Contenu pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior. Lire l’avertissement médical.

Reflexes Urgences

Cas clinique

Prophylaxie Post-exposition VIH

Infectieux

Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.

Présentation initiale

Ce module comporte 2 scénarios complémentaires. La vignette de chaque scénario est présentée au début de sa première étape.

Étape 1

Décision 1

Information clinique

Scénario 1 — Accident d'exposition au sang par projection oculo-muqueuse massive chez un jeune médecin urgentiste, dans les pièges de la sous-estimation de la projection, du rinçage insuffisant, du retard TPE par attente d'avis et de l'oubli du rappel HBV

Interne des urgences de **28 ans**, deuxième semestre d'internat de médecine d'urgence, en **garde de nuit** aux urgences un samedi. Il vient vous voir (senior de garde) à 3 h 00 du matin, visiblement bouleversé, portant encore ses gants tachés de sang.

**Contexte de l'accident** : il vient de tenter une **pose de voie veineuse centrale jugulaire** (première tentative en autonomie sous supervision distante) chez un homme d'environ 40 ans amené par le SAMU pour un choc septique sur pneumopathie sévère, GCS altéré. Le patient est agité malgré la sédation. Lors du retrait du guide métallique après ponction, **jet de sang** projeté au visage de l'interne sur environ 2-3 mL : **impact oculaire droit** (paupière + globe oculaire, sensation de « chaleur dans l'œil »), **impact péribuccal** (lèvre supérieure, coin de la bouche), et **projection sur les joues et le front**. L'interne portait **un masque chirurgical simple** (pas de lunettes de protection) et une charlotte.

**Réactions immédiates du jeune interne** : - Rinçage rapide du visage à l'eau tiède au robinet du box (10-15 secondes) - Bouche : rincée à l'eau tiède, cracher - **Œil droit** : rincé au sérum physiologique 250 mL par la collègue infirmière (démarré ~5 min après l'exposition) - **Pas de sérum ni antiseptique appliqué** sur le reste du visage - Retrait des gants et lavage des mains

**Vient vous consulter maintenant** (~30 minutes post-exposition).

**Antécédents et statut actuel de l'interne** : - **Étudiant en médecine puis interne** depuis 5 ans, régulièrement exposé aux gestes techniques - **Statut VIH** : dernière sérologie **négative il y a 2 ans** (bilan de médecine du travail) - **Vaccinations** : DTP à jour, **vaccination hépatite B en 3ème année de médecine** (schéma complet il y a 6 ans), **statut sérologique post-vaccinal non contrôlé depuis** (pas de dosage des anti-HBs à J+3 mois post-schéma), pas de rappel programmé, **non vacciné contre l'hépatite A** ni contre le HPV - **Antécédents médicaux** : santé habituelle, pas de traitement chronique, pas d'allergie médicamenteuse connue - **Anxiété majeure** : peur du diagnostic, culpabilité (« j'ai fait la faute de ne pas mettre les lunettes »), demande d'une consultation urgente

**Éléments importants sur le patient source** (recueillis pendant l'interrogatoire) : - Homme de 40 ans, amené par le SAMU pour choc septique - **Statut VIH inconnu** — GCS altéré, pas d'entretien possible, pas de coordonnées de proches - **Cicatrices multiples d'usage IV** aux avant-bras (marbrures cutanées, veines sclérosées) — **très forte suspicion de polytoxicomanie IV** ancienne ou active - Aspect général : dénutrition modérée, alopécie diffuse, adénopathies cervicales palpables - Hémocultures et sérologies (VIH, hépatites B/C, syphilis) prélevées à l'arrivée du patient — **résultats attendus dans 4-12h**

**Signes physiques du jeune interne** : légers tremblements, transpiration, TA 128/76 (habituelle 118/72), FC 92/min, examen général normal, pas de fièvre.

À l'arrivée en consultation à 3 h 30 : TA 128/76 mmHg, FC 92/min, FR 18/min, T 36,6 °C, GCS 15, examen ophtalmologique de l'œil droit : conjonctive légèrement injectée, pas de lésion évidente, acuité visuelle conservée.

**Bilan biologique en urgence prélevé chez le médecin exposé** : - **Sérologie VIH-1/2 (test rapide 4ᵉ génération)** : **négative** — statut initial documenté - **Sérologie hépatite B** : Ag HBs négatif, **Ac anti-HBs < 10 UI/L** (**immunité vaccinale insuffisante ou perdue** — jamais contrôlée depuis la vaccination), Ac anti-HBc négatif - **Sérologie hépatite C** : Ac anti-VHC négatif - **Sérologie syphilis (TPHA/VDRL)** : négative - NFS, ionogramme, créatinine (86 µmol/L, clairance normale à 118 mL/min), bilan hépatique normal

**Estimation temporelle précise** : projection à 3 h 00. **Fenêtre thérapeutique de 72h ouverte** (71h30 restants). **Fenêtre optimale de 4h encore accessible** — délai jusqu'à 7 h 00.

Poids déclaré 72 kg.

L'interne vient vers vous, très anxieux. Un confrère plus ancien vous dit en aparté : « C'est une simple projection oculaire, pas une piqûre. Il a rincé, ça va aller. Il verra le médecin du travail lundi matin pour le suivi. »

Quelle est votre conduite immédiate ?

A

Reconnaître un **AES par projection oculo-muqueuse** avec **source à statut VIH inconnu à haut risque contextuel**, dans la fenêtre, débuter l'évaluation et le TPE d'urgence

B

Adresser l'interne au médecin du travail le lundi matin (48h plus tard), la démarche relevant d'une consultation programmée avec un référent AES en heures ouvrables

C

Attendre les résultats définitifs de la sérologie VIH du patient source (délai 4-12h) avant toute décision thérapeutique, seule information objectivant le risque

D

Renvoyer l'interne en garde sans TPE compte tenu du type de projection (oculo-muqueuse et non percutanée), le risque de transmission étant négligeable dans ce contexte

E

Prescrire une monothérapie orale simple par ténofovir en attente de la consultation spécialisée du lundi, protocole simplifié adapté au contexte nocturne dominical

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Bonne réponse

A. Reconnaître un **AES par projection oculo-muqueuse** avec **source à statut VIH inconnu à haut risque contextuel**, dans la fenêtre, débuter l'évaluation et le TPE d'urgence

Explication pédagogique

L'AES par **projection oculo-muqueuse** est un accident professionnel qui expose à un risque de transmission VIH, hépatites B et C (Morlat 2020, CDC 2018, INRS 2021). Le **risque de transmission VIH per-exposition** varie selon le type : (1) **piqûre percutanée profonde à sang** (aiguille creuse) : **3/1000** (~0,3 %) ; (2) **piqûre percutanée superficielle** (aiguille pleine) : 1/1000 ; (3) **projection oculo-muqueuse** ou peau lésée : **~1/1000 à 1/10 000** selon volume et durée de contact — **non négligeable**, justifie évaluation urgente ; facteurs majorants : source VIH+ avec charge virale détectable, primo-infection, volume massif, contact prolongé. **Chez cet interne** : (1) projection massive (~2-3 mL) au visage avec impact oculaire, buccal et cutané ; (2) source à **statut VIH inconnu** avec **cicatrices d'usage IV**, dénutrition, adénopathies — **très forte suspicion de séropositivité VIH** ; (3) rinçage initial insuffisant (10-15 secondes au visage) ; (4) fenêtre 72h ouverte (idéalement < 4h). La conduite associe : (1) **complément de rinçage abondant** immédiat ; (2) évaluation du statut initial (VIH, hépatites B/C, syphilis) ; (3) **TPE immédiat** trithérapie 28 jours ; (4) rappel HBV (anti-HBs < 10) ± Ig anti-HBs si source Ag HBs positive ; (5) **déclaration AT dans les 48h** ; (6) soutien psychologique. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 2

Décision 2

Information clinique

L'interne vous demande : « J'ai bien fait de rincer à l'eau ? Je n'ai rien mis d'antiseptique, est-ce que je dois maintenant appliquer de la Bétadine ou de l'alcool sur le visage pour désinfecter ? »

Quels sont les gestes locaux immédiats corrects en cas d'AES par projection ?

A

Appliquer un antiseptique iodé fort (Bétadine® dermique) directement sur les muqueuses conjonctivales, buccales et péribuccales, en contact prolongé de 10 minutes

B

**Rinçage abondant et prolongé** au sérum physiologique (œil, bouche) et à l'eau (peau) pendant **au moins 5-10 minutes**, sans antiseptique sur muqueuses, pas d'alcool

C

Compresser les zones exposées pendant 10 minutes pour favoriser la sortie du sang extérieur potentiellement contaminé, comme pour une piqûre percutanée profonde

D

Appliquer de l'alcool à 90° pendant 5 minutes sur toutes les zones exposées, y compris les muqueuses oculaires et buccales, pour maximiser l'efficacité antiseptique

E

Ne pas effectuer de geste local supplémentaire — les gestes déjà effectués (rinçage rapide 10-15 secondes) sont suffisants pour éliminer efficacement le risque infectieux

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Bonne réponse

B. **Rinçage abondant et prolongé** au sérum physiologique (œil, bouche) et à l'eau (peau) pendant **au moins 5-10 minutes**, sans antiseptique sur muqueuses, pas d'alcool

Explication pédagogique

Les **gestes locaux immédiats** en cas d'AES par projection (INRS 2021, Morlat 2020) associent : (1) **Rinçage abondant et prolongé** — **au moins 5-10 minutes**, idéalement plus long ; (2) **Selon le type d'exposition** : **projection oculaire** = **rinçage au sérum physiologique** (250 mL minimum, poche complète) ou à l'eau courante en cas d'urgence (paupières écartées, rincer en évitant que le liquide contaminé ne coule dans l'autre œil) ; **projection muqueuse buccale** = **rinçage à l'eau abondamment**, cracher (pas d'antiseptique buccal fort) ; **projection cutanée** = **rinçage à l'eau puis savon** puis **application d'antiseptique iodé** (Bétadine® dermique) sur la peau saine ; **piqûre percutanée** = laver abondamment puis **immerger dans un antiseptique** (Dakin dilué ou Bétadine dermique) pendant 5 minutes minimum ; (3) **Ce qu'il NE FAUT PAS faire** : **jamais d'alcool 90° sur les muqueuses** (lésionnel, aggrave la porte d'entrée), **pas d'antiseptique fort sur les muqueuses** conjonctivales ou buccales, **ne pas presser** ni faire saigner davantage (mythe : ne réduit pas le risque, aggrave la lésion), **ne pas cautériser**. **Chez cet interne** : le rinçage initial était trop court (10-15 s au visage, ~5 min à l'œil droit avec retard de 5 min) — **compléter par un rinçage prolongé abondant** au sérum physiologique. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 3

Décision 3

Information clinique

Vous devez évaluer le risque de la source pour justifier le TPE. Un confrère plus ancien vous propose : « On attend les résultats VIH de la source, qui devraient arriver dans quelques heures, avant de décider du TPE. Ça évite un traitement inutile. »

Quelle est votre stratégie face au statut VIH inconnu de la source ?

A

Contacter le médecin traitant de la source pour obtenir les antécédents connus et la dernière sérologie VIH, seule démarche permettant de rationaliser la décision thérapeutique

B

**Débuter le TPE immédiatement** compte tenu des **facteurs contextuels majorants** de la source (usage IV, dénutrition, adénopathies) — ré-évaluation possible à l'obtention des résultats

C

Ne pas débuter de TPE avant confirmation microbiologique de la séropositivité de la source, le traitement empirique n'ayant pas d'indication en pratique institutionnelle actuelle

D

Différer la décision jusqu'à l'entretien direct avec la source dès son réveil et sa stabilisation, pour respecter son autonomie et obtenir un consentement éclairé

E

Attendre les résultats définitifs de la sérologie VIH de la source (délai estimé 4-12h) avant toute décision thérapeutique, pour éviter un TPE inutile

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Bonne réponse

B. **Débuter le TPE immédiatement** compte tenu des **facteurs contextuels majorants** de la source (usage IV, dénutrition, adénopathies) — ré-évaluation possible à l'obtention des résultats

Explication pédagogique

L'évaluation du risque de la source en AES (Morlat 2020, INRS 2021) : (1) **Source connue VIH+** : évaluation de la CV (indétectable stable = risque très faible mais TPE toujours discuté ; détectable = TPE recommandé) et du traitement en cours ; (2) **Source à statut VIH inconnu** : **évaluation du risque contextuel** — populations à prévalence élevée (HSH, usagers de drogues IV, originaires de zones à haute prévalence, personnes en situation de précarité, prostitution), **cicatrices d'usage IV**, tatouages/piercings récents non médicalisés, IST récentes, antécédents de multiples partenaires, primo-infection possible ; (3) **Source injoignable** ou refusant le test : **TPE indiqué** selon le risque estimé ; (4) **Chez ce patient source** : cicatrices d'usage IV documentées, dénutrition, adénopathies cervicales — **très forte suspicion de séropositivité VIH** justifiant le TPE immédiat sans attendre les résultats ; (5) **La règle** : **débuter le TPE immédiatement** si risque estimé suffisant, **réévaluer** à l'obtention des résultats de la source (interrompre si source négative, poursuivre sinon). Attendre les résultats fait manquer la fenêtre optimale (< 4h) et peut dépasser 72h. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 4

Décision 4

Information clinique

Un confrère plus ancien vous propose : « Prescris du Truvada + Kaletra, c'est le protocole qu'on utilisait quand j'étais interne. »

Quel protocole ARV prescrivez-vous ?

A

Prophylaxie par une seule prise de rilpivirine à longue durée d'action, permettant d'éviter les contraintes d'observance quotidienne pendant 28 jours consécutifs

B

Truvada (ténofovir/emtricitabine) + Kaletra (lopinavir/ritonavir) pendant 28 jours, protocole historique avec longue expérience validée et grande disponibilité en pharmacie

C

Ténofovir en monothérapie orale pendant 28 jours, molécule majeure de l'antirétroviral avec bon profil de tolérance et efficacité prophylactique documentée

D

Trithérapie IV (ténofovir + emtricitabine + darunavir/ritonavir) pendant 4 semaines, forme intraveineuse à privilégier pour biodisponibilité optimale et observance

E

**Protocole actuel** : **Truvada® ou Descovy®** + **dolutégravir (Tivicay®) pendant 28 jours** OU **Biktarvy®** (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) — simplifié, meilleure observance

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Bonne réponse

E. **Protocole actuel** : **Truvada® ou Descovy®** + **dolutégravir (Tivicay®) pendant 28 jours** OU **Biktarvy®** (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) — simplifié, meilleure observance

Explication pédagogique

Le **protocole actuel** du TPE (Morlat 2020, CDC 2018) est une **trithérapie 28 jours** avec excellente tolérance : (1) **Options recommandées** : (a) **Truvada® (ténofovir disoproxil 245 mg/emtricitabine 200 mg, 1 cp/j)** + **dolutégravir (Tivicay®, 50 mg/j)** — combinaison de référence ; (b) **Descovy® (TAF 25/FTC 200, 1 cp/j)** + dolutégravir — meilleur profil rénal et osseux ; (c) **Biktarvy® (bictégravir 50/FTC 200/TAF 25, 1 cp/j en un comprimé unique)** — simplicité maximale pour l'observance ; (2) **Durée** : **28 jours** stricts ; (3) **Suivi** : consultation médecine du travail à J+2, J+15, fin de traitement ; sérologies à W6 et W12 ; (4) Effets secondaires possibles : nausées, céphalées, insomnie (dolutégravir/bictégravir), rare hépatite. **Le protocole Truvada + Kaletra est obsolète** (moins bien toléré, diarrhées fréquentes, observance médiocre — abandonné au profit des inhibiteurs d'intégrase). La monothérapie est proscrite (inefficace + résistances). Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 5

Décision 5

Information clinique

L'infectiologue de garde au téléphone valide le TPE. Un confrère plus ancien vous propose : « Pour l'hépatite B, il est vacciné donc on ne fait rien. On verra pour la déclaration AT lundi matin quand il verra le médecin du travail. »

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont indiquées ?

A

Interruption immédiate de la garde et arrêt de travail de 28 jours (durée du TPE) pour éviter tout autre AES pendant la période antirétrovirale

B

**Déclaration d'accident du travail obligatoire dans les 48h** — certificat médical initial descriptif, formulaire déclaration AT, information médecin du travail dès lundi, traçabilité au CLIN

C

**Soutien psychologique** avec écoute empathique, absence de culpabilisation, information sur la protection oculaire future, orientation vers un référent AES

D

Considérer l'interne comme protégé contre l'hépatite B du seul fait de sa vaccination complète il y a 6 ans, indépendamment de son statut sérologique actuel

E

**Rappel vaccinal hépatite B** immédiat aux urgences (anti-HBs < 10 UI/L = immunité insuffisante), avec **Ig anti-HBs 500 UI IM** si source Ag HBs positive

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Bonne réponse

B. **Déclaration d'accident du travail obligatoire dans les 48h** — certificat médical initial descriptif, formulaire déclaration AT, information médecin du travail dès lundi, traçabilité au CLIN C. **Soutien psychologique** avec écoute empathique, absence de culpabilisation, information sur la protection oculaire future, orientation vers un référent AES E. **Rappel vaccinal hépatite B** immédiat aux urgences (anti-HBs < 10 UI/L = immunité insuffisante), avec **Ig anti-HBs 500 UI IM** si source Ag HBs positive

Explication pédagogique

Les démarches associées à l'AES associent : (1) **Rappel vaccinal hépatite B** — chez cet interne avec **anti-HBs < 10 UI/L** (immunité insuffisante), **rappel vaccinal immédiat aux urgences** (dose ce jour, puis M1 et M6 pour schéma complet à 3 doses), contrôle des anti-HBs post-rappel ; **Ig anti-HBs 500 UI IM** en dose unique **si la source est retrouvée Ag HBs positive** (à faire idéalement < 72h) — HAS 2019 conduite post-exposition HBV ; (2) **Déclaration d'accident du travail** — **obligatoire dans les 48h** : certificat médical initial descriptif (nature de l'exposition, gestes locaux, TPE prescrit), formulaire de déclaration d'accident du travail à remettre à l'employeur (établissement hospitalier), **information du médecin du travail** dès la reprise ouvrable (lundi), transmission au CLIN pour analyse et prévention institutionnelle (retour d'expérience — REX) ; (3) **Soutien psychologique** — écoute empathique, **absence de culpabilisation** (« la faute de ne pas mettre les lunettes » — évoquer les facteurs organisationnels : disponibilité des EPI, formation, urgence de la situation), information sur la protection future (lunettes de protection systématiques pour tout geste à risque), orientation vers un **référent AES** ou psychologue si besoin ; (4) **Suivi structuré** : consultation médecine du travail à J+2, J+15, J+28, W6 et W12 pour sérologies.

Étape 6

Décision 6

Information clinique

L'interne est plus calme, comprend la démarche, accepte le TPE. Il vous demande : « Que dois-je faire concrètement pour le suivi et pour éviter que ça se reproduise ? »

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

A

**Suivi sérologique** structuré : VIH (test 4G) à **W6 et W12**, hépatites B/C à W6-W12, syphilis à W6-W12, contrôle anti-HBs à distance du rappel

B

**Éviction du travail obligatoire pendant 28 jours** avec transmission des dossiers à un confrère, la contagiosité VIH étant présente dès l'exposition indépendamment du statut réel

C

**Prévention institutionnelle** : disponibilité systématique des lunettes de protection dans les box, formation sur les précautions standards, retour d'expérience (REX) au CLIN

D

Aucun suivi n'est nécessaire après la fin des 28 jours de TPE, la sérologie du statut de départ étant suffisante pour affirmer l'absence de contamination

E

**Surveillance de la tolérance** du TPE : consultation à J+2 (réévaluation), J+15 (créatinine, bilan hépatique), fin de traitement — dépister les effets secondaires et l'observance

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Bonne réponse

A. **Suivi sérologique** structuré : VIH (test 4G) à **W6 et W12**, hépatites B/C à W6-W12, syphilis à W6-W12, contrôle anti-HBs à distance du rappel C. **Prévention institutionnelle** : disponibilité systématique des lunettes de protection dans les box, formation sur les précautions standards, retour d'expérience (REX) au CLIN E. **Surveillance de la tolérance** du TPE : consultation à J+2 (réévaluation), J+15 (créatinine, bilan hépatique), fin de traitement — dépister les effets secondaires et l'observance

Explication pédagogique

Le suivi et la prévention associent : (1) **Suivi sérologique structuré** — **sérologie VIH (test 4ᵉ génération)** à **W6 et W12** post-exposition (test 4G détecte l'antigène p24, sensibilité à 21-28j, sérologie complète à W12 clôturant définitivement l'exposition) ; **sérologies hépatites B/C** à W6 et W12 ; **syphilis (TPHA/VDRL)** à W6 et W12 ; **contrôle des anti-HBs** à distance du rappel vaccinal (à 3 mois post-M6 pour vérifier la réponse vaccinale et l'immunité retrouvée > 10 UI/L, idéalement > 100 UI/L) ; (2) **Prévention institutionnelle** — **disponibilité systématique des lunettes de protection** dans tous les box d'urgences (audit institutionnel), **formation continue** sur les précautions standards (masque, lunettes, blouse, gants — matériel adapté au geste), **retour d'expérience (REX)** au CLIN pour analyse causale et actions correctrices (protocole de la ponction VVC, ergonomie, supervision), **culture de sécurité** sans culpabilisation individuelle ; (3) **Surveillance de la tolérance** du TPE — consultation à **J+2** (réévaluation clinique, adaptation, éducation), **J+15** (créatinine, bilan hépatique, dépistage effets secondaires), **J+28** (fin de traitement). Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 7

Décision 7

Information clinique

Vous préparez le courrier de transmission au médecin du travail (pour le lundi matin) et au médecin référent VIH.

Quelle transmission adressez-vous ?

A

« Un AES en garde de nuit, à toi de suivre »

B

Contact uniquement téléphonique sans support écrit, la traçabilité du dossier étant assurée par le médecin du travail à distance

C

« Interne des urgences 28 ans, 2ème semestre de médecine d'urgence, AES en garde de nuit le samedi 03 h 00 : projection oculo-muqueuse massive (~2-3 mL de sang) au visage lors du retrait du guide métallique d'une pose de VVC jugulaire chez un patient en choc septique. Impact oculaire droit, buccal et cutané. Rinçage initial insuffisant (10-15 s), complété aux urgences par rinçage abondant au sérum physiologique (500 mL œil droit, bouche, savon + Bétadine dermique sur peau). Patient source : homme 40 ans amené par SAMU pour choc septique sur pneumopathie, GCS altéré, statut VIH inconnu, cicatrices multiples d'usage IV, dénutrition, adénopathies cervicales — très forte suspicion contextuelle de VIH+, sérologies en cours (résultats attendus dans 4-12h). Antécédents de l'interne : vacciné HBV il y a 6 ans (schéma complet) mais statut sérologique jamais contrôlé, non vacciné HAV/HPV, sérologie VIH négative il y a 2 ans. Statut de départ à 3 h 30 : VIH-1/2 test rapide 4G négatif, Ag HBs négatif avec anti-HBs < 10 UI/L (immunité insuffisante), VHC négatif, syphilis négative, créatinine 86 (normale), bilan hépatique normal. Consentement recueilli sans réserve. Bundle démarré à 3 h 45 : TPE ARV immédiat par Biktarvy (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) pendant 28 jours (première prise administrée), rappel HBV immédiat (dose 1 administrée, calendrier M1-M6 remis), soutien psychologique, certificat médical initial et formulaire de déclaration AT préparés. Je vous l'adresse pour poursuite du TPE avec surveillance de la tolérance et de l'observance, complément vaccinal HBV avec contrôle des anti-HBs à distance, discussion des Ig anti-HBs 500 UI IM si source ultérieurement Ag HBs positive, sérologies de contrôle à W6 et W12 (VIH 4G, VHB, VHC, syphilis), déclaration AT à finaliser avec l'administration hospitalière, REX au CLIN pour analyse causale et amélioration (disponibilité des lunettes de protection, formation, ergonomie), suivi psychologique si besoin (culpabilité déjà exprimée). Points d'anticipation : intolérance ou mauvaise observance du TPE, adaptation ou interruption selon les résultats de la source, éventuelle discussion des Ig anti-HBs, réponse vaccinale HBV à contrôler à distance, prévention institutionnelle par audit des pratiques et disponibilité des EPI. »

D

Attendre 30 jours avant tout contact avec le médecin du travail, la fin du TPE marquant l'entrée dans le suivi structuré

E

Envoi direct sans transmission structurée, l'interne présentera ses ordonnances

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Bonne réponse

C. « Interne des urgences 28 ans, 2ème semestre de médecine d'urgence, AES en garde de nuit le samedi 03 h 00 : projection oculo-muqueuse massive (~2-3 mL de sang) au visage lors du retrait du guide métallique d'une pose de VVC jugulaire chez un patient en choc septique. Impact oculaire droit, buccal et cutané. Rinçage initial insuffisant (10-15 s), complété aux urgences par rinçage abondant au sérum physiologique (500 mL œil droit, bouche, savon + Bétadine dermique sur peau). Patient source : homme 40 ans amené par SAMU pour choc septique sur pneumopathie, GCS altéré, statut VIH inconnu, cicatrices multiples d'usage IV, dénutrition, adénopathies cervicales — très forte suspicion contextuelle de VIH+, sérologies en cours (résultats attendus dans 4-12h). Antécédents de l'interne : vacciné HBV il y a 6 ans (schéma complet) mais statut sérologique jamais contrôlé, non vacciné HAV/HPV, sérologie VIH négative il y a 2 ans. Statut de départ à 3 h 30 : VIH-1/2 test rapide 4G négatif, Ag HBs négatif avec anti-HBs < 10 UI/L (immunité insuffisante), VHC négatif, syphilis négative, créatinine 86 (normale), bilan hépatique normal. Consentement recueilli sans réserve. Bundle démarré à 3 h 45 : TPE ARV immédiat par Biktarvy (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) pendant 28 jours (première prise administrée), rappel HBV immédiat (dose 1 administrée, calendrier M1-M6 remis), soutien psychologique, certificat médical initial et formulaire de déclaration AT préparés. Je vous l'adresse pour poursuite du TPE avec surveillance de la tolérance et de l'observance, complément vaccinal HBV avec contrôle des anti-HBs à distance, discussion des Ig anti-HBs 500 UI IM si source ultérieurement Ag HBs positive, sérologies de contrôle à W6 et W12 (VIH 4G, VHB, VHC, syphilis), déclaration AT à finaliser avec l'administration hospitalière, REX au CLIN pour analyse causale et amélioration (disponibilité des lunettes de protection, formation, ergonomie), suivi psychologique si besoin (culpabilité déjà exprimée). Points d'anticipation : intolérance ou mauvaise observance du TPE, adaptation ou interruption selon les résultats de la source, éventuelle discussion des Ig anti-HBs, réponse vaccinale HBV à contrôler à distance, prévention institutionnelle par audit des pratiques et disponibilité des EPI. »

Explication pédagogique

La transmission structurée d'un AES par projection oculo-muqueuse comprend : le contexte de l'exposition (type d'accident, gestes techniques, timing, moment de la garde), les caractéristiques de la source (statut VIH inconnu, facteurs contextuels majorants), les antécédents et le statut infectieux et vaccinal de l'exposé (avec identification de l'immunité HBV insuffisante), les gestes locaux effectués (avec complément prolongé), le bundle thérapeutique administré (TPE ARV, rappel HBV, soutien psychologique), les démarches administratives (déclaration AT, certificat médical initial), les éléments d'anticipation (adaptation aux résultats source, Ig anti-HBs si source HBV+, prévention institutionnelle par REX), et le suivi structuré.

Étape 8

Décision 8

Information clinique

Scénario 2 — Prophylaxie post-exposition VIH après rapport hétérosexuel avec partenaire féminin à statut inconnu et facteurs de risque contextuels, dans les pièges du risque per-acte sous-évalué, de l'oubli du rappel HBV et de la non-discussion de la PrEP hétérosexuelle

Homme hétérosexuel de **32 ans**, comptable, célibataire, se présente spontanément aux urgences un lundi matin à 8 h 00, visiblement anxieux, accompagné de son meilleur ami qui l'a amené. Il rapporte un **rapport sexuel non protégé avec une partenaire féminine** rencontrée en soirée il y a **20 heures** (dimanche soir vers 12 h 00). L'entretien précise progressivement les éléments suivants :

**Contexte de l'exposition** : - **Rapport vaginal insertif** (le patient était partenaire actif) avec **rupture de préservatif** après quelques minutes de rapport, non aperçue immédiatement - **Ejaculation intra-vaginale** confirmée - **Muqueuse pénienne** : légères éraflures du frein signalées à la douche du lendemain, pas de saignement franc - Partenaire rencontrée en boîte de nuit, retour au domicile du patient, partie tôt le matin sans laisser de coordonnées ni numéro de téléphone - **Éléments rapportés** par la partenaire pendant la nuit : « traitement médical il y a 2 ans » (nature non précisée), « ancien usage de drogues qu'elle a arrêté » (nature non précisée, mais possibilité d'usage IV évoquée par le patient devant des cicatrices multiples des avant-bras) - **Statut VIH inconnu** de la partenaire, pas de moyen actuel de la contacter

**Antécédents et statut actuel du patient consultant** : - **Homme hétérosexuel**, célibataire depuis 8 mois (précédente relation stable de 3 ans avec bilan de couple négatif), 2 partenaires occasionnelles depuis - **Statut VIH** : dernière sérologie **négative il y a 6 mois** (bilan de rupture, tous marqueurs négatifs) - **Non-fumeur** modéré (10 paquets-année), consommation d'alcool sociale (soirées week-end), **pas d'usage personnel de drogues** déclaré, pas d'usage IV - **Vaccinations** : DTP à jour, **vaccination hépatite B à l'adolescence** (schéma complet il y a 15 ans, **statut sérologique post-vaccinal non contrôlé depuis**), **non vacciné contre l'hépatite A** ni contre le HPV - Antécédents : pas d'IST connue, pas de traitement chronique, pas de PrEP - **Anxiété majeure** : peur du diagnostic, culpabilité vis-à-vis de sa précédente compagne (avec qui il envisageait de reprendre contact), demande initiale confuse

**Signes physiques d'anxiété** : légers tremblements des mains, transpiration, TA 135/82 mmHg (habituelle 122/76), FC 88/min, mais examen général normal, pas de fièvre ni signe d'infection aiguë.

À l'arrivée : TA 135/82 mmHg, FC 88/min, FR 16/min, SpO₂ 99 % en air ambiant, T 36,6 °C, GCS 15.

**Bilan biologique en urgence (prélevé pour statut de départ après consentement éclairé)** : - **Sérologie VIH-1/2 (test rapide 4ᵉ génération)** : **négative** — statut initial documenté - **Sérologie hépatite B** : Ag HBs négatif, **Ac anti-HBs 8 UI/L** (**immunité vaccinale insuffisante** — seuil protecteur > 10 UI/L), Ac anti-HBc négatif - **Sérologie hépatite C** : Ac anti-VHC négatif - **Sérologie syphilis (TPHA/VDRL)** : en cours - **PCR gonocoque et chlamydia (urinaire, oral)** : en cours - NFS, ionogramme, créatinine (92 µmol/L, clairance normale à 108 mL/min), bilan hépatique normal - **β-HCG du patient** : sans objet (homme)

**Estimation temporelle précise** : rapport à H-20. **Fenêtre thérapeutique de 72h ouverte** (52h restants). **Fenêtre optimale de 4h dépassée** (idéalement TPE < 4h post-exposition).

Poids déclaré 78 kg.

Un confrère plus ancien vous dit en aparté : « C'est un rapport hétérosexuel insertif, c'est le risque le plus bas de tous. On peut lui expliquer et le renvoyer sans TPE, ça évitera 28 jours d'antirétroviraux inutiles. »

Quelle est votre conduite immédiate ?

A

Prescrire une prophylaxie orale simple par cotrimoxazole en attente d'un avis spécialisé, protocole adapté aux expositions à faible risque de type hétérosexuel occasionnel

B

Reconnaître une **exposition sexuelle avec facteurs contextuels à risque** dans la fenêtre thérapeutique, accueillir sans jugement, débuter l'évaluation systématique et le TPE dans l'heure

C

Renvoyer le patient sans TPE compte tenu du risque per-acte le plus bas (rapport vaginal insertif 4/10 000), les 28 jours d'antirétroviraux étant disproportionnés

D

Attendre le résultat définitif de la sérologie VIH du partenaire source avant toute décision thérapeutique, seule information objectivant réellement le risque de contamination

E

Adresser le patient à un centre spécialisé dans 48h après réflexion personnelle sur les risques réels, la démarche relevant d'une consultation programmée avec un référent

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Bonne réponse

B. Reconnaître une **exposition sexuelle avec facteurs contextuels à risque** dans la fenêtre thérapeutique, accueillir sans jugement, débuter l'évaluation systématique et le TPE dans l'heure

Explication pédagogique

Le tableau clinique associe une **exposition sexuelle** avec **contexte à risque** : (1) **rapport vaginal insertif** avec ejaculation et **rupture de préservatif** — risque per-acte **le plus bas** de la stratification (4/10 000 selon CDC 2018) MAIS ; (2) **facteurs contextuels majorants** — **antécédent d'usage de drogues** évoqué par la partenaire (usage IV possible devant les cicatrices), **statut VIH inconnu**, **impossibilité de contacter** la source, **éraflures péniennes** (microlésion favorisant la transmission) ; (3) **fenêtre thérapeutique de 72h ouverte** (20h post-exposition) ; (4) **patient candidat au TPE**, immunocompétent, capacité de consentement. La conduite associe : (1) accueil sans jugement, information éclairée ; (2) **prélèvement du statut de départ VIH** (test rapide 4ᵉ génération), sérologies hépatites B/C, syphilis, PCR IST, créatinine, bilan hépatique ; (3) **initiation du TPE dans l'heure** — trithérapie 28 jours (Biktarvy ou Truvada/Descovy + dolutégravir) ; (4) **prophylaxie IST** associée ; (5) **rappel HBV** (anti-HBs à 8, immunité insuffisante) ; (6) **soutien psychologique** ; (7) orientation CeGIDD à J+2 pour poursuite. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 9

Décision 9

Information clinique

L'infirmier vous demande de justifier formellement l'indication du TPE devant le risque per-acte le plus bas de la stratification.

Comment justifiez-vous l'indication du TPE malgré un risque per-acte faible ?

A

Le risque per-acte suffit à décider seul : rapport vaginal insertif 4/10 000 = risque faible, indication du TPE non retenue selon les recommandations actuelles

B

**Décision fondée sur l'association du risque per-acte** (RVI 4/10 000) **et des facteurs contextuels majorants** : partenaire à statut inconnu avec usage IV possible, éraflures

C

Le TPE est indiqué en systématique dans toute exposition sexuelle non protégée, indépendamment du type de rapport ou du statut du partenaire

D

Seule la certitude du statut VIH positif du partenaire justifie le TPE, aucune indication chez un partenaire à statut inconnu même avec facteurs de risque

E

La décision est purement dépendante du choix personnel du patient, sans stratification médicale objectivable, l'urgentiste devant respecter la décision autonome du patient

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Bonne réponse

B. **Décision fondée sur l'association du risque per-acte** (RVI 4/10 000) **et des facteurs contextuels majorants** : partenaire à statut inconnu avec usage IV possible, éraflures

Explication pédagogique

La décision de TPE **repose sur l'association du risque per-acte et des facteurs contextuels** (Morlat 2020, CDC 2021, BHIVA 2021) : (1) **Risque per-acte** — stratification CDC 2018 : rapport anal réceptif 138/10 000 (le plus élevé), rapport anal insertif 11/10 000, rapport vaginal réceptif 8/10 000, **rapport vaginal insertif 4/10 000 (le plus bas)**, fellation ~1/10 000 ; (2) **Facteurs contextuels majorants** — statut VIH du partenaire (haut si primo-infection, IST associée, charge virale détectable), **antécédent d'usage IV** de drogues (population à prévalence VIH accrue), IST récente ou évolutive, plaies/ulcérations muqueuses, saignements pendant le rapport, présence de sperme (ejaculation), lésions cutanées péniennes (comme les éraflures du frein ici) ; (3) **Facteurs minorants** — utilisation de préservatif efficace, charge virale de source indétectable stable (« U=U » pour le sexuel uniquement, essais PARTNER 1 et 2), PrEP en cours de la source ; (4) **Chez ce patient** : risque per-acte le plus bas MAIS partenaire à statut inconnu avec **antécédent d'usage IV possible** (marqueur épidémiologique majeur) + **rupture de préservatif** + **éraflures péniennes** — l'association justifie le TPE. La **décision se prend cas par cas**, sur l'estimation globale du risque, non sur un chiffre isolé. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 10

Décision 10

Information clinique

Un confrère plus ancien vous propose : « Attendons les résultats du bilan complet (VIH, hépatites, syphilis, IST, créatinine) avant de commencer, ça évitera un traitement mal indiqué. »

Quelle est votre chronologie du bilan et du traitement ?

A

Repousser toute décision à un second passage aux urgences après avis téléphonique du référent VIH de garde, seul décideur légitime en pratique institutionnelle

B

**Débuter le TPE immédiatement** après consentement et prélèvement du statut de départ VIH, sans attendre les autres résultats — la fenêtre thérapeutique de 72h prime

C

Prescrire uniquement les prophylaxies IST (ceftriaxone + doxycycline) en attendant l'avis du référent VIH pour la décision d'introduction du TPE ARV

D

Débuter le TPE à demi-dose en attendant la clairance de la créatinine, pour éviter un risque de toxicité rénale liée au ténofovir

E

Attendre tous les résultats du bilan (sérologies + PCR IST + créatinine + bilan hépatique) avant toute prescription, pour éviter un traitement mal indiqué

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Bonne réponse

B. **Débuter le TPE immédiatement** après consentement et prélèvement du statut de départ VIH, sans attendre les autres résultats — la fenêtre thérapeutique de 72h prime

Explication pédagogique

La chronologie du bilan et du TPE suit une **règle temporelle stricte** (Morlat 2020, CDC 2021) : (1) **Fenêtre thérapeutique** — **maximum 72 heures**, **idéalement < 4 heures** ; efficacité décroissante après 24h ; au-delà de 72h, TPE non recommandé ; (2) **Prélèvement du statut de départ VIH** systématique — test rapide 4ᵉ génération, disponible immédiatement, avant l'initiation du TPE ; (3) **Bilan complémentaire** en parallèle **sans retarder** le TPE : sérologies HBV/HCV, syphilis, PCR IST, créatinine, bilan hépatique — utiles au **suivi** et à la **prise en charge des IST associées** ; (4) **Créatinine** : le ténofovir peut être néphrotoxique mais les doses standards sont sûres chez un patient à fonction rénale normale ; en cas d'IRC, adaptation ou choix alternatif — **ne retarde pas l'initiation** ; (5) **Bilan hépatique** : pertinent pour le suivi mais **ne conditionne pas** l'initiation. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 11

Décision 11

Information clinique

Un confrère plus ancien vous propose : « Tu peux mettre du Truvada avec du Kaletra, c'est le protocole classique. »

Quel protocole ARV prescrivez-vous ?

A

Prophylaxie par une seule prise unique de rilpivirine à longue durée d'action, permettant d'éviter les contraintes d'observance quotidienne pendant 28 jours consécutifs

B

**Protocole actuel** : **Truvada® ou Descovy®** + **dolutégravir (Tivicay®) pendant 28 jours** OU **Biktarvy®** (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) — simplifié, meilleure observance

C

Ténofovir en monothérapie orale pendant 28 jours, molécule majeure de l'antirétroviral avec bon profil de tolérance et efficacité prophylactique bien documentée

D

Truvada (ténofovir disoproxil/emtricitabine) + Kaletra (lopinavir/ritonavir) pendant 28 jours, protocole historique avec longue expérience validée et grande disponibilité en pharmacie

E

Trithérapie IV (ténofovir + emtricitabine + darunavir/ritonavir) pendant 4 semaines, forme intraveineuse à privilégier pour biodisponibilité optimale et observance

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Bonne réponse

B. **Protocole actuel** : **Truvada® ou Descovy®** + **dolutégravir (Tivicay®) pendant 28 jours** OU **Biktarvy®** (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) — simplifié, meilleure observance

Explication pédagogique

Le **protocole actuel** du TPE (Morlat 2020, CDC 2021, BHIVA 2021) est une **trithérapie 28 jours** avec excellente tolérance : (1) **Options recommandées** : (a) **Truvada® (ténofovir disoproxil 245 mg/emtricitabine 200 mg, 1 cp/j)** + **dolutégravir (Tivicay®, 50 mg/j)** — combinaison de référence, bien tolérée ; (b) **Descovy® (TAF 25/FTC 200, 1 cp/j)** + dolutégravir — meilleur profil rénal et osseux ; (c) **Biktarvy® (bictégravir 50/FTC 200/TAF 25, 1 cp/j en un comprimé unique)** — simplicité maximale pour l'observance ; (2) **Durée** : **28 jours** stricts ; (3) **Suivi** : consultation à J+2, J+15, fin de traitement ; W6 et W12 pour suivi sérologique ; (4) Effets secondaires possibles : nausées, céphalées, insomnie (dolutégravir/bictégravir), rare hépatite. **Le protocole Truvada + Kaletra est obsolète** (moins bien toléré, plus d'effets secondaires digestifs, observance médiocre). La monothérapie est proscrite (inefficace). Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 12

Décision 12

Information clinique

L'infectiologue au téléphone vous demande de valider les mesures associées, avec attention particulière au statut vaccinal HBV du patient (anti-HBs à 8, immunité insuffisante).

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont indiquées ?

A

**Prophylaxie IST empirique** par **ceftriaxone 500 mg IM** (gonocoque) + **doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours** (chlamydia), en attendant les résultats des PCR

B

**Rappel vaccinal hépatite B** immédiat aux urgences (anti-HBs 8 UI/L = immunité insuffisante), discussion des Ig anti-HBs si source retrouvée Ag HBs positive (HAS 2019)

C

**Contraception d'urgence** de la partenaire à évoquer avec le patient (non applicable au patient), à conseiller si contact ultérieur possible dans les 5 jours

D

Prescription systématique de valaciclovir 500 mg × 2/j × 7 jours en prévention de l'herpès génital, IST fréquente et co-facteur documenté de transmission VIH sexuelle

E

Prescription systématique de contraception d'urgence par ulipristal acétate 30 mg au patient lui-même, dans les 5 jours suivant tout rapport sexuel à risque VIH

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Bonne réponse

A. **Prophylaxie IST empirique** par **ceftriaxone 500 mg IM** (gonocoque) + **doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours** (chlamydia), en attendant les résultats des PCR B. **Rappel vaccinal hépatite B** immédiat aux urgences (anti-HBs 8 UI/L = immunité insuffisante), discussion des Ig anti-HBs si source retrouvée Ag HBs positive (HAS 2019) C. **Contraception d'urgence** de la partenaire à évoquer avec le patient (non applicable au patient), à conseiller si contact ultérieur possible dans les 5 jours

Explication pédagogique

Les mesures associées associent (Morlat 2020, HAS 2019, CDC 2021) : (1) **Prophylaxie IST empirique** — **ceftriaxone 500 mg IM en dose unique** (gonocoque, y compris souches multi-résistantes) + **doxycycline 100 mg × 2/j pendant 7 jours** (chlamydia, mycoplasme) ; adaptation aux résultats des PCR (urinaire, orale) ; en cas de PCR positive, prolongation ou changement selon germe et antibiogramme ; (2) **Rappel vaccinal hépatite B** — chez ce patient avec **anti-HBs à 8 UI/L** (< 10 = **immunité insuffisante**), **rappel vaccinal immédiat aux urgences** (dose 1 ce jour, puis M1 et M6 pour schéma complet à 3 doses), avec **discussion des Ig anti-HBs** (500 UI IM en dose unique) **si la source est identifiée ultérieurement Ag HBs positive** (HAS 2019 conduite post-exposition HBV) ; contrôle des anti-HBs à distance ; (3) **Contraception d'urgence de la partenaire** — à **évoquer avec le patient** (non applicable au patient consultant homme) — si le patient garde un moyen de contacter la partenaire, lui conseiller de l'informer de la nécessité de discuter d'une contraception d'urgence (ulipristal acétate 30 mg dans les 5 jours) et éventuellement d'un TPE si elle-même à risque ; démarche éthique de responsabilité partagée. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 13

Décision 13

Information clinique

Le patient est rassuré, accepte le TPE, comprend l'importance du suivi. Il vous demande spontanément : « Si je peux avoir d'autres rapports à risque plus tard, y a-t-il quelque chose pour me protéger à l'avance ? »

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

A

**Surveillance de la tolérance** du TPE : consultation à J+2 (réévaluation), J+15 (créatinine, bilan hépatique), fin de traitement — dépister effets secondaires et observance

B

**PrEP peut être discutée en contexte hétérosexuel** : indications spécifiques (partenaires multiples, partenaire à haut risque, chemsex, exposition récurrente) — orientation CeGIDD pour évaluation

C

Aucun suivi n'est nécessaire après la fin des 28 jours de TPE, la sérologie du statut de départ étant suffisante pour affirmer l'absence de contamination

D

**PrEP indiquée uniquement chez les HSH**, sans jamais d'indication chez le patient hétérosexuel même en cas de comportements à risque ou partenaires à haut risque

E

**Suivi sérologique** structuré : VIH (test 4G) à **W6 et W12**, hépatites B/C à W6-W12, syphilis à W6-W12, PCR IST de contrôle si positives

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Bonne réponse

A. **Surveillance de la tolérance** du TPE : consultation à J+2 (réévaluation), J+15 (créatinine, bilan hépatique), fin de traitement — dépister effets secondaires et observance B. **PrEP peut être discutée en contexte hétérosexuel** : indications spécifiques (partenaires multiples, partenaire à haut risque, chemsex, exposition récurrente) — orientation CeGIDD pour évaluation E. **Suivi sérologique** structuré : VIH (test 4G) à **W6 et W12**, hépatites B/C à W6-W12, syphilis à W6-W12, PCR IST de contrôle si positives

Explication pédagogique

Le suivi et la prévention future associent (Morlat 2020, CDC 2021, BHIVA 2021) : (1) **Suivi sérologique structuré** — **sérologie VIH (test 4ᵉ génération)** à **W6 et W12** post-exposition (test 4G détecte l'antigène p24, sensibilité à 21-28j, sérologie complète à W12 clôturant définitivement l'exposition) ; **sérologies hépatites B/C** à W6 et W12 ; **syphilis (TPHA/VDRL)** à W6 et W12 ; **PCR IST de contrôle** à 3-4 semaines si positives initialement ; (2) **PrEP en contexte hétérosexuel** — les indications sont **plus rares qu'en contexte HSH** mais existent selon Morlat 2020 : **hétérosexuel avec partenaires multiples non protégés**, **partenaire à haut risque** (usage IV, séropositivité VIH mal équilibrée, IST récidivantes), **chemsex** hétérosexuel, **exposition récurrente** à risque, **origine géographique à haute prévalence** ; protocole : **Truvada quotidien** (schéma le plus étudié en hétérosexuel) — le schéma « à la demande » 2+1+1 est validé principalement chez les HSH (Ipergay/Molina 2015) ; orientation vers un **CeGIDD** pour évaluation structurée ; (3) **Surveillance de la tolérance** du TPE — consultation à **J+2** (réévaluation clinique, adaptation, éducation), **J+15** (contrôle créatinine, bilan hépatique, effets secondaires), **J+28** (fin de traitement). Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 14

Décision 14

Information clinique

Vous préparez le courrier de transmission au médecin référent VIH du CeGIDD pour le rendez-vous programmé à J+2.

Quelle transmission adressez-vous ?

A

« TPE VIH hétérosexuel un lundi matin, à toi de suivre »

B

« Homme hétérosexuel 32 ans, célibataire, exposition sexuelle avec facteurs contextuels à risque il y a 20 heures : rapport vaginal insertif avec rupture de préservatif, partenaire féminine à statut VIH inconnu avec antécédent d'usage de drogues possiblement IV (cicatrices d'avant-bras) et injoignable. Éraflures péniennes du frein constatées. Antécédents : célibataire depuis 8 mois, 2 partenaires occasionnelles récentes, VIH négatif il y a 6 mois, vacciné HBV il y a 15 ans, non vacciné HAV/HPV, pas de PrEP jamais discutée. Statut de départ à 8 h 00 lundi : VIH-1/2 test rapide 4G négatif, Ag HBs négatif avec anti-HBs 8 UI/L (immunité insuffisante), VHC négatif, syphilis TPHA/VDRL en cours, PCR IST en cours, créatinine 92 (normale), bilan hépatique normal. Consentement recueilli sans réserve. Bundle démarré à 8 h 15 : TPE ARV immédiat par Biktarvy (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) pendant 28 jours (première prise faite avant la sortie à 9 h 30), prophylaxies IST par ceftriaxone 500 mg IM administrée + doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours (ordonnance), rappel HBV immédiat aux urgences (dose 1 administrée, calendrier M1-M6 remis), discussion et acceptation de principe de la vaccination HAV et HPV à programmer avec vous, discussion de la contraception d'urgence pour la partenaire (patient conseillé de l'informer si contact ultérieur), soutien psychologique et documents d'information remis. Je vous l'adresse pour poursuite du TPE avec surveillance de la tolérance et de l'observance, complément vaccinal HBV/HAV/HPV, sérologies de contrôle à W6 et W12 (VIH 4G, VHB avec anti-HBs post-rappel, VHC, syphilis), PCR IST de contrôle si positives initialement, et **discussion structurée de la PrEP** compte tenu du contexte de célibat récent avec partenaires occasionnelles multiples. Points d'anticipation : intolérance ou mauvaise observance du TPE, résultats des PCR IST à adapter, éventuelle discussion des Ig anti-HBs si source ultérieurement retrouvée Ag HBs positive, séroconversion à surveiller à W6-W12, prévention secondaire par PrEP à instaurer avant la fin du TPE, réponse au rappel HBV à contrôler à distance. »

C

Contact uniquement téléphonique sans support écrit, la traçabilité du dossier étant assurée par le CeGIDD à distance

D

Attendre 30 jours avant tout contact avec le CeGIDD, la fin du TPE marquant l'entrée dans le suivi structuré

E

Envoi direct sans transmission structurée, le patient présentera son ordonnance

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Bonne réponse

B. « Homme hétérosexuel 32 ans, célibataire, exposition sexuelle avec facteurs contextuels à risque il y a 20 heures : rapport vaginal insertif avec rupture de préservatif, partenaire féminine à statut VIH inconnu avec antécédent d'usage de drogues possiblement IV (cicatrices d'avant-bras) et injoignable. Éraflures péniennes du frein constatées. Antécédents : célibataire depuis 8 mois, 2 partenaires occasionnelles récentes, VIH négatif il y a 6 mois, vacciné HBV il y a 15 ans, non vacciné HAV/HPV, pas de PrEP jamais discutée. Statut de départ à 8 h 00 lundi : VIH-1/2 test rapide 4G négatif, Ag HBs négatif avec anti-HBs 8 UI/L (immunité insuffisante), VHC négatif, syphilis TPHA/VDRL en cours, PCR IST en cours, créatinine 92 (normale), bilan hépatique normal. Consentement recueilli sans réserve. Bundle démarré à 8 h 15 : TPE ARV immédiat par Biktarvy (bictégravir/emtricitabine/TAF, 1 cp/j) pendant 28 jours (première prise faite avant la sortie à 9 h 30), prophylaxies IST par ceftriaxone 500 mg IM administrée + doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours (ordonnance), rappel HBV immédiat aux urgences (dose 1 administrée, calendrier M1-M6 remis), discussion et acceptation de principe de la vaccination HAV et HPV à programmer avec vous, discussion de la contraception d'urgence pour la partenaire (patient conseillé de l'informer si contact ultérieur), soutien psychologique et documents d'information remis. Je vous l'adresse pour poursuite du TPE avec surveillance de la tolérance et de l'observance, complément vaccinal HBV/HAV/HPV, sérologies de contrôle à W6 et W12 (VIH 4G, VHB avec anti-HBs post-rappel, VHC, syphilis), PCR IST de contrôle si positives initialement, et **discussion structurée de la PrEP** compte tenu du contexte de célibat récent avec partenaires occasionnelles multiples. Points d'anticipation : intolérance ou mauvaise observance du TPE, résultats des PCR IST à adapter, éventuelle discussion des Ig anti-HBs si source ultérieurement retrouvée Ag HBs positive, séroconversion à surveiller à W6-W12, prévention secondaire par PrEP à instaurer avant la fin du TPE, réponse au rappel HBV à contrôler à distance. »

Explication pédagogique

La transmission structurée d'un TPE VIH post-exposition sexuelle hétérosexuelle comprend : le contexte de l'exposition (type d'acte, timing, facteurs contextuels à risque de la source), les antécédents et le statut infectieux et vaccinal du patient (avec identification de l'immunité HBV insuffisante), le bundle thérapeutique administré (TPE ARV, prophylaxies IST, rappel HBV, discussion contraception partenaire, soutien), les éléments d'anticipation (adaptation aux résultats, réponse vaccinale, discussion Ig anti-HBs si source retrouvée), et la **prévention secondaire par PrEP** — élément clé pour la santé à long terme.

Débriefing finalAfficher le débriefing

Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.

Objectifs pédagogiques

  • Reconnaître un **accident d'exposition au sang (AES) professionnel** par **projection oculo-muqueuse** — bien que le risque de transmission soit inférieur à celui d'une piqûre percutanée profonde, il **existe et justifie une évaluation urgente** (risque VIH ~1/1000 pour projection sur muqueuse vs 3/1000 pour piqûre profonde à sang, source VIH+ CV détectable).

  • Effectuer les **gestes locaux immédiats corrects** : **rinçage abondant et prolongé** (au moins **5-10 minutes**) au sérum physiologique (ou eau pour la peau) — **pas d'antiseptique fort** sur les muqueuses (risque lésionnel), **surtout pas d'alcool 90°** ni de Dakin dilué en projection muqueuse.

  • Évaluer le **risque de la source** : chez ce patient à **statut VIH inconnu** mais avec **facteurs contextuels majorants** (cicatrices d'usage IV, dénutrition, adénopathies cervicales évocatrices), le risque est **élevé** — le TPE se justifie.

  • Respecter la **fenêtre thérapeutique de 72h** (idéalement **< 4h**) — **ne jamais attendre l'avis du référent VIH** pour initier le TPE au-delà de 1 heure ; le protocole institutionnel autorise l'urgentiste ou le médecin du travail de garde à débuter.

  • Prescrire le **protocole ARV actuel** : trithérapie 28 jours — **Truvada® ou Descovy® + dolutégravir (Tivicay®)** OU **Biktarvy®** (1 comprimé/j) — identique aux autres contextes de TPE.

  • **Ne pas oublier le rappel hépatite B** chez ce jeune médecin dont l'immunité vaccinale n'a jamais été contrôlée (anti-HBs < 10 UI/L) — **rappel vaccinal immédiat aux urgences** + **Ig anti-HBs 500 UI IM** si la source est ultérieurement retrouvée Ag HBs positive (HAS 2019).

  • Assurer les **démarches administratives** : **déclaration d'accident du travail dans les 48h** (obligatoire), certificat médical initial, prescription par médecin du travail, information du CLIN, traçabilité du suivi.

  • Structurer une transmission au médecin du travail référent et coordonner le suivi.

  • Reconnaître une **exposition sexuelle hétérosexuelle** avec **risque per-acte le plus bas** (rapport vaginal insertif : **4/10 000** selon CDC 2018) mais **facteurs contextuels majorants** (antécédent possible d'usage IV chez la partenaire, statut VIH inconnu, éraflures muqueuses) — indication du TPE selon **jugement clinique global**.

  • Ne pas sous-évaluer le risque au seul argument du chiffre per-acte bas — la décision se prend sur l'**association du risque per-acte et des facteurs contextuels** (statut source, IST, saignements, primo-infection possible).

  • Respecter la **fenêtre thérapeutique de 72 heures** (idéalement **< 4 heures**), initier le TPE dans l'heure après consentement, sans attendre les résultats complets du bilan.

  • Prescrire le **protocole ARV actuel** : trithérapie 28 jours par **Biktarvy®** (1 cp/j) OU Truvada/Descovy + dolutégravir — identique à l'exposition HSH.

  • **Ne pas oublier le rappel hépatite B** chez ce patient dont l'immunité vaccinale ancienne est **insuffisante (anti-HBs 8 UI/L)** — rappel vaccinal immédiat aux urgences ± Ig anti-HBs si la source est identifiée séropositive HBV (HAS 2019).

  • Ne pas oublier de mentionner la **contraception d'urgence** pour la partenaire (non applicable au patient consultant) — élément de conseil global si contact ultérieur possible.

  • **Discuter la PrEP** même en contexte hétérosexuel — indications élargies (partenaires multiples, partenaire à haut risque, chemsex, exposition récurrente) — orientation vers un CeGIDD pour évaluation structurée.

  • Structurer une transmission au médecin référent VIH du CeGIDD et coordonner le suivi.

Points clés à retenirAfficher les points clés
  • L'**AES par projection oculo-muqueuse** est un accident professionnel exposant à un **risque de transmission VIH ~1/1000 à 1/10 000** — inférieur à la piqûre percutanée profonde (3/1000) mais **non négligeable**, justifie évaluation urgente et TPE selon le risque global.

  • Les **gestes locaux immédiats corrects** : **rinçage abondant et prolongé** (≥ 5-10 minutes) au **sérum physiologique** (œil, bouche) et à l'eau puis savon + Bétadine dermique (peau saine). **Jamais d'alcool ni antiseptique fort sur les muqueuses**. **Ne pas presser** ni faire saigner davantage.

  • **Évaluer le risque de la source** : source connue (statut VIH, CV, traitement) OU source à statut inconnu avec **facteurs contextuels majorants** (usage IV, populations à haute prévalence, primo-infection possible). **Débuter le TPE sur estimation du risque**, adapter aux résultats.

  • Respecter la **fenêtre thérapeutique de 72h** (idéalement **< 4h**) — **ne jamais attendre l'avis du référent VIH** au-delà d'une heure ; l'urgentiste ou le médecin de garde est compétent et légitime pour débuter selon le protocole institutionnel.

  • Le **protocole ARV actuel** est identique : **trithérapie 28 jours** — **Biktarvy®** (1 cp/j) OU **Truvada®/Descovy®** + **dolutégravir**. Le protocole Truvada + Kaletra est **obsolète**. La monothérapie est proscrite.

  • **Vérifier le statut vaccinal HBV** systématiquement (anti-HBs) : **anti-HBs < 10 UI/L = immunité insuffisante** → **rappel vaccinal immédiat aux urgences** (M0-M1-M6) ± **Ig anti-HBs 500 UI IM** si source ultérieurement Ag HBs positive (HAS 2019). Contrôle des anti-HBs à distance.

  • **Démarches administratives** : **déclaration d'accident du travail obligatoire dans les 48h** avec certificat médical initial descriptif. **Soutien psychologique** sans culpabilisation. **Prévention institutionnelle** par REX au CLIN (disponibilité des lunettes de protection, formation, ergonomie, culture de sécurité). Suivi sérologique à W6 et W12.

  • Le **TPE VIH post-exposition sexuelle hétérosexuelle** est indiqué dans la **fenêtre de 72 heures** (idéalement < 4 heures), sur la base de l'**association du risque per-acte ET des facteurs contextuels** — jamais sur le seul chiffre per-acte.

  • La **stratification du risque per-acte** hétérosexuel : rapport vaginal réceptif 8/10 000, **rapport vaginal insertif 4/10 000 (le plus bas)**. **Facteurs contextuels majorants** : statut source (usage IV, populations à haute prévalence, primo-infection, IST associée, charge virale détectable), plaies/ulcérations, saignements pendant le rapport, éraflures muqueuses.

  • Le **protocole ARV actuel** est identique aux autres contextes : **trithérapie 28 jours** — **Biktarvy®** (1 cp/j) OU **Truvada®/Descovy®** + **dolutégravir**. Le protocole Truvada + Kaletra est **obsolète**. La monothérapie est proscrite.

  • **Vérifier le statut vaccinal HBV** systématiquement (souvent ancien) : **anti-HBs < 10 = immunité insuffisante** → **rappel vaccinal immédiat aux urgences** (dose 1 ce jour, M1, M6) ± **Ig anti-HBs** si source ultérieurement retrouvée Ag HBs positive (HAS 2019).

  • Les **prophylaxies IST associées** : **ceftriaxone 500 mg IM** (gonocoque) + **doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours** (chlamydia). Discussion des **vaccinations HAV et HPV** en fonction du terrain. **Contraception d'urgence** à **évoquer pour la partenaire** (non applicable au patient consultant homme) si contact ultérieur possible.

  • Le **suivi sérologique** structuré : sérologie VIH (test 4ᵉ génération) à **W6 et W12**, sérologies hépatites B/C et syphilis à W6 et W12. Consultation à J+2, J+15, J+28 pour la tolérance et l'observance du TPE.

  • La **PrEP en contexte hétérosexuel** est **possible** mais avec indications plus ciblées : partenaires multiples, partenaire à haut risque, chemsex hétérosexuel, exposition récurrente, origine géographique à haute prévalence. Protocole : **Truvada quotidien** en 1ère intention (le schéma « à la demande » est validé principalement chez les HSH). Orientation systématique vers un CeGIDD.