est la seule cause de tétraparésie flasque aréflexique aiguë, aucun diagnostic différentiel n'est à évoquer si le tableau clinique est typique

E

Le variant Miller-Fisher associe ophtalmoplégie + ataxie + aréflexie, avec anticorps anti-GQ1b positifs dans 90 % des cas, traitement par IgIV

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

B. Le botulisme donne un tableau descendant avec ophtalmoplégie + mydriase + trouble déglutition, contexte alimentaire, ROT initialement conservés C. La myasthénie grave sévère peut mimer un SGB mais les ROT sont typiquement CONSERVÉS et l'atteinte oculo-bulbaire fluctuante prédomine E. Le variant Miller-Fisher associe ophtalmoplégie + ataxie + aréflexie, avec anticorps anti-GQ1b positifs dans 90 % des cas, traitement par IgIV

Explication pédagogique

**B. Variant Miller-Fisher.** Le syndrome de Miller-Fisher (SMF) est le variant le plus fréquent du SGB (5-10 % des cas). Il associe la TRIADE CARDINALE : (1) OPHTALMOPLÉGIE externe complète (paralysie des muscles oculomoteurs, dans les 4 directions), typiquement bilatérale et symétrique, (2) ATAXIE cérébelleuse (démarche ébrieuse, dysmétrie), (3) ARÉFLEXIE généralisée. Faiblesse motrice périphérique modeste ou absente. Les anticorps anti-GQ1b sont positifs dans 85-90 % des cas (marqueur diagnostique cardinal). Le facteur déclenchant est le plus souvent Campylobacter jejuni (comme dans notre cas). Le traitement est identique au SGB (IgIV 0,4 g/kg/j × 5 j). Le pronostic est habituellement favorable avec récupération complète en 3-6 mois. Une forme apparentée est le syndrome de Bickerstaff (encéphalite du tronc cérébral) qui associe la triade Miller-Fisher + troubles de conscience + signes du tronc cérébral, également associée aux anticorps anti-GQ1b.

**C. Myasthénie grave sévère.** La myasthénie grave (myasthenia gravis) est un diagnostic différentiel classique du SGB à ne PAS manquer. Elle est caractérisée par : (1) FATIGABILITÉ à l'effort avec récupération au repos, (2) atteinte PRÉDOMINANTE oculo-bulbaire (ptosis, diplopie, dysphagie, dysphonie), (3) FLUCTUATION des symptômes dans la journée (pire le soir, mieux le matin), (4) ROT typiquement CONSERVÉS (élément cardinal de distinction avec le SGB où ils sont ABOLIS), (5) atteinte respiratoire dans les crises myasthéniques sévères. Diagnostic : test à la glace, test aux anticholinestérasiques (néostigmine), anticorps anti-récepteurs de l'acétylcholine (anti-RACh) ou anti-MuSK, EMG avec stimulation répétitive (décrément > 10 %). Traitement de la crise myasthénique : IgIV ou plasmaphérèses (comme SGB), anticholinestérasiques (pyridostigmine), corticoïdes en second lieu, immunosuppresseurs de fond.

**D. Botulisme.** Le botulisme est une cause rare mais potentiellement fatale de paralysie flasque aiguë à ne PAS méconnaître. Il est dû à une intoxication alimentaire par la toxine botulique (Clostridium botulinum, contexte de conserves artisanales mal stérilisées, viande fumée, poisson fumé, plats préparés — au Maroc : olives artisanales, conserves familiales). Il se caractérise par : (1) tableau DESCENDANT (contrairement au SGB ascendant), débutant par l'atteinte des paires crâniennes, (2) OPHTALMOPLÉGIE avec MYDRIASE bilatérale peu réactive (élément CARDINAL de distinction, la mydriase est absente dans le SGB), (3) troubles de déglutition + dysphonie précoces, (4) sécheresse buccale, (5) constipation, iléus paralytique, rétention urinaire, (6) faiblesse musculaire progressive descendante, (7) ROT initialement CONSERVÉS (peuvent disparaître dans les formes sévères tardives), (8) absence de troubles sensitifs, (9) sensorium préservé. Diagnostic : contexte alimentaire, mise en évidence de la toxine dans le sérum, l'aliment suspect ou les selles, EMG (incrément à la stimulation à haute fréquence). Traitement : antitoxine trivalente ABE en urgence (à ne PAS retarder), support respiratoire, décontamination digestive.

Étape 7

Décision 7

Information clinique

À H+6 h, patient stabilisé en réanimation neurologique, IgIV 1ère dose 30 g bien tolérée en 4 heures, monitoring ECG et TA continu en place, tests de capacité vitale et de comptage toutes 4 heures. Vous transmettez au réanimateur neurologique et à l'équipe de garde de nuit.

Tu prends la transmission au réanimateur. Quelle formulation retiens-tu ?

A

« Guillain-Barré typique, IgIV en cours, surveillance capacité vitale, à voir. »

B

Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, Dr X des urgences HMIMV, je te transmets pour la suite en réanimation neurologique M. Karim B., 32 ans, cadre bancaire à Rabat, admis pour syndrome de Guillain-Barré forme classique AIDP niveau 1 de Brighton avec tétraparésie flasque ascendante symétrique aréflexique, atteinte faciale bilatérale débutante, insuffisance respiratoire imminente (CV 22 mL/kg à l'admission, actuellement 20 mL/kg), dysautonomie modérée (tachycardie sinusale, HTA discrète), après gastro-entérite fébrile probable à Campylobacter jejuni il y a 15 jours (repas de gargotte de Rabat). B (Background) : Sans ATCD notable, aucun traitement chronique, non vacciné récemment, pas de voyage récent. Cadre bancaire assuré CNOPS, marié 2 enfants. A (Assessment) : Début des paresthésies distales à J-4, tétraparésie ascendante progressive avec chute hier soir, paralysie faciale bilatérale débutante ce matin, dyspnée modérée. Examen : tétraparésie flasque symétrique 2/5 MI et 3/5 MS, aréflexie généralisée diffuse (rotuliens, achilléens, bicipitaux, tricipitaux, styloradiaux abolis), pas de niveau sensitif ni de troubles sphinctériens, House-Brackmann III/VI bilatéral, paresthésies distales sans troubles sensitifs objectifs marqués. Test capacité vitale au lit 22 mL/kg à l'admission actuellement 20 mL/kg, test de comptage 15 actuellement 13. Score EGRIS 4/7 (risque intermédiaire 24 % ventilation dans semaine). Diagnostics différentiels éliminés cliniquement : pas de fluctuation myasthénique, pas de mydriase (élimine botulisme), kaliémie normale, pas de niveau sensitif (élimine myélite), pas de troubles de conscience (élimine ADEM). PL confirmée dissociation albumino-cytologique protéinorachie 0,88 g/L cellularité 3 lymphocytaires. EMG-VCN programmé demain matin. Bilan pré-thérapeutique : IgA sériques normales (pas de déficit), fonction rénale normale, hépatites B/C négatives, VIH en attente. Sérologies étiologiques en cours : Campylobacter jejuni, CMV, EBV, Mycoplasma pneumoniae. IgIV 0,4 g/kg/j démarrées à H+3 h, 1ère dose de 30 g bien tolérée en 4 h avec hydratation préalable, monitoring TA/FC. R (Recommendation) : Poursuite IgIV 30 g/j × 4 jours restants (dose totale 150 g sur 5 j), surveillance rapprochée respiratoire par test capacité vitale et test de comptage toutes 4 heures dans les 48 h puis toutes 6-8 h, monitoring ECG et TA continu pour dysautonomie, anticipation intubation préemptive si CV < 15 mL/kg ou trouble bulbaire majeur ou dysautonomie sévère, thromboprophylaxie HBPM énoxaparine 0,4 mL/j SC, antalgie multimodale paracétamol 1 g × 4/j + gabapentine 300 mg × 3/j en titration progressive éviter opiacés forts, prévention escarres par matelas anti-escarres et changements de position, kinésithérapie respiratoire précoce dès demain matin, nutrition entérale précoce à discuter si trouble de déglutition, sonde urinaire à discuter si rétention. Discussion RCP neurologique demain matin pour évaluation évolutive et anticiper EMG-VCN, complément sérologies étiologiques dans les 24-48 h, information patient et épouse déjà faite avec explication pronostic globalement favorable mais séquelles possibles chez 20 % des patients et mortalité 3-5 %. PAS de corticoïdes (Cochrane Hughes 2016 négatif, EAN/PNS 2023 recommandation forte contre). PAS de 2ème dose d'IgIV chez ce patient (SID-GBS 2021 négatif). PAS de combinaison IgIV + PE (EAN/PNS 2023). Réévaluation continue nécessaire, échelle mEGOS à recalculer à J+7 pour pronostic à 6 mois. »

C

« J'ai un patient avec un Guillain-Barré, il faut continuer les IgIV et surveiller. »

D

« Le patient a une paralysie ascendante, IgIV démarrées, à réévaluer. »

E

« Homme 32 ans avec Guillain-Barré probable, en réanimation neurologique, IgIV commencées. »

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

B. Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, Dr X des urgences HMIMV, je te transmets pour la suite en réanimation neurologique M. Karim B., 32 ans, cadre bancaire à Rabat, admis pour syndrome de Guillain-Barré forme classique AIDP niveau 1 de Brighton avec tétraparésie flasque ascendante symétrique aréflexique, atteinte faciale bilatérale débutante, insuffisance respiratoire imminente (CV 22 mL/kg à l'admission, actuellement 20 mL/kg), dysautonomie modérée (tachycardie sinusale, HTA discrète), après gastro-entérite fébrile probable à Campylobacter jejuni il y a 15 jours (repas de gargotte de Rabat). B (Background) : Sans ATCD notable, aucun traitement chronique, non vacciné récemment, pas de voyage récent. Cadre bancaire assuré CNOPS, marié 2 enfants. A (Assessment) : Début des paresthésies distales à J-4, tétraparésie ascendante progressive avec chute hier soir, paralysie faciale bilatérale débutante ce matin, dyspnée modérée. Examen : tétraparésie flasque symétrique 2/5 MI et 3/5 MS, aréflexie généralisée diffuse (rotuliens, achilléens, bicipitaux, tricipitaux, styloradiaux abolis), pas de niveau sensitif ni de troubles sphinctériens, House-Brackmann III/VI bilatéral, paresthésies distales sans troubles sensitifs objectifs marqués. Test capacité vitale au lit 22 mL/kg à l'admission actuellement 20 mL/kg, test de comptage 15 actuellement 13. Score EGRIS 4/7 (risque intermédiaire 24 % ventilation dans semaine). Diagnostics différentiels éliminés cliniquement : pas de fluctuation myasthénique, pas de mydriase (élimine botulisme), kaliémie normale, pas de niveau sensitif (élimine myélite), pas de troubles de conscience (élimine ADEM). PL confirmée dissociation albumino-cytologique protéinorachie 0,88 g/L cellularité 3 lymphocytaires. EMG-VCN programmé demain matin. Bilan pré-thérapeutique : IgA sériques normales (pas de déficit), fonction rénale normale, hépatites B/C négatives, VIH en attente. Sérologies étiologiques en cours : Campylobacter jejuni, CMV, EBV, Mycoplasma pneumoniae. IgIV 0,4 g/kg/j démarrées à H+3 h, 1ère dose de 30 g bien tolérée en 4 h avec hydratation préalable, monitoring TA/FC. R (Recommendation) : Poursuite IgIV 30 g/j × 4 jours restants (dose totale 150 g sur 5 j), surveillance rapprochée respiratoire par test capacité vitale et test de comptage toutes 4 heures dans les 48 h puis toutes 6-8 h, monitoring ECG et TA continu pour dysautonomie, anticipation intubation préemptive si CV < 15 mL/kg ou trouble bulbaire majeur ou dysautonomie sévère, thromboprophylaxie HBPM énoxaparine 0,4 mL/j SC, antalgie multimodale paracétamol 1 g × 4/j + gabapentine 300 mg × 3/j en titration progressive éviter opiacés forts, prévention escarres par matelas anti-escarres et changements de position, kinésithérapie respiratoire précoce dès demain matin, nutrition entérale précoce à discuter si trouble de déglutition, sonde urinaire à discuter si rétention. Discussion RCP neurologique demain matin pour évaluation évolutive et anticiper EMG-VCN, complément sérologies étiologiques dans les 24-48 h, information patient et épouse déjà faite avec explication pronostic globalement favorable mais séquelles possibles chez 20 % des patients et mortalité 3-5 %. PAS de corticoïdes (Cochrane Hughes 2016 négatif, EAN/PNS 2023 recommandation forte contre). PAS de 2ème dose d'IgIV chez ce patient (SID-GBS 2021 négatif). PAS de combinaison IgIV + PE (EAN/PNS 2023). Réévaluation continue nécessaire, échelle mEGOS à recalculer à J+7 pour pronostic à 6 mois. »

Explication pédagogique

Une transmission structurée SBAR (Situation, Background, Assessment, Recommendation) est un standard international de communication médicale, particulièrement pertinent pour un patient de réanimation neurologique dont la prise en charge implique une surveillance rapprochée pluridisciplinaire (neurologue, réanimateur, kinésithérapeute, orthophoniste). Elle assure au réanimateur d'accueil une compréhension immédiate et complète du parcours, du raisonnement diagnostique et thérapeutique, de l'état actuel et des attendus pour les 24-48 heures suivantes.

La transmission proposée en B respecte l'ensemble des éléments requis : identification du patient et du service, motif de transfert clair avec la donnée cardinale du niveau 1 de Brighton et de l'insuffisance respiratoire imminente, antécédents pertinents avec le contexte social, histoire précise avec chronologie de l'installation, examen neurologique complet avec scoring pronostique (EGRIS 4/7), élimination explicite des diagnostics différentiels dangereux, résultats des examens complémentaires réalisés (PL avec dissociation albumino-cytologique), traitement en cours détaillé avec doses et tolérance, recommandations opérationnelles pour la suite (surveillance rapprochée, thromboprophylaxie, antalgie multimodale, kinésithérapie précoce), éléments à NE PAS faire (corticoïdes, 2ème dose IgIV, combinaison), information patient et famille faite, pronostic annoncé honnêtement.

Débriefing finalAfficher le débriefing

Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.

Objectifs pédagogiques

  • Reconnaître un syndrome de Guillain-Barré devant une tétraparésie flasque ascendante symétrique aréflexique évoluant en moins de 4 semaines, précédée dans 60-70 % des cas d'un épisode infectieux 1-3 semaines avant (gastro-entérite à *Campylobacter jejuni* fréquente au Maroc, ou infection respiratoire)

  • Appliquer les critères de Brighton (Fokke Brain 2014) pour le diagnostic clinique de certitude

  • Éliminer les diagnostics différentiels aigus dangereux : Miller-Fisher (ophtalmoplégie + ataxie + aréflexie), myasthénie grave sévère, botulisme, hypokaliémie profonde, poliomyélite (dans zones à risque), porphyrie aiguë intermittente, myélite transverse, encéphalomyélite aiguë disséminée, atteinte médullaire compressive haute

  • Prescrire le bilan diagnostique adapté : ponction lombaire (dissociation albumino-cytologique après J+7-10), EMG-VCN (démyélinisation, ondes F allongées, blocs de conduction), IRM médullaire si doute avec myélite, sérologies étiologiques, anticorps anti-gangliosides si variant

  • Évaluer la gravité respiratoire par test de capacité vitale au lit + test de comptage + score EGRIS + score mEGOS

  • Traiter sans délai par immunothérapie de 1ère ligne : IgIV 0,4 g/kg/j × 5 jours OU plasmaphérèses 5 séances, dans la fenêtre optimale < 2 semaines (jusqu'à 4 semaines maximum)

  • NE PAS prescrire de corticoïdes (Cochrane Hughes 2016 : aucune efficacité démontrée, contredit par les essais)

  • Anticiper les complications potentiellement fatales : insuffisance respiratoire aiguë (20-30 % des cas), dysautonomie (arythmie fatale, hypertension paroxystique), thromboembolie veineuse, pneumopathies d'inhalation

  • Reconnaître le variant Miller-Fisher (ophtalmoplégie + ataxie + aréflexie, anticorps anti-GQ1b) et le variant AMAN (formes axonales sévères de meilleur pronostic à long terme)

  • Structurer une transmission complète et hiérarchisée à l'équipe de réanimation neurologique selon le format SBAR

Points clés à retenirAfficher les points clés
  • Le syndrome de Guillain-Barré est une polyradiculonévrite aiguë inflammatoire à médiation immune, souvent post-infectieuse (60-70 % des cas), avec Campylobacter jejuni comme cause fréquente au Maroc (aliments contaminés, eau souillée). Le diagnostic est clinique et repose sur les critères de Brighton (Fokke Brain 2014) : tétraparésie flasque ascendante symétrique aréflexique + évolution monophasique < 4 semaines + dissociation albumino-cytologique dans le LCR + démyélinisation à l'EMG + absence de diagnostic alternatif.

  • La surveillance respiratoire au lit par TEST DE CAPACITÉ VITALE (spiromètre portable) est CARDINALE et doit être répétée toutes les 4 heures dans les 48 premières heures. Seuils : normale > 60 mL/kg, alerte < 20 mL/kg, critique < 15 mL/kg imposant intubation préemptive. Les indicateurs classiques (SpO2, PaCO2, FR) sont TARDIFS et TROMPEURS.

  • Le score EGRIS (Erasmus GBS Respiratory Insufficiency Score, Walgaard 2010) prédit le risque d'insuffisance respiratoire dans la 1ère semaine : 3 items (délai début-admission, faiblesse faciale/bulbaire, MRC sum score). Score ≥ 3 = risque élevé imposant surveillance en réanimation.

  • La dysautonomie touche 70 % des patients et est potentiellement fatale : arythmie (asystolie sur aspiration trachéale), HTA paroxystique, hypotension, iléus, rétention urinaire. Le monitoring ECG et TA continu est cardinal.

  • Le traitement de 1ère ligne repose sur l'IMMUNOTHÉRAPIE PRÉCOCE (< 2 semaines idéalement, jusqu'à 4 semaines maximum) : IgIV 0,4 g/kg/j × 5 jours (dose totale 2 g/kg) OU plasmaphérèses 5 séances sur 10-14 jours. L'équivalence est démontrée (Cochrane Hughes 2014, Chevret 2017, EAN/PNS 2023).

  • Les corticoïdes sont INEFFICACES dans le SGB (Cochrane Hughes 2016, EAN/PNS 2023 recommandation forte CONTRE), à ne PAS confondre avec la CIDP (Chronic Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy) où ils sont efficaces.

  • La COMBINAISON IgIV + plasmaphérèses et la RÉPÉTITION d'une 2ème dose d'IgIV chez les patients avec mauvais pronostic (SID-GBS 2021 négatif) sont sans bénéfice supplémentaire et à éviter (EAN/PNS 2023).

  • Le variant Miller-Fisher associe ophtalmoplégie + ataxie + aréflexie (triade cardinale), avec anticorps anti-GQ1b positifs dans 90 % des cas, traitement par IgIV comme le SGB classique.

  • Les diagnostics différentiels dangereux à éliminer sont : myasthénie grave sévère (ROT conservés, fluctuation, atteinte oculo-bulbaire), botulisme (descendant + mydriase + contexte alimentaire), hypokaliémie profonde, poliomyélite (chez non vacciné), porphyrie aiguë intermittente, myélite transverse (niveau sensitif, sphincter), ADEM (troubles de conscience, IRM cérébrale et médullaire pathologique).

  • Le pronostic est globalement favorable mais non constant : 80 % de récupération satisfaisante à 1 an, 20 % de séquelles motrices significatives, mortalité 3-5 %. Les facteurs de mauvais pronostic sont : âge > 60 ans, progression rapide, ventilation mécanique, formes axonales (AMAN/AMSAN), infection par Campylobacter jejuni, score EGOS/mEGOS élevé.