Contenu pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior. Lire l’avertissement médical.

Reflexes Urgences

Cas clinique

Intoxication au Monoxyde de Carbone

Toxicologie

Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.

Présentation initiale

Il est 08h10 en garde d'hiver au Service des Urgences et Médecine de Catastrophe de l'Hôpital Militaire d'Instruction Mohammed V (HMIMV) à Rabat. Le SAMU amène plusieurs membres d'une même famille pour céphalées, nausées et malaise survenus au réveil, dans un contexte de chauffage domestique.

**Identité et contexte social.** M. Omar B., 45 ans, et sa famille (épouse et deux enfants, moins sévèrement atteints), résidant à Rabat. Amenés ce matin d'hiver après malaise collectif au domicile, dans un logement chauffé par un appareil à combustion (chauffe-eau/chauffage d'appoint ou brasero — contexte fréquent d'intoxication au CO au Maroc, surtout en hiver, par appareils défectueux ou mal ventilés).

**Antécédents.** M. Omar B. : pas d'antécédent chronique notable connu. Pas d'allergie connue.

**Histoire de la situation actuelle (recueil avec la famille).** - Ce matin au réveil (hiver, logement fermé et chauffé) : CÉPHALÉES chez plusieurs membres de la famille, NAUSÉES, sensation de MALAISE, vertiges, asthénie - Un enfant a vomi ; l'épouse s'est plainte de céphalées et de vertiges - M. Omar B. est le plus sévèrement atteint : céphalées intenses, confusion, un épisode de perte de connaissance brève rapporté - Contexte : intoxication COLLECTIVE (plusieurs personnes du même foyer symptomatiques simultanément — argument majeur pour une cause environnementale, notamment le CO), SAISONNIÈRE (hiver, chauffage), avec une source de combustion au domicile - Le SAMU a évacué la famille du logement et a débuté l'oxygène pendant le transport

**Reconnaissance et pièges diagnostiques.** - L'intoxication au monoxyde de carbone (CO) est fréquente, potentiellement grave, et son diagnostic est FACILE À MANQUER car les symptômes sont NON SPÉCIFIQUES (céphalées, nausées, vertiges, asthénie, malaise, confusion — souvent pris pour un « syndrome grippal », une gastro-entérite ou un malaise banal) - Les éléments d'orientation : CARACTÈRE COLLECTIF (plusieurs personnes atteintes), SAISONNIER (hiver), avec une SOURCE de combustion (chauffage, chauffe-eau, brasero, groupe électrogène, incendie), amélioration à l'éloignement de la source - Le CO se lie à l'hémoglobine (carboxyhémoglobine, HbCO) avec une affinité très supérieure à celle de l'oxygène, réduisant le transport et la libération de l'oxygène, et provoque une toxicité cellulaire (mitochondriale) : HYPOXIE TISSULAIRE, avec atteinte préférentielle des organes les plus consommateurs d'oxygène (CERVEAU, CŒUR)

**Examen clinique à l'arrivée (08h15) — M. Omar B. (patient le plus grave).**

**État général et neurologique.** Patient CONFUS, ralenti, céphalées intenses, nauséeux, avec notion de perte de connaissance brève. Recherche de signes neurologiques (confusion, troubles de la vigilance, déficit, convulsions) et cardiaques (douleur thoracique, signes d'ischémie).

**Constantes.** FR 20/min, **SpO2 98 % à l'oxymètre de pouls standard** (PIÈGE CARDINAL : l'oxymètre de pouls standard NE distingue PAS la carboxyhémoglobine de l'oxyhémoglobine et SURESTIME la saturation — une SpO2 « normale » n'élimine PAS l'intoxication au CO ni l'hypoxie tissulaire), FC 105/min, TA 135/85 mmHg, T 37,0 °C.

**Examen orienté.** - Neurologique : confusion, ralentissement, céphalées ; recherche de déficit focal, de convulsions, évaluation de la conscience (GCS) - Cardiovasculaire : recherche de douleur thoracique, de signes d'ischémie myocardique (le CO peut provoquer une ischémie/nécrose myocardique) — ECG et troponine à réaliser - Peau : la classique « coloration cochenille » (rouge cerise) est RARE et INCONSTANTE (ne pas s'y fier pour le diagnostic) - Recherche de signes de gravité

**Point cardinal (SpO2 trompeuse).** La SpO2 mesurée par l'oxymètre de pouls STANDARD est FAUSSEMENT RASSURANTE dans l'intoxication au CO (il ne distingue pas HbCO et HbO2). Le diagnostic repose sur le CONTEXTE + le DOSAGE de la CARBOXYHÉMOGLOBINE (HbCO) au gaz du sang (avec CO-oxymètre) ou par oxymètre de pouls spécifique (mesurant l'HbCO). Une SpO2 standard « normale » n'élimine JAMAIS l'intoxication.

**Signes de gravité de l'intoxication au CO.** - NEUROLOGIQUES : troubles de la conscience, perte de connaissance, convulsions, coma, déficit, confusion - CARDIAQUES : ischémie myocardique (douleur thoracique, anomalies ECG, élévation de la troponine), troubles du rythme, choc - Acidose métabolique (lactique), HbCO élevée - Terrain : femme ENCEINTE (le CO traverse le placenta, l'hémoglobine fœtale a une affinité élevée pour le CO — gravité fœtale), nourrisson, sujet âgé, coronarien

**Situation retenue à l'entrée.** Intoxication au monoxyde de carbone (CO) COLLECTIVE et SAISONNIÈRE (hiver, chauffage domestique), avec M. Omar B. le plus sévèrement atteint : signes NEUROLOGIQUES (confusion, perte de connaissance brève, céphalées), dans un contexte évocateur (intoxication collective, source de combustion). Le piège cardinal est la SpO2 faussement normale (98 %) à l'oxymètre standard. URGENCE : ÉVICTION de la source (faite par le SAMU), OXYGÉNOTHÉRAPIE NORMOBARE à HAUT DÉBIT (FiO2 100 %) débutée IMMÉDIATEMENT sur la suspicion clinique, dosage de la HbCO (gaz du sang avec CO-oxymètre), évaluation de la gravité (neurologique, cardiaque), et discussion de l'OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE selon les indications. Prise en charge de l'ensemble de la famille (intoxication collective) et signalement/prévention.

**Objectifs thérapeutiques.** 1. Reconnaître l'intoxication au CO malgré des symptômes non spécifiques, en s'appuyant sur le CONTEXTE (collectif, saisonnier, source de combustion) 2. Comprendre que la SpO2 à l'oxymètre de pouls STANDARD est FAUSSEMENT NORMALE (ne distingue pas HbCO et HbO2) : une SpO2 normale n'élimine PAS l'intoxication ; mesurer la HbCO (gaz du sang avec CO-oxymètre, ou oxymètre spécifique) 3. Débuter IMMÉDIATEMENT l'OXYGÉNOTHÉRAPIE NORMOBARE à HAUT DÉBIT (FiO2 100 %, masque à haute concentration) sur la suspicion clinique, SANS attendre le dosage (l'oxygène accélère l'élimination du CO) 4. Assurer l'ÉVICTION de la source (aération, évacuation) et la prise en charge de l'ensemble des personnes exposées (intoxication collective) 5. Évaluer la gravité : neurologique (conscience, perte de connaissance, convulsions, déficit), cardiaque (ECG, troponine — ischémie myocardique), acidose, HbCO 6. Connaître les INDICATIONS de l'OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE (perte de connaissance, coma, signes neurologiques, atteinte cardiaque, HbCO élevée, femme enceinte…) et organiser le transfert si indiquée 7. Prendre en compte les terrains à risque, notamment la FEMME ENCEINTE (gravité fœtale, indication large d'oxygénothérapie prolongée/hyperbare) 8. Anticiper le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE (séquelles neurologiques retardées après un intervalle libre) et organiser le suivi 9. Assurer la PRÉVENTION et le SIGNALEMENT (recherche et suppression de la source, entretien des appareils, ventilation, détecteurs de CO ; signalement au Centre Anti Poison / autorités selon les procédures) 10. Structurer une transmission complète et hiérarchisée selon le format SBAR

Étape 1

Décision 1

Information clinique

Une famille est amenée un matin d'hiver pour céphalées, nausées, vertiges et malaise collectif, dans un logement chauffé par un appareil à combustion. M. Omar B., le plus atteint, est confus avec notion de perte de connaissance. SpO2 98 % à l'oxymètre de pouls standard.

Chef, la saturation est à 98 %, on les rassure et on les renvoie à la maison ?

A

Attendre le dosage de la carboxyhémoglobine avant de débuter tout traitement, sans administrer d'oxygène en attendant le résultat

B

Conclure à un syndrome grippal ou une gastro-entérite et prescrire un traitement symptomatique sans envisager l'intoxication au CO

C

Rassurer et renvoyer la famille à domicile car la SpO2 est normale à 98 %, ce qui élimine toute hypoxie et toute intoxication au CO

D

Suspecter une intoxication au CO (contexte collectif, saisonnier, source de combustion) : la SpO2 standard est trompeuse ; oxygène 100 % immédiat, doser la HbCO

E

Débuter un traitement antibiotique et antipyrétique en 1ère intention car les céphalées et les nausées collectives évoquent une épidémie infectieuse

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

D. Suspecter une intoxication au CO (contexte collectif, saisonnier, source de combustion) : la SpO2 standard est trompeuse ; oxygène 100 % immédiat, doser la HbCO

Explication pédagogique

L'intoxication au CO doit être SUSPECTÉE sur le CONTEXTE, et l'OXYGÉNOTHÉRAPIE NORMOBARE à HAUT DÉBIT débutée IMMÉDIATEMENT, en sachant que la SpO2 à l'oxymètre STANDARD est FAUSSEMENT NORMALE (Rose ATS 2017, Hampson 2012, Weaver NEJM 2009).

**Suspecter l'intoxication au CO (contexte).** - Symptômes NON SPÉCIFIQUES (céphalées, nausées, vertiges, asthénie, malaise, confusion) faciles à attribuer à tort à un « syndrome grippal », une gastro-entérite ou un malaise banal - Éléments d'orientation cardinaux : caractère COLLECTIF (plusieurs personnes du foyer atteintes simultanément), SAISONNIER (hiver), avec une SOURCE de combustion (chauffage, chauffe-eau, brasero, groupe électrogène, incendie), amélioration à l'éloignement de la source

**Piège de la SpO2 standard.** - L'oxymètre de pouls STANDARD NE distingue PAS la carboxyhémoglobine (HbCO) de l'oxyhémoglobine : il SURESTIME la saturation. Une SpO2 « normale » (ici 98 %) N'ÉLIMINE PAS l'intoxication au CO ni l'hypoxie tissulaire - Le diagnostic repose sur le contexte + le DOSAGE de la HbCO (GA

Étape 2

Décision 2

Information clinique

À H+20 min, oxygène 100 % en cours pour toute la famille. M. Omar B. reste confus (notion de perte de connaissance). Il faut confirmer et évaluer la gravité.

OK, comment tu confirmes et tu évalues la gravité ?

A

Se fier uniquement à la SpO2 de l'oxymètre standard pour évaluer la gravité et la réponse au traitement, sans doser la carboxyhémoglobine

B

Réaliser uniquement un scanner cérébral en 1ère intention systématique chez tout patient, sans dosage ni évaluation cardiaque ni recherche de terrain

C

Considérer que l'intensité des symptômes et le taux de carboxyhémoglobine sont toujours parfaitement corrélés et suffisent seuls à tout décider

D

Doser la carboxyhémoglobine (gaz du sang avec CO-oxymètre), évaluer la gravité neurologique et cardiaque (ECG, troponine), rechercher une acidose et les terrains à risque

E

Ne réaliser aucun dosage ni évaluation, l'intoxication au CO ne comportant jamais d'atteinte neurologique ou cardiaque grave

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

D. Doser la carboxyhémoglobine (gaz du sang avec CO-oxymètre), évaluer la gravité neurologique et cardiaque (ECG, troponine), rechercher une acidose et les terrains à risque

Explication pédagogique

La confirmation et l'évaluation de la gravité de l'intoxication au CO reposent sur le dosage de la HbCO et l'évaluation neurologique et cardiaque (Rose 2017, Hampson 2012, Weaver 2009).

**Dosage de la carboxyhémoglobine (HbCO).** - GA

Étape 3

Décision 3

Information clinique

À H+40 min, intoxication au CO confirmée (HbCO élevée), M. Omar B. avec atteinte neurologique (confusion, perte de connaissance brève). Il faut préciser l'oxygénothérapie et les indications de l'hyperbare.

OK, quelle oxygénothérapie et quand discuter l'hyperbare ?

A

Traitement par un antidote spécifique intraveineux du CO en 1ère intention, l'oxygène n'ayant aucune place dans l'intoxication au CO

B

Aucune oxygénothérapie, l'intoxication au CO se résolvant toujours spontanément à l'air ambiant sans traitement

C

Arrêter l'oxygène dès que la SpO2 de l'oxymètre standard est à 100 %, car cela signifie que l'intoxication est résolue

D

Oxygénothérapie hyperbare systématique et exclusive pour tout patient exposé au CO, même asymptomatique, sans oxygène normobare préalable

E

Oxygène normobare 100 % poursuivi ; oxygénothérapie hyperbare à discuter selon les indications (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO élevée, femme enceinte)

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

E. Oxygène normobare 100 % poursuivi ; oxygénothérapie hyperbare à discuter selon les indications (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO élevée, femme enceinte)

Explication pédagogique

Le traitement de l'intoxication au CO repose sur l'OXYGÉNOTHÉRAPIE : normobare à haut débit en 1ère intention, et hyperbare selon des indications précises (Weaver NEJM 2002, Hampson 2012, Buckley Cochrane 2011, Rose 2017).

**Oxygénothérapie normobare (base du traitement).** - OXYGÈNE 100 % (masque à haute concentration, ou via le respirateur si intubé) débuté immédiatement et POURSUIVI - Accélère l'élimination du CO (demi-vie de l'HbCO ~60-90 min sous O2 100 % vs ~4-6 h en air ambiant) - Poursuivi jusqu'à la régression des symptômes et la baisse de la HbCO (durée guidée par la clinique et le taux), typiquement plusieurs heures - La durée est adaptée au terrain (prolongée chez la femme enceinte)

**Oxygénothérapie hyperbare (OHB) — indications à discuter.** - L'OHB augmente encore la vitesse d'élimination du CO (demi-vie ~20-30 min) et vise à réduire les séquelles neurologiques ; ses indications restent discutées mais elle est proposée dans les formes GRAVES : * PERTE DE CONNAISSANCE (même brève), COMA, troubles de la conscience * SIGNES NEUROLOGIQUES (déficit, convulsions, confusion persistante) * ATTEINTE CARDIAQUE (ischémie myocardique) * HbCO ÉLEVÉE (seuils selon les protocoles) * FEMME ENCEINTE (gravité fœtale — indication large) * Acidose métabolique sévère - La décision et le transfert vers un caisson hyperbare se font en concertation, sans retarder l'oxygène normobare ni la prise en charge des défaillances - L'OHB ne remplace PAS l'oxygène normobare immédiat : celui-ci est débuté sans délai, l'OHB étant discutée et organisée ensuite selon les indications et la disponibilité

**Chez notre patient** (perte de connaissance brève, atteinte neurologique), l'oxygène normobare 100 % est poursuivi et l'OHB est à discuter selon les indications (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO), en concertation. La grossesse éventuelle de l'épouse serait aussi une indication large d'OHB.

Étape 4

Décision 4

Information clinique

À H+2 h, patients sous oxygène, en cours de prise en charge. Vous formez l'interne sur les complications, les terrains à risque et la prévention de l'intoxication au CO.

Concernant les complications, le terrain et la prévention, lesquelles de ces propositions sont exactes ?

A

La SpO2 à l'oxymètre de pouls standard est toujours abaissée dans l'intoxication au CO et permet à elle seule le diagnostic et le suivi

B

L'intoxication au CO ne concerne jamais l'entourage et ne nécessite jamais de prise en charge collective ni de recherche de la source

C

La femme enceinte est un terrain à risque particulier (le CO traverse le placenta, forte affinité de l'hémoglobine fœtale) justifiant une prise en charge renforcée

D

La prévention repose sur l'entretien des appareils, la ventilation, la suppression de la source, les détecteurs de CO et le signalement/prise en charge collective

E

Le syndrome post-intervallaire (séquelles neurologiques/cognitives retardées après un intervalle libre) peut survenir et justifie une information et un suivi

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

C. La femme enceinte est un terrain à risque particulier (le CO traverse le placenta, forte affinité de l'hémoglobine fœtale) justifiant une prise en charge renforcée D. La prévention repose sur l'entretien des appareils, la ventilation, la suppression de la source, les détecteurs de CO et le signalement/prise en charge collective E. Le syndrome post-intervallaire (séquelles neurologiques/cognitives retardées après un intervalle libre) peut survenir et justifie une information et un suivi

Explication pédagogique

**A. Syndrome post-intervallaire.** Cardinal. Le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE (ou séquelles neurologiques retardées) désigne l'apparition, après un INTERVALLE LIBRE (jours à semaines suivant une apparente récupération), de troubles NEUROLOGIQUES et COGNITIFS (troubles de la mémoire, de la concentration, du comportement, syndrome parkinsonien, troubles de l'humeur, etc.). Il justifie une INFORMATION du patient et un SUIVI (le risque est plus élevé dans les formes graves, avec perte de connaissance). C'est un argument pour la prise en charge et le suivi.

**B. Femme enceinte.** Cardinal. La FEMME ENCEINTE est un terrain à risque PARTICULIER : le CO TRAVERSE le placenta et l'HÉMOGLOBINE FŒTALE a une AFFINITÉ ÉLEVÉE pour le CO (avec une élimination plus lente chez le fœtus), exposant le fœtus à une hypoxie grave. Cela justifie une prise en charge RENFORCÉE (oxygénothérapie prolongée, indication large d'oxygénothérapie hyperbare, surveillance fœtale, avis obstétrical).

**C. Prévention.** Cardinal. La PRÉVENTION est essentielle : ENTRETIEN des appareils à combustion (chaudières, chauffe-eau, chauffages), VENTILATION des locaux, SUPPRESSION/réparation de la SOURCE, installation de DÉTECTEURS de CO, éducation, et prise en charge COLLECTIVE (rechercher et traiter les autres personnes exposées) avec SIGNALEMENT (Centre Anti Poison, autorités selon les procédures). L'intoxication au CO est souvent COLLECTIVE et SAISONNIÈRE (hiver).

Étape 5

Décision 5

Information clinique

À H+3 h, patients sous oxygène, en cours de prise en charge. Vous formez l'équipe sur les points cardinaux de la prise en charge de l'intoxication au CO aux urgences.

Chef, parmi ces propositions sur l'intoxication au CO, lesquelles sont vraies ?

A

La SpO2 à l'oxymètre de pouls standard est faussement normale (ne distingue pas HbCO et HbO2) et n'élimine pas l'intoxication au CO

B

L'oxygénothérapie hyperbare a des indications précises (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO élevée, femme enceinte)

C

L'oxygène n'a aucune place dans le traitement de l'intoxication au CO, qui repose exclusivement sur un antidote intraveineux spécifique

D

L'oxygène normobare à haut débit (FiO2 100 %) est débuté immédiatement sur la suspicion clinique, sans attendre le dosage de la carboxyhémoglobine

E

Une SpO2 normale à l'oxymètre standard élimine formellement l'intoxication au CO et autorise le renvoi immédiat à domicile

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

A. La SpO2 à l'oxymètre de pouls standard est faussement normale (ne distingue pas HbCO et HbO2) et n'élimine pas l'intoxication au CO B. L'oxygénothérapie hyperbare a des indications précises (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO élevée, femme enceinte) D. L'oxygène normobare à haut débit (FiO2 100 %) est débuté immédiatement sur la suspicion clinique, sans attendre le dosage de la carboxyhémoglobine

Explication pédagogique

**A. SpO2 standard faussement normale.** Cardinal. La SpO2 à l'oxymètre de pouls STANDARD est FAUSSEMENT NORMALE dans l'intoxication au CO (il ne distingue pas la carboxyhémoglobine de l'oxyhémoglobine et surestime la saturation) : elle N'ÉLIMINE PAS l'intoxication. Le diagnostic repose sur le contexte et le dosage de la HbCO.

**B. Oxygène 100 % immédiat sans attendre le dosage.** Cardinal. L'OXYGÈNE NORMOBARE à HAUT DÉBIT (FiO2 100 %) est débuté IMMÉDIATEMENT sur la suspicion clinique, SANS attendre le dosage de la carboxyhémoglobine (il accélère l'élimination du CO). Le dosage est réalisé en parallèle.

**C. Indications de l'hyperbare.** Cardinal. L'OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE a des INDICATIONS précises (formes graves) : perte de connaissance, coma, signes neurologiques, atteinte cardiaque, HbCO élevée, femme enceinte, acidose sévère. Elle est discutée en concertation, sans retarder l'oxygène normobare.

Étape 6

Décision 6

Information clinique

À H+4 h, patients sous oxygène, en cours de prise en charge. Vous formez l'interne sur l'orientation, le suivi et la prévention de l'intoxication au CO.

Concernant l'orientation, le suivi et la prévention, lesquelles de ces propositions sont exactes ?

A

La prévention (suppression/réparation de la source, entretien, ventilation, détecteurs de CO) et le signalement (Centre Anti Poison/autorités) sont essentiels

B

Une fois les symptômes régressés, aucun suivi ni aucune prévention ni recherche de la source ne sont nécessaires

C

Il ne faut jamais rechercher ni traiter les autres personnes exposées, ni supprimer la source, l'intoxication étant strictement individuelle

D

L'orientation dépend de la gravité (réanimation/surveillance rapprochée si signes neurologiques ou cardiaques ; transfert en caisson hyperbare si indiqué) et du terrain

E

Le suivi (information sur le syndrome post-intervallaire, suivi neurologique/cognitif) et la prise en charge collective de l'entourage exposé sont nécessaires

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

A. La prévention (suppression/réparation de la source, entretien, ventilation, détecteurs de CO) et le signalement (Centre Anti Poison/autorités) sont essentiels D. L'orientation dépend de la gravité (réanimation/surveillance rapprochée si signes neurologiques ou cardiaques ; transfert en caisson hyperbare si indiqué) et du terrain E. Le suivi (information sur le syndrome post-intervallaire, suivi neurologique/cognitif) et la prise en charge collective de l'entourage exposé sont nécessaires

Explication pédagogique

**A. Orientation selon la gravité et le terrain.** Cardinal. L'ORIENTATION dépend de la GRAVITÉ : RÉANIMATION/surveillance rapprochée en cas de signes NEUROLOGIQUES (perte de connaissance, coma, convulsions) ou CARDIAQUES (ischémie), TRANSFERT en CAISSON HYPERBARE si indiqué, hospitalisation/surveillance selon les cas, et prise en compte du TERRAIN (femme enceinte, nourrisson, coronarien).

**B. Suivi et prise en charge collective.** Cardinal. Le SUIVI est nécessaire : INFORMATION sur le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE (séquelles neurologiques/cognitives retardées possibles), suivi neurologique/cognitif (surtout formes graves). La PRISE EN CHARGE COLLECTIVE de l'entourage exposé (rechercher et traiter tous les exposés) est cardinale.

**C. Prévention et signalement.** Cardinal. La PRÉVENTION (SUPPRESSION/réparation de la SOURCE, ENTRETIEN des appareils, VENTILATION, DÉTECTEURS de CO, éducation) et le SIGNALEMENT (Centre Anti Poison, autorités compétentes selon les procédures) sont essentiels pour éviter les récidives et protéger l'entourage/la collectivité.

Étape 7

Décision 7

Information clinique

À H+5 h, M. Omar B. sous oxygène, atteinte neurologique (perte de connaissance brève, confusion en régression), oxygénothérapie hyperbare discutée ; famille prise en charge collectivement. À transmettre pour la suite.

Tu prends la transmission. Quelle formulation retiens-tu ?

A

« J'ai une famille avec des maux de tête, on leur a mis de l'oxygène, à surveiller. »

B

Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, je te transmets pour la suite M. Omar B., 45 ans, et sa famille, pris en charge il y a 5 heures pour intoxication au monoxyde de carbone COLLECTIVE et saisonnière (hiver, chauffage domestique), M. Omar B. étant le plus atteint (atteinte neurologique). B (Background) : Malaise collectif au réveil (céphalées, nausées, vertiges) dans un logement chauffé par un appareil à combustion ; M. Omar B. : confusion et perte de connaissance brève ; épouse et deux enfants moins sévèrement atteints ; grossesse recherchée chez l'épouse (terrain à risque). A (Assessment) : À l'admission, SpO2 98 % à l'oxymètre de pouls STANDARD (FAUSSEMENT NORMALE — ne distingue pas HbCO et HbO2, piège cardinal), diagnostic suspecté sur le CONTEXTE (collectif, saisonnier, source de combustion). Éviction de la source (SAMU) et OXYGÈNE NORMOBARE 100 % au masque à haute concentration débuté IMMÉDIATEMENT sur la suspicion, sans attendre le dosage. Confirmation par dosage de la carboxyhémoglobine (gaz du sang avec CO-oxymètre : HbCO élevée). Évaluation de la gravité : neurologique (perte de connaissance brève, confusion), cardiaque (ECG et troponine), gaz du sang (acidose). Prise en charge COLLECTIVE de la famille (tous sous oxygène). R (Recommendation) : Poursuite de l'oxygène normobare 100 % (durée guidée par la clinique et la HbCO ; prolongée chez la femme enceinte si grossesse confirmée). OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE à discuter/organiser pour M. Omar B. selon les indications (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO ; indication large si grossesse chez l'épouse), en concertation, sans retarder l'oxygène normobare ni la prise en charge des défaillances. Surveillance neurologique et cardiaque. Information sur le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE et organisation du suivi neurologique/cognitif. Recherche et SUPPRESSION de la SOURCE, prévention (entretien des appareils, ventilation, détecteurs de CO), SIGNALEMENT (Centre Anti Poison/autorités). Prise en charge collective de tous les exposés. Information des patients et de la famille. »

C

« Intoxication au CO collective, oxygène normobare 100 % immédiat (SpO2 standard trompeuse), hyperbare à discuter, prise en charge collective, à poursuivre. »

D

« La famille a une intoxication au CO, on a mis de l'oxygène, il faut continuer. »

E

« Homme de 45 ans et sa famille avec intoxication au CO, à admettre pour la suite. »

Correction de l’étapeAfficher la réponse

Bonne réponse

B. Formulation SBAR complète : « S (Situation) : Docteur, je te transmets pour la suite M. Omar B., 45 ans, et sa famille, pris en charge il y a 5 heures pour intoxication au monoxyde de carbone COLLECTIVE et saisonnière (hiver, chauffage domestique), M. Omar B. étant le plus atteint (atteinte neurologique). B (Background) : Malaise collectif au réveil (céphalées, nausées, vertiges) dans un logement chauffé par un appareil à combustion ; M. Omar B. : confusion et perte de connaissance brève ; épouse et deux enfants moins sévèrement atteints ; grossesse recherchée chez l'épouse (terrain à risque). A (Assessment) : À l'admission, SpO2 98 % à l'oxymètre de pouls STANDARD (FAUSSEMENT NORMALE — ne distingue pas HbCO et HbO2, piège cardinal), diagnostic suspecté sur le CONTEXTE (collectif, saisonnier, source de combustion). Éviction de la source (SAMU) et OXYGÈNE NORMOBARE 100 % au masque à haute concentration débuté IMMÉDIATEMENT sur la suspicion, sans attendre le dosage. Confirmation par dosage de la carboxyhémoglobine (gaz du sang avec CO-oxymètre : HbCO élevée). Évaluation de la gravité : neurologique (perte de connaissance brève, confusion), cardiaque (ECG et troponine), gaz du sang (acidose). Prise en charge COLLECTIVE de la famille (tous sous oxygène). R (Recommendation) : Poursuite de l'oxygène normobare 100 % (durée guidée par la clinique et la HbCO ; prolongée chez la femme enceinte si grossesse confirmée). OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE à discuter/organiser pour M. Omar B. selon les indications (perte de connaissance, signes neurologiques/cardiaques, HbCO ; indication large si grossesse chez l'épouse), en concertation, sans retarder l'oxygène normobare ni la prise en charge des défaillances. Surveillance neurologique et cardiaque. Information sur le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE et organisation du suivi neurologique/cognitif. Recherche et SUPPRESSION de la SOURCE, prévention (entretien des appareils, ventilation, détecteurs de CO), SIGNALEMENT (Centre Anti Poison/autorités). Prise en charge collective de tous les exposés. Information des patients et de la famille. »

Explication pédagogique

Une transmission structurée SBAR (Situation, Background, Assessment, Recommendation) est un standard de communication médicale, particulièrement pertinent pour une intoxication au CO collective dont la prise en charge implique urgentiste, réanimateur et médecine hyperbare. Elle assure une compréhension complète du parcours (piège de la SpO2 standard, oxygène immédiat, confirmation par HbCO, évaluation de la gravité, prise en charge collective), de l'état actuel, et des attendus (oxygène poursuivi, hyperbare selon les indications, suivi du syndrome post-intervallaire, prévention/signalement).

La transmission proposée en B respecte l'ensemble des éléments requis : identification, motif clair, contexte collectif et saisonnier, évaluation avec le piège de la SpO2 standard et la confirmation par la HbCO, traitement détaillé (oxygène normobare immédiat, hyperbare à discuter), recommandations opérationnelles (oxygène poursuivi, hyperbare selon les indications, surveillance, syndrome post-intervallaire, suppression de la source, prévention, signalement, prise en charge collective).

Débriefing finalAfficher le débriefing

Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.

Objectifs pédagogiques

  • Reconnaître l'intoxication au CO malgré des symptômes NON SPÉCIFIQUES, en s'appuyant sur le CONTEXTE (collectif, saisonnier/hivernal, source de combustion)

  • Comprendre que la SpO2 à l'oxymètre de pouls STANDARD est FAUSSEMENT NORMALE (ne distingue pas HbCO et HbO2) et mesurer la HbCO (gaz du sang avec CO-oxymètre, ou oxymètre spécifique)

  • Débuter IMMÉDIATEMENT l'oxygénothérapie normobare à HAUT DÉBIT (FiO2 100 %) sur la suspicion clinique, sans attendre le dosage

  • Assurer l'ÉVICTION de la source et la prise en charge de l'ensemble des personnes exposées (intoxication collective)

  • Évaluer la gravité : neurologique (conscience, perte de connaissance, convulsions, déficit), cardiaque (ECG, troponine), acidose, HbCO

  • Connaître les INDICATIONS de l'oxygénothérapie HYPERBARE et organiser le transfert si indiquée

  • Prendre en compte les terrains à risque, notamment la FEMME ENCEINTE (gravité fœtale)

  • Anticiper le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE (séquelles neurologiques retardées) et organiser le suivi

  • Assurer la PRÉVENTION et le SIGNALEMENT (suppression de la source, entretien, ventilation, détecteurs de CO ; signalement au Centre Anti Poison/autorités)

  • Structurer une transmission complète et hiérarchisée selon le format SBAR

Points clés à retenirAfficher les points clés
  • L'intoxication au CO est fréquente (surtout en HIVER, par appareils à combustion défectueux/mal ventilés — chauffage, chauffe-eau, brasero), souvent COLLECTIVE et SAISONNIÈRE, et son diagnostic est FACILE À MANQUER (symptômes NON SPÉCIFIQUES pris pour un « syndrome grippal » ou un malaise banal). Le CONTEXTE oriente.

  • La SpO2 à l'oxymètre de pouls STANDARD est FAUSSEMENT NORMALE (il ne distingue pas la carboxyhémoglobine de l'oxyhémoglobine et surestime la saturation) : une SpO2 « normale » N'ÉLIMINE PAS l'intoxication au CO (piège cardinal).

  • Le diagnostic repose sur le CONTEXTE et le DOSAGE de la CARBOXYHÉMOGLOBINE (HbCO) au gaz du sang avec CO-oxymètre (ou oxymètre de pouls spécifique). Le taux d'HbCO baisse sous oxygène et n'est pas parfaitement corrélé à la gravité clinique.

  • L'OXYGÈNE NORMOBARE à HAUT DÉBIT (FiO2 100 %, masque à haute concentration) est débuté IMMÉDIATEMENT sur la suspicion clinique, SANS attendre le dosage (il accélère l'élimination du CO : demi-vie de l'HbCO ~60-90 min sous O2 100 % vs ~4-6 h en air ambiant).

  • L'ÉVICTION de la SOURCE et la PRISE EN CHARGE COLLECTIVE (rechercher et traiter tous les exposés) sont cardinales.

  • L'évaluation de la GRAVITÉ est neurologique (conscience, perte de connaissance, convulsions, déficit, confusion) et cardiaque (ECG, TROPONINE — ischémie myocardique), avec recherche d'acidose et de terrains à risque.

  • L'OXYGÉNOTHÉRAPIE HYPERBARE a des INDICATIONS précises (formes graves) : perte de connaissance/coma, signes neurologiques, atteinte cardiaque, HbCO élevée, FEMME ENCEINTE, acidose sévère. Elle est discutée en concertation, sans retarder l'oxygène normobare.

  • La FEMME ENCEINTE est un terrain à risque particulier (le CO traverse le placenta, forte affinité de l'hémoglobine fœtale) justifiant une prise en charge renforcée (oxygène prolongé, indication large d'OHB, surveillance fœtale).

  • Le SYNDROME POST-INTERVALLAIRE (séquelles neurologiques/cognitives retardées après un intervalle libre) peut survenir : information et suivi nécessaires.

  • La PRÉVENTION (suppression/réparation de la source, entretien des appareils, ventilation, détecteurs de CO) et le SIGNALEMENT (Centre Anti Poison/autorités) sont essentiels pour éviter les récidives et protéger l'entourage et la collectivité.