Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.
Présentation initiale
Femme de 72 ans, hypertendue sous ramipril, diabétique de type 2 sous metformine, **antécédent de cholécystectomie laparoscopique il y a 5 ans** pour lithiase vésiculaire symptomatique. Pas d'ATCD de lithiase du cholédoque connu ni d'exploration biliaire post-opératoire. Amenée par sa famille pour un tableau évoluant depuis 24 heures : douleur épigastrique et de l'hypochondre droit, **fièvre à 39,5 °C avec frissons intenses**, vomissements bilieux. Depuis 12 heures : **ictère cutanéo-conjonctival apparu progressivement**. Depuis le matin : **confusion et somnolence** croissantes, avec une **tension artérielle effondrée à 78/45 mmHg** mesurée par le SAMU.
À l'arrivée aux urgences : TA 82/48 mmHg (après 500 mL de cristalloïdes en pré-hospitalier), FC 128/min, FR 26/min, SpO₂ 94 % en air ambiant, T 39,2 °C, GCS 13 (E3V4M6, confuse et ralentie). Extrémités froides, marbrures visibles aux genoux, temps de recoloration cutanée > 4 secondes, oligurie (< 100 mL depuis 6 heures).
Examen : ictère franc cutané et conjonctival, douleur de l'hypochondre droit avec **défense localisée** et cicatrices de trocarts. Murphy non interprétable (patiente cholécystectomisée). Auscultation cardio-pulmonaire libre en dehors de la tachycardie. Toucher rectal indolore.
**Bilan biologique initial** : - NFS : Hb 12,4 g/dL, plaquettes **82 000/mm³**, leucocytes **22 400/mm³** avec PNN 88 % - Coagulation : **INR 1,7**, TP 55 %, fibrinogène 6,2 g/L - CRP **380 mg/L** - **Bilirubine totale 145 µmol/L** (directe 105 µmol/L), **ALAT 245 UI/L, ASAT 285 UI/L, GGT 850 UI/L, PAL 620 UI/L** - Créatinine **235 µmol/L** (référence 3 mois : 78 µmol/L), urée 18 mmol/L - Ionogramme : Na 132, K 4,2, glycémie 1,68 g/L - Gaz du sang : pH 7,28, bicarbonates 16 mmol/L, **lactate 4,8 mmol/L** - Amylase et lipase normales - Hémocultures et ECBU prélevés
Poids déclaré 68 kg.
Étape 1
Décision 1
Information clinique
La patiente est installée en salle d'accueil des urgences vitales, monitorée. Elle est confuse mais coopérante. Sa famille rapporte le tableau et l'antécédent de cholécystectomie. L'infirmière vous demande la conduite à tenir.
Quelle est votre conduite immédiate ?
Reconnaître une angiocholite aiguë grave avec pentade de Reynolds et choc septique, activer la filière septique et alerter le gastro-entérologue interventionnel
Réaliser une IRM abdominale en priorité absolue avant tout traitement
Débuter une thrombolyse en urgence pour dissoudre un possible thrombus des veines sus-hépatiques suspecté
Autoriser un retour à domicile avec antibiothérapie orale et paracétamol, la fièvre pouvant être virale
Attendre les résultats des hémocultures et de l'imagerie avant tout geste thérapeutique
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Bonne réponse
A. Reconnaître une angiocholite aiguë grave avec pentade de Reynolds et choc septique, activer la filière septique et alerter le gastro-entérologue interventionnel
Explication pédagogique
Le tableau clinique (fièvre à frissons + ictère + douleur de l'hypochondre droit = triade de Charcot ; + confusion + choc = pentade de Reynolds) associé aux perturbations biologiques (hyperleucocytose, syndrome inflammatoire majeur, cholestase, insuffisance rénale aiguë, hyperlactatémie) est caractéristique d'une **angiocholite aiguë grave (Grade III selon TG18)** avec défaillance multi-viscérale et choc septique. La conduite associe : deux VVP de gros calibre, monitoring, prélèvements complets (bilan biologique, hémocultures avant antibiothérapie, ECBU), réhydratation IV titrée par cristalloïdes balancés, activation de la filière septique, débuts précoces d'antibiothérapie probabiliste large spectre couvrant les germes biliaires, échographie hépato-biliaire ou angioscanner selon disponibilité, et alerte simultanée du gastro-entérologue interventionnel pour drainage biliaire en urgence extrême. Posologies alignées sur le protocole Clin92 « Angiocholite ».
Étape 2
Décision 2
Information clinique
Vous devez formaliser le diagnostic et la sévérité selon les critères TG18 pour orienter la démarche thérapeutique.
Parmi les propositions suivantes concernant l'application des critères TG18 chez cette patiente, lesquelles sont correctes ?
Le score de Glasgow-Blatchford permet la gradation de sévérité de l'angiocholite selon TG18
La classification en Grade III impose un drainage biliaire en urgence extrême, la mortalité étant significativement plus élevée en cas de drainage différé
En cas de Grade I (angiocholite mild), le drainage biliaire n'est jamais nécessaire, l'antibiothérapie seule suffit dans tous les cas
Le diagnostic TG18 repose sur trois catégories (inflammation systémique, cholestase, imagerie évocatrice), avec ici au moins un critère par catégorie
La patiente répond aux critères de Grade III (angiocholite grave) par la présence de plusieurs défaillances d'organes (cardio-circulatoire, neurologique, rénale, hématologique avec thrombopénie et coagulopathie)
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Bonne réponse
B. La classification en Grade III impose un drainage biliaire en urgence extrême, la mortalité étant significativement plus élevée en cas de drainage différé D. Le diagnostic TG18 repose sur trois catégories (inflammation systémique, cholestase, imagerie évocatrice), avec ici au moins un critère par catégorie E. La patiente répond aux critères de Grade III (angiocholite grave) par la présence de plusieurs défaillances d'organes (cardio-circulatoire, neurologique, rénale, hématologique avec thrombopénie et coagulopathie)
Explication pédagogique
Le diagnostic TG18 de l'angiocholite aiguë repose sur trois catégories : (A) inflammation systémique (fièvre ≥ 38 °C ou frissons, hyperleucocytose ou CRP élevée), (B) cholestase (ictère avec bilirubine ≥ 2 mg/dL, ou perturbation des enzymes hépatiques ≥ 1,5 × la normale), (C) imagerie (dilatation biliaire ou étiologie identifiée : lithiase, sténose, stent). **Diagnostic de certitude** = au moins un item par catégorie ; **diagnostic suspecté** = un item en A + un item en B ou C. La sévérité se classe en Grade I (mild), Grade II (modéré) et Grade III (grave). Le Grade III se définit par la présence d'au moins une défaillance d'organe : hypotension nécessitant vasopresseur, altération de conscience, PaO₂/FiO₂ < 300, oligurie ou créatinine > 2 mg/dL, INR > 1,5, plaquettes < 100 000. Cette patiente cumule au moins quatre défaillances d'organes. Le Grade III impose un drainage biliaire **en urgence extrême** après stabilisation initiale (24 heures maximum), la mortalité étant significativement plus élevée en cas de drainage différé.
Étape 3
Décision 3
Information clinique
L'échographie confirme la lithiase enclavée. Vous devez prescrire l'antibiothérapie probabiliste adaptée à une angiocholite grave (Grade III) avant même le résultat des hémocultures.
Quel est le choix d'antibiothérapie probabiliste le plus approprié chez cette patiente en Grade III ?
Ciprofloxacine IV en monothérapie, molécule à excellente diffusion biliaire
Ceftriaxone en monothérapie IV, adaptée à toutes les formes d'angiocholite
Antibiothérapie IV à large spectre couvrant les bacilles Gram négatif, les anaérobies et les entérocoques (par exemple pipéracilline-tazobactam ou carbapénème selon l'écologie locale)
Attendre les hémocultures avant tout antibiotique, pour ne pas fausser le diagnostic microbiologique
Amoxicilline-acide clavulanique per os à débuter après amélioration hémodynamique
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Bonne réponse
C. Antibiothérapie IV à large spectre couvrant les bacilles Gram négatif, les anaérobies et les entérocoques (par exemple pipéracilline-tazobactam ou carbapénème selon l'écologie locale)
Explication pédagogique
L'angiocholite aiguë Grade III (grave, avec défaillance d'organe) impose une antibiothérapie IV à large spectre débutée dans l'heure suivant la reconnaissance (Tokyo Guidelines 2018 ; Surviving Sepsis Campaign). Les germes biliaires sont polymicrobiens dans jusqu'à 80 % des cas : bacilles Gram négatif (*E. coli*, *Klebsiella*, *Enterobacter*), anaérobies (jusqu'à 50 %), et **entérocoques** (jusqu'à 20 %, à couvrir spécifiquement en Grade III et en contexte hospitalier). Les molécules recommandées incluent la pipéracilline-tazobactam, le céfépime associé au métronidazole, ou un carbapénème (imipénème, méropénème) selon l'écologie locale, la sévérité et les antécédents. La durée est habituellement de 4 à 7 jours après contrôle de la source. Posologies alignées sur le protocole Clin92.
Étape 4
Décision 4
Information clinique
La patiente est temporairement stabilisée sous réhydratation et antibiothérapie. Un confrère plus ancien vous rejoint et propose : « Elle est mieux, la tension remonte. Attends 24 à 48 heures pour voir si les antibiotiques suffisent. Le drainage endoscopique, c'est un geste lourd chez une patiente déjà fragile, et on risque de compliquer les choses. Si elle s'aggrave, on avisera. » Le gastro-entérologue interventionnel demande votre décision.
Quelle est votre décision concernant le drainage biliaire ?
Attendre 12 heures de surveillance puis réévaluer la nécessité d'un drainage
Adresser d'emblée la patiente pour une cholécystectomie chirurgicale, même en l'absence de vésicule
Refuser le report et exiger un drainage biliaire en urgence extrême, l'angiocholite Grade III relevant d'un drainage précoce même sous amélioration transitoire
Différer le drainage jusqu'à normalisation complète de la bilirubine et de la CRP
Accepter la proposition et attendre 24-48 heures la réponse aux antibiotiques avant de décider d'un drainage
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Bonne réponse
C. Refuser le report et exiger un drainage biliaire en urgence extrême, l'angiocholite Grade III relevant d'un drainage précoce même sous amélioration transitoire
Explication pédagogique
L'angiocholite Grade III (grave) impose un **drainage biliaire en urgence extrême** (recommandation TG18 forte). L'antibiothérapie seule ne suffit pas : elle ne peut pas contrôler la source infectieuse tant que l'obstacle biliaire persiste et que la bile infectée reste sous pression. Les études démontrent que **la mortalité est significativement corrélée au délai de drainage** dans les formes graves, avec une mortalité multipliée par 2 à 3 en cas de drainage différé au-delà de 24 heures. L'amélioration hémodynamique transitoire sous réanimation ne modifie **pas** l'indication : elle donne un délai précieux pour effectuer le geste dans de meilleures conditions, mais ne l'annule pas. Attendre la réponse aux antibiotiques dans une forme grave est une erreur médicale documentée aux conséquences dramatiques.
Étape 5
Décision 5
Information clinique
La décision de drainage en urgence est prise. Vous devez discuter la modalité avec le gastro-entérologue interventionnel.
Quelle est la modalité de drainage biliaire de première intention chez cette patiente ?
Ponction-drainage transpariétal aveugle sans imagerie préalable
Cholécystectomie complémentaire en urgence, la vésicule pouvant contenir des calculs résiduels
Drainage biliaire chirurgical en urgence par voie ouverte
Cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) avec sphinctérotomie endoscopique et extraction lithiasique, complétée si nécessaire par la pose d'une prothèse biliaire de drainage
Drainage par sonde nasogastrique en aspiration continue pour décomprimer la voie biliaire par voie duodénale
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Bonne réponse
D. Cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) avec sphinctérotomie endoscopique et extraction lithiasique, complétée si nécessaire par la pose d'une prothèse biliaire de drainage
Explication pédagogique
La **CPRE avec sphinctérotomie endoscopique et extraction lithiasique** est la modalité de drainage biliaire de première intention dans l'angiocholite lithiasique (TG18 recommandation forte). Elle est à la fois diagnostique et thérapeutique, avec un taux de succès élevé (> 90 % pour l'extraction lithiasique) et une morbidité acceptable même chez le patient fragile. En cas d'échec ou de contre-indication à la CPRE (anatomie post-chirurgicale complexe, coagulopathie sévère non corrigée), la **PTBD (percutaneous transhepatic biliary drainage)** est l'alternative. Le drainage chirurgical est réservé aux échecs des deux voies précédentes, situation devenue exceptionnelle. Dans les formes graves, la sphinctérotomie peut être différée et remplacée par une simple pose de prothèse biliaire (stent nasobiliaire ou prothèse plastique) pour réduire le geste hémorragique en contexte de coagulopathie, avec extraction lithiasique différée après stabilisation. Posologies alignées sur le protocole Clin92.
Étape 6
Décision 6
Information clinique
Le drainage est effectué, la patiente est transférée en réanimation. Vous devez anticiper les complications à surveiller dans les prochaines heures et jours.
Parmi les complications suivantes, lesquelles sont particulièrement à anticiper et à surveiller chez cette patiente ?
Nécessité systématique de dialyse par hémodiafiltration continue en réanimation, quel que soit le degré d'insuffisance rénale
Migration systématique de la prothèse biliaire au-delà du duodénum, nécessitant un contrôle endoscopique quotidien programmé
Abcès hépatiques secondaires à l'angiocholite, à rechercher par imagerie de contrôle en cas de persistance de la fièvre malgré le drainage et l'antibiothérapie
Choc septique réfractaire aux vasopresseurs et défaillance multi-viscérale persistante, imposant un soutien hémodynamique et rénal prolongé en réanimation
Pancréatite aiguë post-CPRE, hémorragie post-sphinctérotomie, perforation duodénale : complications spécifiques du geste endoscopique à surveiller cliniquement et biologiquement
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Bonne réponse
C. Abcès hépatiques secondaires à l'angiocholite, à rechercher par imagerie de contrôle en cas de persistance de la fièvre malgré le drainage et l'antibiothérapie D. Choc septique réfractaire aux vasopresseurs et défaillance multi-viscérale persistante, imposant un soutien hémodynamique et rénal prolongé en réanimation E. Pancréatite aiguë post-CPRE, hémorragie post-sphinctérotomie, perforation duodénale : complications spécifiques du geste endoscopique à surveiller cliniquement et biologiquement
Explication pédagogique
L'angiocholite Grade III expose à plusieurs complications à surveiller de façon structurée : (1) évolution défavorable du choc septique et de la défaillance multi-viscérale, imposant un soutien réanimatoire prolongé (vasopresseurs, éventuelle épuration extra-rénale en cas d'IRA sévère persistante) ; (2) complications spécifiques de la CPRE (pancréatite aiguë post-CPRE 3-15 %, hémorragie post-sphinctérotomie, perforation duodénale rare) à surveiller cliniquement (douleur, hématémèse, distension) et biologiquement (lipasémie) ; (3) abcès hépatiques secondaires (5-10 % dans les formes graves), à évoquer devant une fièvre persistante malgré le drainage et l'antibiothérapie et à confirmer par imagerie ; (4) extraction différée du calcul cholédocien après stabilisation et amélioration de la coagulation.
Étape 7
Décision 7
Information clinique
Le lit en réanimation est prêt. Vous transmettez à l'équipe qui prend la relève.
Quelle transmission adressez-vous à l'équipe de réanimation ?
« Une angiocholite grave qui monte en réa, à toi »
« Femme 72 ans, HTA, DBT2, cholécystectomisée il y a 5 ans, admise pour angiocholite aiguë Grade III sur pentade de Reynolds (fièvre 39,5, ictère, douleur, confusion, choc). Bilan : hyperleucocytose 22 400, CRP 380, bilirubine 145, transaminases élevées, cholestase franche, créatinine 235 (vs 78), INR 1,7, plaquettes 82 000, lactate 4,8. Échographie confirmant lithiase enclavée avec dilatation biliaire. Bundle sepsis démarré à T+40 : pipéracilline-tazobactam IV, réhydratation par cristalloïdes titrée. CPRE à T+180 avec sphinctérotomie limitée et pose de prothèse biliaire plastique (extraction lithiasique différée). Bile purulente extériorisée. Actuellement TA 108/62, FC 108, hémodynamique stabilisée sous 2 L de cristalloïdes sans vasopresseur. Points de surveillance : évolution du choc septique, défaillance rénale et coagulopathie, complications de la CPRE (pancréatite, hémorragie), abcès hépatiques si fièvre persistante, extraction lithiasique différée après stabilisation, réévaluation de l'antibiothérapie sur les hémocultures. »
Envoi direct sans transmission verbale, le compte rendu écrit suit
Contact avec le gastro-entérologue uniquement
Attendre 24 heures avant tout transfert
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Bonne réponse
B. « Femme 72 ans, HTA, DBT2, cholécystectomisée il y a 5 ans, admise pour angiocholite aiguë Grade III sur pentade de Reynolds (fièvre 39,5, ictère, douleur, confusion, choc). Bilan : hyperleucocytose 22 400, CRP 380, bilirubine 145, transaminases élevées, cholestase franche, créatinine 235 (vs 78), INR 1,7, plaquettes 82 000, lactate 4,8. Échographie confirmant lithiase enclavée avec dilatation biliaire. Bundle sepsis démarré à T+40 : pipéracilline-tazobactam IV, réhydratation par cristalloïdes titrée. CPRE à T+180 avec sphinctérotomie limitée et pose de prothèse biliaire plastique (extraction lithiasique différée). Bile purulente extériorisée. Actuellement TA 108/62, FC 108, hémodynamique stabilisée sous 2 L de cristalloïdes sans vasopresseur. Points de surveillance : évolution du choc septique, défaillance rénale et coagulopathie, complications de la CPRE (pancréatite, hémorragie), abcès hépatiques si fièvre persistante, extraction lithiasique différée après stabilisation, réévaluation de l'antibiothérapie sur les hémocultures. »
Explication pédagogique
La transmission structurée d'une angiocholite Grade III comprend : les antécédents et le contexte, l'horodatage précis des thérapeutiques temps-dépendantes (antibiothérapie, réhydratation, drainage), la trajectoire clinique et biologique, le geste réalisé avec ses spécificités, l'état actuel, les points de surveillance dédiés et les orientations à venir (extraction lithiasique différée, ajustement antibiotique sur les hémocultures).
Débriefing finalAfficher le débriefing
Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.
Objectifs pédagogiques
Reconnaître une angiocholite aiguë sur le tableau clinique et biologique et évoquer d'emblée les critères diagnostiques TG18.
Identifier une **pentade de Reynolds** (Charcot + confusion + choc) et la classer en **Grade III (angiocholite grave)** selon TG18.
Appliquer la gradation TG18 (Grade I, II, III) à partir des critères d'organe dysfonction et prendre les décisions thérapeutiques adaptées à la sévérité.
Débuter précocement l'antibiothérapie probabiliste couvrant les germes entéro-biliaires (bacilles Gram négatif, anaérobies, entérocoques en Grade III).
**Ne pas différer le drainage biliaire** dans une angiocholite grave, sous peine d'évolution vers un choc septique réfractaire et un décès.
Choisir la modalité de drainage la plus appropriée (CPRE en 1ère intention, PTBD en alternative, chirurgie en dernier recours).
Anticiper les complications de l'angiocholite grave : choc septique réfractaire, défaillance multi-viscérale, coagulopathie sévère, abcès hépatique.
Structurer une transmission au réanimateur et au gastro-entérologue interventionnel.
Points clés à retenirAfficher les points clés
La triade de Charcot (fièvre + ictère + douleur de l'hypochondre droit) et la pentade de Reynolds (Charcot + confusion + choc) sont des tableaux d'angiocholite jusqu'à preuve du contraire. La pentade signe une angiocholite grave (Grade III).
Les critères diagnostiques TG18 associent trois catégories : inflammation systémique, cholestase et imagerie évocatrice. Un item par catégorie donne un diagnostic de certitude.
La gradation TG18 en trois niveaux (Grade I mild, Grade II modéré, Grade III grave) est **le déterminant principal** de la stratégie thérapeutique. Le Grade III est défini par la présence d'au moins une défaillance d'organe.
L'**antibiothérapie IV probabiliste à large spectre** couvrant les bacilles Gram négatif, les anaérobies et les entérocoques doit être débutée dans l'heure. Molécules recommandées en Grade III : pipéracilline-tazobactam ou carbapénème selon l'écologie locale.
Le **drainage biliaire est le traitement de la source infectieuse**. Il est indispensable dans les formes graves et **ne peut pas être remplacé par l'antibiothérapie seule**. L'attente d'une « réponse aux antibiotiques » avant de drainer une angiocholite Grade III est une erreur documentée aux conséquences dramatiques.
La **CPRE avec sphinctérotomie et extraction lithiasique ou pose de prothèse biliaire** est la modalité de drainage de première intention. La PTBD est l'alternative en cas d'échec ou de contre-indication.
Les complications à anticiper : évolution défavorable du choc septique et de la défaillance multi-viscérale, complications spécifiques de la CPRE (pancréatite, hémorragie, perforation), abcès hépatiques en cas de persistance de la fièvre.
