Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.
Présentation initiale
Homme de **45 ans**, professeur d'histoire au lycée, marié depuis 18 ans (deux enfants adolescents 15 et 12 ans). **HTA modérée** connue depuis 5 ans sous **ramipril 5 mg/j** (bien contrôlée). **Dyslipidémie** sous **atorvastatine 20 mg/j** depuis 3 ans. **Tabagique actif 20 PA** (paquets-année), consommation d'alcool sociale modérée (1-2 verres de vin le week-end). Pas d'ATCD neurologique, pas d'ATCD infectieux notable, pas d'immunodépression connue (VIH non testé), pas de voyage récent, pas d'exposition professionnelle particulière. **Vaccination antitétanique à jour**, grippe non vaccinée cette saison. Autonome mRS 0, professionnellement actif, sportif modéré (footing 2×/semaine).
**Traitement de fond chronique** : - **Ramipril 5 mg/j PO** (HTA) - **Atorvastatine 20 mg/j PO** (dyslipidémie) - Pas d'anticoagulant, pas d'antiagrégant, pas de traitement psychotrope - Pas d'auto-médication chronique
**Histoire de l'événement actuel — chronologie précise** : - **Il y a 3 jours (J-3)** : début progressif de **céphalée frontale bilatérale** modérée + **fièvre à 38,2 °C** + **fatigue générale** + courbatures — attribués par le patient à une **« grippe saisonnière »** (épidémie en cours en ville) + **auto-médication par paracétamol 1 g × 3/j** (piège classique de la banalisation) - **J-2** : persistance de la fièvre malgré paracétamol (T entre 38 et 39 °C oscillante), aggravation de la céphalée + **début de troubles cognitifs discrets** — l'épouse remarque que le patient répète les mêmes phrases, semble « à côté », a du mal à trouver ses mots, perdu son téléphone à plusieurs reprises dans la journée (attribués initialement à la fatigue) - **J-1** : **confusion débutante nette** avec désorientation temporo-spatiale légère (ne retrouve pas ses lunettes dans la maison, se trompe de jour de la semaine), langage parfois incohérent, hallucinations auditives simples décrites par l'épouse (« il dit qu'il entend la voix de sa mère alors qu'elle est décédée depuis 10 ans »), refuse de consulter un médecin en pensant à une simple grippe compliquée de fatigue - **Ce matin (J0) à 7h00** : l'épouse trouve le patient dans le lit avec **crise convulsive** — mouvements tonico-cloniques débutant sur l'hémicorps droit (extrémités céphaliques + membre supérieur droit + hémiface droite avec chute des commissures) puis **généralisation secondaire tonico-clonique bilatérale** durant environ 3 minutes, morsure latérale de la langue, perte d'urine, cyanose transitoire — **appel SAMU immédiat par l'épouse** - **À 7h30** : arrivée SAMU au domicile — patient en **phase post-critique** (GCS 8), agité, désorienté, TA 155/95, FC 118/min, T 39,3 °C mesurée en axillaire, SpO2 92 % en air ambiant, glycémie capillaire 1,05 g/L, pas de trouble ventilatoire majeur, pas de trauma associé - **Prise en charge SAMU** : oxygène 3 L/min avec SpO2 remontée à 96 %, midazolam 2 mg IV pour l'agitation, position latérale de sécurité, monitorage cardio-respiratoire, VVP posée, glycémie confirmée normale, transfert médicalisé en urgence vers l'hôpital - **À 8h00 (H+1 après crise)** : arrivée aux urgences hospitalières en salle de déchoquage
**À l'arrivée aux urgences** (8h00) : TA **145/90 mmHg**, FC **105/min** régulière, FR **22/min**, SpO₂ **96 %** sous O₂ 3 L/min (94 % en air ambiant), T **39,5 °C** rectale confirmée (élevée persistante), glycémie capillaire **1,15 g/L** (normale — élimine hypoglycémie devant coma), **GCS 9** (E2 V3 M4 — ouverture des yeux à la stimulation douloureuse, verbalisation confuse et incohérente, motricité de retrait à la douleur, coma peu profond).
**Examen clinique général** : - Aspect général : patient en état de coma post-critique peu profond, morsure de langue latérale gauche confirmée, incontinence urinaire, aspect pâle et sudoré, agitation intermittente entre les phases stuporeuses - Cardio-vasculaire : tachycardie sinusale 105/min, TA 145/90 (élevée réactionnelle), B1-B2 sans souffle, pas de trouble rythmique manifeste - Respiratoire : polypnée superficielle FR 22, auscultation avec quelques ronchi bibasaux non spécifiques, pas de foyer clinique évident - Abdomen : souple, indolore, pas d'organomégalie, pas d'ascite, pas d'astérixis, **pas de circulation collatérale abdominale** (élimine cirrhose visible), pas de fœtor hepaticus (élimine encéphalopathie hépatique) - Palpation rachidienne : pas de douleur, pas de contracture - Cutané : pas de purpura, pas de pétéchies (élimine méningococcémie), pas d'ictère (élimine cause hépatique), pas de trace d'injection (élimine intoxication IV), pas de morsure animale
**Examen neurologique complet** :
*Vigilance et fonctions supérieures* : - **GCS 9** (E2 V3 M4) — coma peu profond post-critique - Orientation temporo-spatiale altérée (ne sait pas où il est, dit « on est mardi » alors qu'on est jeudi) - Verbalisation confuse, phrases incomplètes, quelques mots inappropriés (paraphasies) — suggérant une atteinte des aires du langage temporo-frontale gauche
*Paires crâniennes* : - Pupilles isocores réactives à la lumière (3 mm bilatérales), pas de mydriase suspecte - Oculomotricité conservée (poursuite grossière, pas de paralysie III/VI) - Réflexes cornéens présents - Réflexe pharyngé conservé - Pas de paralysie faciale
*Motricité* : - Motricité globalement conservée aux 4 membres (retrait à la douleur symétrique) - Pas de déficit focal moteur systématisé (mais coopération difficile en raison du coma) - Tonus normal
*Sensibilité* : évaluation impossible dans le contexte du coma
*Réflexes* : - ROT vifs symétriques (post-critiques) - RCP en flexion bilatéral (pas de Babinski franc)
*Syndrome méningé* : - **Raideur méningée discrète** à la flexion passive de la nuque - Kernig positif discret - Brudzinski absent - Photophobie non évaluable (coma)
*Syndrome frontal* — évocateur d'atteinte temporo-frontale gauche : - **Grasping (réflexe de préhension)** présent à la main droite - **Désinhibition légère** (rires immotivés, propos parfois inappropriés durant les phases d'éveil) - **Hallucinations auditives simples** décrites par l'épouse la veille - **Troubles du langage** (paraphasies, difficultés d'évocation) suggérant une atteinte de l'aire de Broca ou Wernicke
*Aucun signe focal moteur ou sensitif* prédominant à l'examen initial
**Bilan biologique en urgence** (délai < 20 min) : - **NFS** : leucocytes **12 800/mm³** avec **lymphocytose relative 78 %** (plutôt évocatrice viral que bactérien), Hb 14,2 g/dL, plaquettes 245 000 - **CRP 42 mg/L** (élévation modérée compatible avec infection virale), **PCT 0,45 ng/mL** (peu élevée, plutôt en faveur d'une origine virale que bactérienne — PCT > 2 ng/mL évocateur bactérien) - **Ionogramme** : Na 138, K 4,2, Cl 102, HCO₃⁻ 24 (normal — élimine dysnatrémie causant confusion) - **Glycémie 1,15 g/L** (normale — élimine hypoglycémie) - **Créatinine 82 µmol/L** (fonction rénale normale — élimine encéphalopathie urémique) - **Bilan hépatique** : ASAT 32, ALAT 28, GGT 45, bilirubine 12, albumine 42, TP 92 % (normal — élimine encéphalopathie hépatique) - **Ammoniac veineux 45 µmol/L** (normal, seuil < 50 — élimine hyperammoniémie) - **Gaz du sang artériel** : pH 7,42, PaO₂ 92 mmHg sous O₂, PaCO₂ 38, HCO₃⁻ 24, lactate 1,8 mmol/L (normaux — élimine acidose métabolique, coma hypoxique) - **Toxiques urinaires** : négatifs pour benzodiazépines (malgré midazolam SAMU trace attendue), opiacés, cocaïne, amphétamines, cannabis, tricycliques - **Alcoolémie** : 0 g/L (négative — élimine intoxication ou sevrage alcoolique) - **Groupe sanguin O Rh positif** avec **RAI négatives** (bilan préparé) - **Bilan pré-PL** : plaquettes 245 000 + INR 0,98 + TCA normal (pas de contre-indication à la PL)
**ECG** : - Rythme sinusal à 105/min (tachycardie sinusale) - Pas de trouble du rythme, pas de signe ischémique - QT normal 385 ms, QTc 425 ms - Pas de signes d'intoxication (élimine intoxication tricyclique)
**Scanner cérébral sans injection en URGENCE à H+1** (délai porte-scanner < 20 min — cardinal avant PL) : - **Pas d'hémorragie intracérébrale ou méningée** (élimine HIP, HSA) - **Pas d'hématome sous-dural ou extra-dural** (élimine cause traumatique) - **Pas de lésion tumorale visible**, pas d'engagement, ligne médiane conservée - **Œdème temporo-frontal gauche discret** (à confirmer par IRM) - **Ventricules de taille normale** (élimine hydrocéphalie) - **Absence de contre-indication à la ponction lombaire** (pas d'HTIC franche, pas d'engagement)
**PONCTION LOMBAIRE réalisée à H+2** (après scanner sans contre-indication + bilan d'hémostase normal) : - Pression d'ouverture : 22 cm H₂O (limite haute, non pathologique franche) - **LCR clair et limpide** (élimine méningite bactérienne purulente évidente) - **Cytologie : 45 éléments/mm³** — **prédominance lymphocytaire 72 %** (32 lymphocytes + 13 polynucléaires + hématies < 5) — **méningite lymphocytaire** - **Protéinorachie 0,85 g/L** (élevée, normale < 0,4 — évoque atteinte méningo-encéphalitique) - **Glycorachie 3,8 mmol/L**, glycémie sanguine simultanée 6,4 mmol/L → **rapport LCR/sang 0,59 (normal > 0,4)** — élimine méningite bactérienne, tuberculose, cryptococcose - Lactate LCR 2,1 mmol/L (normal — pas de bactérien) - **Coloration Gram directe** : négative (pas de germe visible) - **Culture LCR standard** : en cours (résultats à 48-72h) - **Recherches virales** : - **PCR HSV-1 : envoyée en URGENCE** (résultat attendu à H+18) - PCR HSV-2, PCR VZV, PCR entérovirus : envoyées - **Antigène cryptocoque négatif**, PCR TB en cours
**IRM cérébrale multiparamétrique à H+4** (dès disponibilité — permet le diagnostic étiologique) : - Séquences T1, T2, FLAIR, diffusion, T1 gadolinium - **HYPERSIGNAL T2/FLAIR TEMPORO-FRONTAL GAUCHE** intéressant : - Lobe temporal antérieur gauche (uncus + hippocampe gauche) - Lobe frontal inféro-médial gauche (aire orbito-frontale, gyrus rectus) - Extension vers l'insula gauche - **Restriction de la diffusion** temporo-frontale gauche (b1000 hypersignal + ADC hyposignal — souffrance cellulaire aiguë) - **Rehaussement gyriforme** cortical après injection de gadolinium (temporo-frontal gauche) - **Discret œdème péri-lésionnel** sans effet de masse majeur, pas d'engagement - **Distribution TYPIQUE d'ENCÉPHALITE HERPÉTIQUE HSV-1** (atteinte préférentielle temporo-frontale limbique — HSV a un tropisme cardinal pour le lobe temporal médial)
**EEG à H+6** (dès disponibilité) : - Ralentissement global fond delta-thêta - **PLEDs (Periodic Lateralized Epileptiform Discharges)** temporaux gauches — pointes-ondes périodiques toutes 1-2 secondes sur les dérivations temporales gauches - **Aspect TRÈS ÉVOCATEUR d'encéphalite herpétique** (PLEDs temporaux = signe classique HSV, présents dans 60-80 % des cas) - Pas d'état de mal épileptique convulsif ou non convulsif actif à l'enregistrement
**Résultats microbiologiques à H+18** : - **PCR HSV-1 sur LCR : POSITIVE** (charge virale 4200 copies/mL) — **CONFIRMATION de l'ENCÉPHALITE HERPÉTIQUE HSV-1** - PCR HSV-2, VZV, entérovirus, TB : négatives - Sérologies VIH, syphilis, Lyme : envoyées - Hémocultures : négatives à 48h
**Diagnostic retenu** : **ENCÉPHALITE HERPÉTIQUE HSV-1** temporo-frontale gauche avec syndrome frontal et crise convulsive focale hémicorporelle droite avec généralisation secondaire, révélée par un **coma inaugural GCS 9** chez un homme de 45 ans **immunocompétent**. Diagnostic soutenu par : (1) tableau clinique évocateur (fièvre + confusion progressive + convulsion focale + syndrome frontal), (2) LCR de méningite lymphocytaire avec hyperprotéinorachie, (3) IRM avec hypersignal T2/FLAIR temporo-frontal gauche typique + rehaussement gyriforme, (4) EEG avec PLEDs temporaux gauches, (5) **PCR HSV-1 positive sur LCR** (gold standard). Terrain : immunocompétent, professionnellement actif. **URGENCE ABSOLUE — mortalité 70 % sans traitement, réduite à 20-30 % sous aciclovir IV empirique urgent, séquelles neurologiques dans 50-70 % des survivants selon délai de traitement** (Whitley NEJM 1986, IDSA 2008, SPILF 2019).
**Objectifs thérapeutiques immédiats** : 1. **ACICLOVIR IV FORTE DOSE 10 mg/kg × 3/j (30 mg/kg/j) DÈS LA SUSPICION** (avant même le résultat de la PCR HSV) — durée 14-21 jours minimum 2. **Antibiothérapie empirique associée** couverture méningite bactérienne (ceftriaxone + amoxicilline pour Listeria) — à réévaluer selon LCR et évolution 3. **Bundle de réanimation neurologique** : surveillance étroite GCS et pupilles, IOT si aggravation GCS < 8 persistante ou détresse respiratoire, position semi-assise 30°, contrôle glycémie et température 4. **Prévention et traitement des convulsions** : lévétiracétam 500-1000 mg × 2/j IV/PO (pas de bolus systématique sans crise avérée) 5. **Prise en charge symptomatique** : antipyrétique, antiémétiques, hydratation contrôlée, prévention escarres, IPP protecteur gastrique
Poids 82 kg. Taille 178 cm.
Étape 1
Décision 1
Information clinique
Le patient arrive à H+1 après crise convulsive avec GCS 9 + fièvre 39,5 °C. Un confrère plus ancien propose : « C'est un état post-critique d'une convulsion fébrile chez un adulte, probablement grippal. On le laisse dégriser 4-6 heures, on donne du paracétamol pour la fièvre et si le Glasgow ne remonte pas on refera un point. »
Quelle est votre conduite immédiate ?
Prescrire d'emblée benzodiazépines fortes doses en IVSE pour sédation et éviter récidive convulsive, tout coma post-critique imposant sédation continue prolongée
Attendre récupération spontanée du post-critique avec paracétamol IV et surveillance, réévaluer dans 4-6h avant décision de bilan complémentaire éventuel
Reconnaître urgence coma fébrile, ABC + Glasgow + glycémie + bilan cardinal, scanner < 20 min, PL après scanner, aciclovir empirique DÈS SUSPICION
Réaliser une PL en 1ère intention SANS scanner préalable, la PL étant l'examen de référence dans toute confusion fébrile aux urgences
Transfert direct en soins intensifs sans exploration diagnostique préalable, tout patient dans le coma nécessitant une réanimation avant tout bilan étiologique
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Bonne réponse
C. Reconnaître urgence coma fébrile, ABC + Glasgow + glycémie + bilan cardinal, scanner < 20 min, PL après scanner, aciclovir empirique DÈS SUSPICION
Explication pédagogique
Le tableau clinique impose la **démarche systématique urgente devant confusion aiguë / coma fébrile** (IDSA 2008 Tunkel, SPILF 2019, Solomon 2012, Venkatesan CID 2013) : (1) **Éléments cardinaux du diagnostic** — (a) **coma fébrile inaugural** : GCS 9 + T 39,5 °C — association ROUGE imposant l'exploration urgente, (b) **crise convulsive focale hémicorporelle droite avec généralisation secondaire** (évocatrice d'atteinte hémisphérique gauche focale), (c) **syndrome frontal débutant** (hallucinations auditives, désinhibition, troubles du langage) — suggérant atteinte temporo-frontale, (d) **syndrome méningé discret** (raideur méningée, Kernig positif), (e) **absence de traumatisme, toxique, hypoglycémie** ; (2) **Étiologies à évoquer en urgence devant confusion / coma fébrile** — (a) **encéphalite herpétique HSV** (LA cause à ne pas manquer — mortalité 70 % sans traitement, réduite à 20-30 % sous aciclovir), (b) méningite bactérienne (pneumocoque, méningocoque, Listeria si > 50 ans ou immunodéprimé), (c) méningo-encéphalite virale non-HSV (V
Étape 2
Décision 2
Information clinique
Un interne junior demande : « Quelle démarche systématique adopter devant toute confusion aiguë ou coma ? Comment ne pas passer à côté d'une cause réversible ? »
Quelle démarche systématique adoptez-vous devant confusion aiguë / coma inexpliqué ?
Se limiter à l'évaluation neurologique isolée sans bilan biologique de première intention, l'imagerie cérébrale étant l'examen unique de référence dans tout coma
ABC + GCS + glycémie capillaire cardinale, bilan biologique complet, imagerie cérébrale, PL si contexte, mnémotechnique VITAMINS ou AEIOU-TIPS pour causes réversibles
Réaliser uniquement une PL avec analyse LCR complète en 1ère intention devant tout coma fébrile sans imagerie cérébrale préalable ni bilan biologique associé
Prescrire d'emblée un traitement empirique par benzodiazépines et halopéridol sans exploration diagnostique préalable systématique dans toute confusion aiguë
Aucune démarche systématique n'est nécessaire, l'interrogatoire clinique orienté suffisant à établir le diagnostic dans la majorité des cas de confusion aiguë aux urgences
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Bonne réponse
B. ABC + GCS + glycémie capillaire cardinale, bilan biologique complet, imagerie cérébrale, PL si contexte, mnémotechnique VITAMINS ou AEIOU-TIPS pour causes réversibles
Explication pédagogique
La démarche devant confusion aiguë / coma repose sur une **approche systématique standardisée** (IDSA 2008, SPILF 2019, NICE 2010/2023, HAS 2009) : (1) **Évaluation initiale ABC + GCS** — (a) libération des voies aériennes + O₂ si SpO2 < 94 %, (b) monitorage cardio-respiratoire + surveillance TA + FC + FR + T + SpO2, (c) **calcul du GCS répété** toutes 15-30 min (E1-4 + V1-5 + M1-6, total 3-15), (d) intubation si GCS ≤ 8 persistant ou détresse respiratoire ou absence de protection des voies aériennes, (e) surveillance des pupilles (isocorie / mydriase / réactivité) ; (2) **RÈGLE ABSOLUE : GLYCÉMIE CAPILLAIRE CARDINALE** — « no coma without glucose » — **G30 % 40-60 mL IV bolus IMMÉDIATEMENT** chez tout coma inexpliqué (avant même connaître le résultat de la glycémie sanguine) — l'hypoglycémie est la cause la plus fréquente de coma réversible, correction rapide sans risque en cas de normoglycémie, éviction du drame de la souffrance cérébrale prolongée ; (3) **Bilan biologique complet en urgence** — (a) NFS + CRP + PCT (infection), (b) **ionogramme complet Na/K/Cl/HCO3** (dysnatrémies causant confusion), (c) glycémie sanguine + HbA1c, (d) créatinine + urée (encéphalopathie urémique), (e) **bilan hépatique complet + ammoniac** (encéphalopathie hépatique — normal ici), (f) calcémie totale + ionisée (hypercalcémie / hypocalcémie), (g) **gaz du sang artériel + lactate** (acidose, hypoxie, coma métabolique), (h) **TOXIQUES URINAIRES** (B
Étape 3
Décision 3
Information clinique
Le tableau clinique + LCR évoquent fortement une encéphalite virale, très probablement herpétique. Un interne junior demande : « On attend le résultat de la PCR HSV avant de démarrer l'aciclovir ? À quelle posologie ? Et pour la couverture bactérienne ? »
Quel traitement empirique urgent prescrivez-vous ?
Aciclovir PO 200 mg × 5/j en attendant PCR HSV, la voie orale équivalente à IV et suffisante dans l'encéphalite herpétique à ce stade
Ceftriaxone 2 g × 2/j IV seule (couverture méningite bactérienne empirique) sans antiviral associé, la méningite bactérienne étant plus fréquente que l'encéphalite virale
Corticoïdes IV forte dose (dexaméthasone 10 mg × 4/j) sans antiviral ni antibiotique, seul traitement neuroprotecteur validé en 1ère intention encéphalite
ACICLOVIR IV 10 mg/kg × 3/j DÈS SUSPICION avant PCR HSV + ceftriaxone 2 g × 2/j IV + amoxicilline 200 mg/kg/j (couverture bactérienne Listeria)
Attendre PCR HSV avant décision antivirale, l'aciclovir empirique étant délétère chez patients à PCR HSV négative ultérieurement documentée à haut risque toxicité
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Bonne réponse
D. ACICLOVIR IV 10 mg/kg × 3/j DÈS SUSPICION avant PCR HSV + ceftriaxone 2 g × 2/j IV + amoxicilline 200 mg/kg/j (couverture bactérienne Listeria)
Explication pédagogique
L'**aciclovir IV forte dose empirique DÈS LA SUSPICION CLINIQUE** est le **traitement de référence de l'encéphalite herpétique** — chaque heure de retard aggrave le pronostic (Whitley NEJM 1986, Tunkel IDSA 2008, Solomon BIA 2012, SPILF 2019, Kimberlin CID 2016) : (1) **ACICLOVIR IV FORTE DOSE** — molécule de référence : (a) **posologie standard : 10 mg/kg × 3/j IV (30 mg/kg/j)** en perfusion lente de 1 heure (permet éviter cristallisation rénale — hydratation associée SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion), (b) chez notre patient (82 kg) : **820 mg × 3/j IV** (perfusion 1h chacune), (c) **début DÈS LA SUSPICION CLINIQUE** (**avant même le résultat de la PCR HSV** — Whitley 1986 démonstration fondatrice : mortalité 70 % → 28 % avec aciclovir précoce), (d) **DURÉE : 14 jours minimum, 21 jours si immunodéprimé ou évolution lente** (SPILF 2019, IDSA 2008), (e) **adaptation posologique à la fonction rénale** : 10 mg/kg × 2/j si DFG 25-50 mL/min, 10 mg/kg × 1/j si DFG 10-25, 5 mg/kg × 1/j si DFG < 10 ou dialyse ; (2) **Mécanisme d'action** — analogue nucléosidique (guanosine) triphosphorylé par la thymidine kinase virale HSV → inhibition sélective de l'ADN polymérase virale → arrêt de la réplication virale + terminaison de chaîne. Efficacité TRÈS supérieure à la vidarabine (utilisée avant 1986) qui divise par 3 la mortalité ; (3) **Bénéfice fonctionnel démontré** — (a) **Whitley NEJM 1986** étude randomisée aciclovir vs vidarabine : **mortalité 28 % vs 54 % à 6 mois** (p=0,008), **statut neurologique satisfaisant 38 % vs 14 %**, (b) délai d'initiation avant admission < 4 jours : facteur pronostique majeur, (c) **CHAQUE HEURE COMPTE** : la mortalité augmente significativement au-delà de 48-72h de symptômes sans traitement ; (4) **PAS d'attente de la PCR HSV** — la PCR sur LCR est le gold standard diagnostique (sensibilité > 96 %, spécificité > 99 % après 48-72h de symptômes) mais son délai de résultat (12-24h) est INCOMPATIBLE avec la fenêtre thérapeutique. Traitement empirique dès la suspicion clinique OBLIGATOIRE — si PCR ultérieure négative, aciclovir arrêté sans dommage majeur (toxicité rénale rare et réversible sous hydratation) ; (5) **ANTIBIOTHÉRAPIE EMPIRIQUE ASSOCIÉE couvrant la méningite bactérienne** — en attente de confirmation microbiologique (LCR peut être trompeur en début — méningite bactérienne partiellement traitée ou décapitée) : (a) **CEFTRIAXONE 2 g × 2/j IV** (couverture pneumocoque + méningocoque + Hib), (b) **AMOXICILLINE 200 mg/kg/j IV répartie en 6 prises** — couverture **Listeria monocytogenes** SI patient âgé > 50 ans OU immunodéprimé OU alcoolique OU présentation avec rhombencéphalite (chez notre patient de 45 ans immunocompétent, l'amoxicilline pourrait être discutée — dans le doute et selon protocoles institutionnels, prescription conservatrice acceptable), (c) **VANCOMYCINE 15 mg/kg × 3/j IV** ajoutée si suspicion de pneumocoque résistant ou d'abcès à SARM, (d) réévaluation à 48-72h selon LCR + culture + PCR — arrêt antibiothérapie si origine virale confirmée seule ; (6) **PAS de corticoïdes systématiques dans encéphalite herpétique** — bénéfice non démontré (contrairement à la méningite bactérienne à pneumocoque où la dexaméthasone est indiquée), peuvent être discutés en RCP dans certains cas d'œdème cérébral majeur avec effet de masse (dexaméthasone 4-8 mg × 4/j IV) — non systématiques ; (7) **PAS d'aciclovir PO** — biodisponibilité orale médiocre (10-20 %), inefficace en aigu dans l'encéphalite (concentrations LCR insuffisantes). Voie IV obligatoire en aigu, relais PO valaciclovir 1 g × 3/j possible à distance sur discussion — mais durée totale IV 14-21 jours reste la règle. Posologies alignées sur le protocole Clin92.
Étape 4
Décision 4
Information clinique
L'aciclovir + antibiothérapie empirique sont démarrés. Un interne demande : « Est-ce qu'on donne des corticoïdes IV forte dose ? On fait quoi comme bilan complémentaire pour confirmer l'encéphalite herpétique ? »
Quels compléments diagnostiques et thérapeutiques prescrivez-vous ?
Réaliser une biopsie cérébrale d'emblée pour confirmation histologique diagnostique en 1ère intention, seule méthode fiable de diagnostic dans l'encéphalite herpétique
IRM cérébrale (T2/FLAIR temporo-frontal + diffusion + Gado) + EEG (PLEDs temporaux évocateurs), corticoïdes NON systématiques, aciclovir IV maintenu 14-21 jours
Se limiter au traitement antiviral et antibiotique déjà démarrés sans bilan complémentaire supplémentaire, l'évolution clinique guidant seule la suite du bilan
Ajouter d'emblée des corticoïdes forte dose systématiques (méthylprednisolone 1 g/j × 5 j), seul traitement démontrant efficacité sur pronostic fonctionnel encéphalite virale aiguë
Antiviraux à large spectre (ganciclovir + foscarnet + aciclovir), trithérapie antivirale seule stratégie moderne efficace en 1ère intention dans encéphalite virale sévère
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Bonne réponse
B. IRM cérébrale (T2/FLAIR temporo-frontal + diffusion + Gado) + EEG (PLEDs temporaux évocateurs), corticoïdes NON systématiques, aciclovir IV maintenu 14-21 jours
Explication pédagogique
La stratégie de bilan complémentaire et de traitement adjuvant repose sur : (1) **IRM CÉRÉBRALE MULTIPARAMÉTRIQUE** — examen de référence pour confirmer le diagnostic et évaluer l'étendue lésionnelle (Tunkel IDSA 2008, Steiner Lancet Neurol 2013) : (a) **séquences T1, T2, FLAIR, diffusion, T1 gadolinium**, (b) **HYPERSIGNAL T2/FLAIR TEMPORO-FRONTAL** (signature HSV — tropisme cardinal du virus pour le lobe temporal médial et frontal inférieur) : uncus + hippocampe + gyrus rectus + insula, souvent asymétrique (unilatéral début), (c) **RESTRICTION DE LA DIFFUSION** en phase aiguë (souffrance cellulaire neuronale), (d) **REHAUSSEMENT GYRIFORME cortical après gadolinium** en phase aiguë-subaiguë, (e) évolution progressive avec cavitation nécrotique à distance si non traité, (f) sensibilité IRM > 90 %, spécificité 80-90 % (association clinique + LCR + PCR = confirmation), (g) IRM > scanner qui est peu sensible en phase précoce (mais scanner obligatoire d'abord pour éliminer HTIC avant PL) ; (2) **EEG** — utile pour : (a) **PLEDs (Periodic Lateralized Epileptiform Discharges)** temporaux — pointes-ondes périodiques lentes 1-2 Hz sur dérivations temporales unilatérales — signe TRÈS ÉVOCATEUR d'encéphalite herpétique (60-80 % des cas), sensibilité 50-80 %, apparition entre J+2 et J+15, (b) recherche d'**état de mal épileptique non convulsif (EMENC)** — cause fréquente de troubles de conscience persistants dans les encéphalites, indication de traitement antiépileptique intensifié (lévétiracétam ± valproate ± anesthésie si réfractaire), (c) évaluation de l'activité de fond (ralentissement diffus delta-thêta évoquant encéphalopathie), (d) monitorage continu recommandé si patient sédaté ou état de mal ; (3) **CORTICOÏDES NON SYSTÉMATIQUES dans encéphalite herpétique** — (a) **AUCUN bénéfice démontré à ce jour** dans les études randomisées (contrairement à la méningite bactérienne à pneumocoque où la dexaméthasone est indiquée), (b) le protocole Sherwood 2016 (DexEnceph) évalue actuellement l'ajout de dexaméthasone à l'aciclovir — résultats attendus, (c) **discussion en RCP au cas par cas** en cas d'œdème cérébral majeur avec effet de masse ou HTIC — dexaméthasone 10 mg IV bolus + 4 mg × 4/j pour effet anti-œdémateux, (d) **PAS de méthylprednisolone forte dose systématique** ; (4) **Poursuite ACICLOVIR IV 10 mg/kg × 3/j × 14-21 jours** — durée minimale 14 jours, extension à 21 jours si : (a) immunodépression, (b) évolution clinique lente, (c) présence d'HSV à l'IRM persistant, (d) PCR HSV encore positive sur LCR à J+14 ; (5) **Bilan complémentaire diagnostique différentiel** — (a) sérologies VIH, syphilis, borrélias, brucellose, (b) recherche encéphalites autoimmunes (anti-NMDAR, anti-LGI1, anti-CASPR2, anti-GABA-B, anti-AMPAR) sur sérum et LCR si tableau évocateur (jeune femme, mouvements involontaires, dystonies faciales — moins probable ici mais à envisager), (c) recherche d'encéphalites arbovirales selon exposition (WNV, TBE, JEV, tique-borne) ; (6) **PAS de biopsie cérébrale en 1ère intention** — OBSOLÈTE depuis développement de la PCR sur LCR (sensibilité PCR > 96 %, spécificité > 99 %), biopsie réservée aux cas atypiques avec PCR HSV négative et diagnostic incertain (< 5 % des cas). Posologies alignées sur le protocole Clin92.
Étape 5
Décision 5
Information clinique
Un interne junior demande : « Quels autres examens complémentaires sont utiles ? Comment on suit l'évolution ? »
Parmi les propositions suivantes concernant le bilan complet et le suivi, lesquelles sont correctes ?
IRM cérébrale = examen de référence (hypersignal T2/FLAIR temporo-frontal + restriction diffusion + rehaussement gyriforme), EEG (PLEDs temporaux évocateurs, EMENC associé)
Prescription systématique d'immunoglobulines IV forte dose (0,4 g/kg/j × 5 j) en 1ère intention pour toute encéphalite herpétique, seul traitement immunomodulateur validé
Aucun examen complémentaire nécessaire après le diagnostic clinique et biologique initial, l'évolution étant le seul guide de la suite du bilan et du traitement
Adaptation posologique aciclovir à la fonction rénale, monitorage créatinine biquotidien, hydratation SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion pour prévenir cristallisation
PL contrôle à J+10-14 pour évaluer la clairance virale (PCR HSV négative) + sérologies HIV/syphilis/borrélia + recherche encéphalites autoimmunes si diagnostic différentiel
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Bonne réponse
A. IRM cérébrale = examen de référence (hypersignal T2/FLAIR temporo-frontal + restriction diffusion + rehaussement gyriforme), EEG (PLEDs temporaux évocateurs, EMENC associé) D. Adaptation posologique aciclovir à la fonction rénale, monitorage créatinine biquotidien, hydratation SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion pour prévenir cristallisation E. PL contrôle à J+10-14 pour évaluer la clairance virale (PCR HSV négative) + sérologies HIV/syphilis/borrélia + recherche encéphalites autoimmunes si diagnostic différentiel
Explication pédagogique
Les compléments diagnostiques et le suivi de l'encéphalite herpétique associent (IDSA 2008, SPILF 2019, Kimberlin CID 2016) : (1) **IRM cérébrale = examen de référence** — (a) **hypersignal T2/FLAIR temporo-frontal** (tropisme cardinal HSV pour lobe temporal médial + frontal inférieur limbique), (b) **restriction de la diffusion** en phase aiguë (souffrance cellulaire), (c) **rehaussement gyriforme cortical** après gadolinium (rupture BHE), (d) évolution : cavitation nécrotique à distance si non traité, (e) IRM répétée à J+7-14 pour évaluer l'évolution et guider durée du traitement ; (2) **EEG** — (a) **PLEDs temporaux évocateurs** (60-80 % des cas HSV), (b) **EMENC associé** (état de mal épileptique non convulsif) — cause fréquente de troubles de conscience persistants dans les encéphalites, monitorage EEG continu recommandé si patient sédaté ou troubles de conscience persistants, (c) évaluation de l'activité de fond (ralentissement diffus) ; (3) **PL DE CONTRÔLE à J+10-14** — (a) recherche de **clairance virale (PCR HSV négative)** — critère de suffisance du traitement, (b) si PCR HSV encore positive : **extension aciclovir à 21 jours minimum**, éventuellement plus si persistance, (c) évaluation de l'inflammation résiduelle (cellules + protéinorachie) ; (4) **Diagnostic différentiel élargi** si évolution atypique ou PCR HSV négative — (a) **sérologies VIH, syphilis, Lyme, brucellose, arboviroses** (WNV, TBE, JEV selon zone), (b) **encéphalites autoimmunes** : anti-NMDAR (jeune femme + mouvements involontaires + dystonies faciales + hallucinations + tumeur ovarienne), anti-LGI1 (encéphalite limbique + crises myoclonies faciobrachiales), anti-CASPR2 (syndrome de Morvan), anti-GABA-B, anti-AMPAR — sur sérum et LCR, (c) recherche encéphalites paranéoplasiques (anti-Hu, anti-Yo, anti-Ma2, anti-CRMP5), (d) recherche **encéphalites toxiques** (métaux lourds, plomb — sur exposition) ; (5) **Adaptation posologique aciclovir à la fonction rénale** — (a) adaptation selon DFG : 10 mg/kg × 3/j si DFG > 50, × 2/j si 25-50, × 1/j si 10-25, 5 mg/kg × 1/j si < 10 ou dialyse, (b) **monitorage créatinine biquotidien** — recherche IRA cristalline par précipitation intratubulaire d'aciclovir (facteur de risque : hypovolémie, DFG diminué, bolus IV rapide), (c) **hydratation SSI 500-1000 mL AVANT chaque perfusion** + perfusion lente sur 1h — prévention efficace de la cristallisation rénale, (d) adaptation à la baisse ou espacement des doses si créatinine augmente ; (6) **Bilan étiologique** — recherche facteurs prédisposants ou déclenchants (immunodépression méconnue, infection intercurrente, stress), sérologie HSV type 1/2 IgG/IgM pour confirmer la réactivation vs primo-infection ; (7) **Consultation psychiatrique / neuropsychologique à distance** — évaluation des séquelles cognitives (troubles mnésiques hippocampiques, syndrome frontal, aphasie, épilepsie séquellaire) — 50-70 % des survivants ont des séquelles significatives. Posologies alignées sur le protocole Clin92.
Étape 6
Décision 6
Information clinique
Un interne junior demande : « Est-ce que la démarche serait différente pour les autres causes de confusion aiguë ou de coma — delirium du sujet âgé, encéphalopathie hépatique, coma toxique, hypoglycémie, PRES, EMENC ? »
Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?
Delirium sujet âgé : multifactoriel (infection urinaire + rétention + iatrogénie anticholinergique + douleur), CAM criteria + traitement causes réversibles, halopéridol faible dose si agitation
Aucune cause de confusion aiguë ni de coma ne nécessite d'imagerie cérébrale en urgence, la démarche étant strictement clinique sans exploration systématique dans la majorité
Toutes les confusions aiguës et comas se traitent identiquement par aciclovir + antibiothérapie empirique, sans distinction du mécanisme sous-jacent identifié à l'imagerie
Encéphalopathie hépatique : cirrhose + facteur déclenchant (HDH, infection, iatrogénie BZD, constipation) + astérixis + fœtor + West Haven, lactulose + rifaximine + traitement cause
Coma toxique : toxidromes + antidotes (flumazénil BZD, naloxone opiacés, bicarbonates tricycliques), hypoglycémie (règle no coma without glucose, G30 % 40-60 mL bolus)
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A. Delirium sujet âgé : multifactoriel (infection urinaire + rétention + iatrogénie anticholinergique + douleur), CAM criteria + traitement causes réversibles, halopéridol faible dose si agitation D. Encéphalopathie hépatique : cirrhose + facteur déclenchant (HDH, infection, iatrogénie BZD, constipation) + astérixis + fœtor + West Haven, lactulose + rifaximine + traitement cause E. Coma toxique : toxidromes + antidotes (flumazénil BZD, naloxone opiacés, bicarbonates tricycliques), hypoglycémie (règle no coma without glucose, G30 % 40-60 mL bolus)
Explication pédagogique
Les autres causes de confusion aiguë et de coma nécessitent des prises en charge très différentes : (1) **Delirium / confusion aiguë du sujet âgé** — extrêmement fréquent aux urgences (10-30 % des > 70 ans), souvent multifactoriel (Inouye CAM criteria, NICE 2010/2023, HAS 2009) : (a) **facteurs prédisposants** : démence sous-jacente, âge > 75 ans, polymédication, comorbidités multiples, dénutrition, déficit sensoriel (visuel, auditif), (b) **facteurs précipitants (multifactoriels souvent additifs)** : **infection urinaire** (cause la plus fréquente), **rétention urinaire aiguë** (globe vésical) ou **fécalome**, **iatrogénie anticholinergique** (antihistaminiques, tricycliques, oxybutynine, atropine) ou opiacés ou B
Étape 7
Décision 7
Information clinique
Le patient est stable en réanimation neurologique. Vous transmettez à l'équipe de neurologie pour la suite de la prise en charge.
Quelle transmission adressez-vous ?
« Homme 45 ans autonome mRS 0 professeur d'histoire, HTA sous ramipril + tabagique 20 PA + dyslipidémie sous atorvastatine, PAS d'immunodépression connue (VIH négatif en cours de confirmation). Il y a 3 jours : céphalée + fièvre 38-39 + fatigue attribués à grippe saisonnière (piège banalisation cardinal) + auto-médication paracétamol, aggravation progressive avec confusion + hallucinations auditives + troubles du langage sur J-1 (attribuées à fatigue), ce matin CRISE CONVULSIVE FOCALE hémicorporelle droite avec généralisation secondaire (3 min) puis COMA POST-CRITIQUE. SAMU à 7h30 : GCS 8 + T 39,3 + glycémie 1,05, prise en charge midazolam 2 mg + O2 + transfert médicalisé. Arrivée à 8h00 (H+1 après crise) en salle de déchoquage : TA 145/90, FC 105 tachycardie sinusale, T 39,5 confirmée, SpO2 96 sous O2 3 L/min, GCS 9 (E2 V3 M4) coma peu profond post-critique, syndrome méningé discret (Kernig positif + raideur discrète), SYNDROME FRONTAL débutant (grasping + désinhibition + hallucinations auditives simples + paraphasies + troubles du langage), pas de déficit focal moteur clair. Glycémie capillaire 1,15 (règle no coma without glucose appliquée — normale). Bilan biologique : leucocytes 12800 avec lymphocytose 78 % + CRP 42 + PCT 0,45 (faveur virale), iono normal, ammoniac 45 normal (élimine encéphalopathie hépatique), bilan hépatique normal, gaz normaux, lactate 1,8, TOXIQUES NÉGATIFS, alcoolémie 0, hémostase normale. ECG rythme sinusal 105. Scanner cérébral sans injection à H+1h20 : pas d'hémorragie, pas de tumeur, pas d'HTIC, DISCRET ŒDÈME TEMPORO-FRONTAL GAUCHE, pas de contre-indication à la PL. PL réalisée à H+2 : LCR clair, 45 éléments 72 % lymphocytaires, protéinorachie 0,85 (élevée), glycorachie normale rapport 0,59, Gram direct négatif — MÉNINGITE LYMPHOCYTAIRE ÉVOCATRICE VIRALE — PCR HSV-1 envoyée en urgence. IRM cérébrale à H+4 : HYPERSIGNAL T2/FLAIR TEMPORO-FRONTAL GAUCHE (uncus + hippocampe + gyrus rectus + insula) + RESTRICTION DE LA DIFFUSION + REHAUSSEMENT GYRIFORME après Gado — ASPECT TYPIQUE d'encéphalite herpétique HSV-1. EEG à H+6 : PLEDs temporaux gauches périodiques 1,5 Hz — TRÈS ÉVOCATEUR HSV. PCR HSV-1 POSITIVE À H+18 — CONFIRMATION DIAGNOSTIQUE ENCÉPHALITE HERPÉTIQUE HSV-1 TEMPORO-FRONTALE GAUCHE. Bundle démarré à H+2 : ACICLOVIR IV 820 mg (10 mg/kg pour 82 kg) × 3/j (30 mg/kg/j) EN PERFUSION LENTE 1h avec hydratation SSI 500 mL préalable pour prévenir cristallisation rénale (H+2, H+10, H+18 puis toutes 8h — durée cible 14-21 jours), CEFTRIAXONE 2 g × 2/j IV empirique + AMOXICILLINE 200 mg/kg/j (couverture méningite bactérienne + Listeria — à ARRÊTER à H+36 après confirmation PCR HSV+ et LCR compatible virus seul), LÉVÉTIRACÉTAM 1000 mg × 2/j IV en prophylaxie anticonvulsivante (crise convulsive avérée), PAS DE CORTICOÏDES SYSTÉMATIQUES (aucun bénéfice démontré + réservés œdème cérébral majeur), monitorage neurologique 4×/j (GCS + syndrome frontal + langage + pupilles), monitorage cardio-respiratoire continu, oxygénothérapie 3 L/min, position semi-assise 30°, paracétamol IV pour fièvre + refroidissement externe si T > 39, sondage vésical, HBPM énoxaparine 40 mg SC/j prophylactique, IPP oméprazole 40 mg IV/j. À H+8 patient stable : TA 135/80, FC 92, T 38,4 (baisse), GCS 10 (amélioration légère), diurèse préservée, créatinine stable 82. Je vous le monte en réanimation neurologique pour poursuite intensive : monitorage cardio-respiratoire continu + surveillance neurologique répétée toutes 2h × 24h puis 4h × 5 j puis biquotidien, POURSUITE ACICLOVIR IV 10 mg/kg × 3/j × 14-21 jours minimum (durée guidée par évolution clinique + IRM contrôle J+7 + PL contrôle J+10-14 avec objectif clairance virale PCR HSV négative), ADAPTATION POSOLOGIQUE ACICLOVIR À LA FONCTION RÉNALE (créat biquotidienne + hydratation SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion + perfusion lente 1h), lévétiracétam 1000 mg × 2/j IV maintenu (prévention récidives convulsives), monitorage EEG continu 24-48h pour rechercher état de mal épileptique non convulsif (EMENC) associé (négatif à l'enregistrement initial), IRM cérébrale de contrôle programmée J+7 et J+14 pour évaluer évolution + étendue lésionnelle, PL de contrôle J+10-14 pour clairance virale (objectif PCR HSV négative — si positive extension aciclovir à 21 j minimum), bilan étiologique élargi (VIH — négatif préliminaire à confirmer + syphilis + Lyme + brucellose + encéphalites autoimmunes anti-NMDAR/LGI1/CASPR2 sur sérum + LCR — envoyés), consultation psychiatrique / neuropsychologique à distance pour évaluation séquelles cognitives (troubles mnésiques hippocampiques + syndrome frontal + aphasie + épilepsie séquellaire chez 50-70 % des survivants), rééducation neuropsychologique + orthophonie + cognitive à distance (kiné + orthophonie + ergothérapie 3×/semaine × 6-12 mois), reprise professionnelle progressive à discuter à M+3-6 selon récupération cognitive, sevrage tabagique renforcé, consultation cardiologique de suivi (HTA, dyslipidémie), soutien psychologique du patient et de la famille (annonce faite à l'épouse qui accompagne + 2 enfants adolescents), dossier ALD à jour et prise en charge sociale (arrêt de travail long 3-6 mois minimum, adaptations professionnelles si séquelles), planning des suivis structurés (neurologie M+1 + M+3 + M+6 + M+12, IRM cérébrale de contrôle M+3 puis M+6, EEG de contrôle si crises), directives anticipées si séquelles majeures. Points d'anticipation : évolution clinique attendue variable — récupération complète 30 % + séquelles modérées 30-40 % + séquelles sévères 20-30 % + mortalité 15-20 % (dépend directement du délai de traitement respecté ici avec aciclovir à H+2), risque de récidive convulsive (25-40 % à long terme — traitement antiépileptique à discuter durée), risque EMENC associé (monitorage EEG), risque hydrocéphalie post-inflammatoire (surveillance clinique + IRM), risque toxicité aciclovir rénale (adaptation posologique + hydratation + monitorage créatinine biquotidien), risque de résistance HSV à l'aciclovir (rare chez immunocompétent < 1 % — foscarnet en 2ème ligne), état dépressif fréquent post-encéphalite (50-70 % — dépistage systématique). »
Attendre 72 heures avant tout transfert en réanimation neurologique, la stabilisation complète étant nécessaire avant transfert programmé en unité spécialisée
« Une encéphalite herpétique qui va bien sous aciclovir, à toi »
Contact uniquement téléphonique avec le neurologue sans support écrit ni transmission structurée détaillée, la traçabilité étant assurée par le compte rendu ultérieur
Envoi direct sans transmission verbale, le compte rendu écrit suit dans la journée
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Bonne réponse
A. « Homme 45 ans autonome mRS 0 professeur d'histoire, HTA sous ramipril + tabagique 20 PA + dyslipidémie sous atorvastatine, PAS d'immunodépression connue (VIH négatif en cours de confirmation). Il y a 3 jours : céphalée + fièvre 38-39 + fatigue attribués à grippe saisonnière (piège banalisation cardinal) + auto-médication paracétamol, aggravation progressive avec confusion + hallucinations auditives + troubles du langage sur J-1 (attribuées à fatigue), ce matin CRISE CONVULSIVE FOCALE hémicorporelle droite avec généralisation secondaire (3 min) puis COMA POST-CRITIQUE. SAMU à 7h30 : GCS 8 + T 39,3 + glycémie 1,05, prise en charge midazolam 2 mg + O2 + transfert médicalisé. Arrivée à 8h00 (H+1 après crise) en salle de déchoquage : TA 145/90, FC 105 tachycardie sinusale, T 39,5 confirmée, SpO2 96 sous O2 3 L/min, GCS 9 (E2 V3 M4) coma peu profond post-critique, syndrome méningé discret (Kernig positif + raideur discrète), SYNDROME FRONTAL débutant (grasping + désinhibition + hallucinations auditives simples + paraphasies + troubles du langage), pas de déficit focal moteur clair. Glycémie capillaire 1,15 (règle no coma without glucose appliquée — normale). Bilan biologique : leucocytes 12800 avec lymphocytose 78 % + CRP 42 + PCT 0,45 (faveur virale), iono normal, ammoniac 45 normal (élimine encéphalopathie hépatique), bilan hépatique normal, gaz normaux, lactate 1,8, TOXIQUES NÉGATIFS, alcoolémie 0, hémostase normale. ECG rythme sinusal 105. Scanner cérébral sans injection à H+1h20 : pas d'hémorragie, pas de tumeur, pas d'HTIC, DISCRET ŒDÈME TEMPORO-FRONTAL GAUCHE, pas de contre-indication à la PL. PL réalisée à H+2 : LCR clair, 45 éléments 72 % lymphocytaires, protéinorachie 0,85 (élevée), glycorachie normale rapport 0,59, Gram direct négatif — MÉNINGITE LYMPHOCYTAIRE ÉVOCATRICE VIRALE — PCR HSV-1 envoyée en urgence. IRM cérébrale à H+4 : HYPERSIGNAL T2/FLAIR TEMPORO-FRONTAL GAUCHE (uncus + hippocampe + gyrus rectus + insula) + RESTRICTION DE LA DIFFUSION + REHAUSSEMENT GYRIFORME après Gado — ASPECT TYPIQUE d'encéphalite herpétique HSV-1. EEG à H+6 : PLEDs temporaux gauches périodiques 1,5 Hz — TRÈS ÉVOCATEUR HSV. PCR HSV-1 POSITIVE À H+18 — CONFIRMATION DIAGNOSTIQUE ENCÉPHALITE HERPÉTIQUE HSV-1 TEMPORO-FRONTALE GAUCHE. Bundle démarré à H+2 : ACICLOVIR IV 820 mg (10 mg/kg pour 82 kg) × 3/j (30 mg/kg/j) EN PERFUSION LENTE 1h avec hydratation SSI 500 mL préalable pour prévenir cristallisation rénale (H+2, H+10, H+18 puis toutes 8h — durée cible 14-21 jours), CEFTRIAXONE 2 g × 2/j IV empirique + AMOXICILLINE 200 mg/kg/j (couverture méningite bactérienne + Listeria — à ARRÊTER à H+36 après confirmation PCR HSV+ et LCR compatible virus seul), LÉVÉTIRACÉTAM 1000 mg × 2/j IV en prophylaxie anticonvulsivante (crise convulsive avérée), PAS DE CORTICOÏDES SYSTÉMATIQUES (aucun bénéfice démontré + réservés œdème cérébral majeur), monitorage neurologique 4×/j (GCS + syndrome frontal + langage + pupilles), monitorage cardio-respiratoire continu, oxygénothérapie 3 L/min, position semi-assise 30°, paracétamol IV pour fièvre + refroidissement externe si T > 39, sondage vésical, HBPM énoxaparine 40 mg SC/j prophylactique, IPP oméprazole 40 mg IV/j. À H+8 patient stable : TA 135/80, FC 92, T 38,4 (baisse), GCS 10 (amélioration légère), diurèse préservée, créatinine stable 82. Je vous le monte en réanimation neurologique pour poursuite intensive : monitorage cardio-respiratoire continu + surveillance neurologique répétée toutes 2h × 24h puis 4h × 5 j puis biquotidien, POURSUITE ACICLOVIR IV 10 mg/kg × 3/j × 14-21 jours minimum (durée guidée par évolution clinique + IRM contrôle J+7 + PL contrôle J+10-14 avec objectif clairance virale PCR HSV négative), ADAPTATION POSOLOGIQUE ACICLOVIR À LA FONCTION RÉNALE (créat biquotidienne + hydratation SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion + perfusion lente 1h), lévétiracétam 1000 mg × 2/j IV maintenu (prévention récidives convulsives), monitorage EEG continu 24-48h pour rechercher état de mal épileptique non convulsif (EMENC) associé (négatif à l'enregistrement initial), IRM cérébrale de contrôle programmée J+7 et J+14 pour évaluer évolution + étendue lésionnelle, PL de contrôle J+10-14 pour clairance virale (objectif PCR HSV négative — si positive extension aciclovir à 21 j minimum), bilan étiologique élargi (VIH — négatif préliminaire à confirmer + syphilis + Lyme + brucellose + encéphalites autoimmunes anti-NMDAR/LGI1/CASPR2 sur sérum + LCR — envoyés), consultation psychiatrique / neuropsychologique à distance pour évaluation séquelles cognitives (troubles mnésiques hippocampiques + syndrome frontal + aphasie + épilepsie séquellaire chez 50-70 % des survivants), rééducation neuropsychologique + orthophonie + cognitive à distance (kiné + orthophonie + ergothérapie 3×/semaine × 6-12 mois), reprise professionnelle progressive à discuter à M+3-6 selon récupération cognitive, sevrage tabagique renforcé, consultation cardiologique de suivi (HTA, dyslipidémie), soutien psychologique du patient et de la famille (annonce faite à l'épouse qui accompagne + 2 enfants adolescents), dossier ALD à jour et prise en charge sociale (arrêt de travail long 3-6 mois minimum, adaptations professionnelles si séquelles), planning des suivis structurés (neurologie M+1 + M+3 + M+6 + M+12, IRM cérébrale de contrôle M+3 puis M+6, EEG de contrôle si crises), directives anticipées si séquelles majeures. Points d'anticipation : évolution clinique attendue variable — récupération complète 30 % + séquelles modérées 30-40 % + séquelles sévères 20-30 % + mortalité 15-20 % (dépend directement du délai de traitement respecté ici avec aciclovir à H+2), risque de récidive convulsive (25-40 % à long terme — traitement antiépileptique à discuter durée), risque EMENC associé (monitorage EEG), risque hydrocéphalie post-inflammatoire (surveillance clinique + IRM), risque toxicité aciclovir rénale (adaptation posologique + hydratation + monitorage créatinine biquotidien), risque de résistance HSV à l'aciclovir (rare chez immunocompétent < 1 % — foscarnet en 2ème ligne), état dépressif fréquent post-encéphalite (50-70 % — dépistage systématique). »
Explication pédagogique
La transmission structurée d'une encéphalite herpétique HSV-1 confirmée comprend : les antécédents précis (HTA, tabagisme, dyslipidémie, absence d'immunodépression connue), la chronologie exacte avec **piège cardinal de la banalisation en grippe** (3 jours d'auto-médication paracétamol), la chronologie de l'aggravation neurologique (confusion + syndrome frontal + crise convulsive focale), le tableau initial complet (GCS 9 + syndrome méningé discret + syndrome frontal + coma post-critique), le bilan cardinal (glycémie normale règle « no coma without glucose » + toxiques négatifs + iono + gaz + ammoniac + LCR de méningite lymphocytaire + IRM temporo-frontale gauche typique + EEG PLEDs + PCR HSV-1 positive), le bundle thérapeutique complet (aciclovir IV forte dose à H+2 respect fenêtre thérapeutique + antibiothérapie empirique à réévaluer + lévétiracétam prophylactique + pas de corticoïdes systématiques), l'adaptation posologique à la fonction rénale + hydratation, et les points d'anticipation majeurs (variabilité pronostique selon délai de traitement respecté, séquelles neurocognitives fréquentes 50-70 %, récidives convulsives, EMENC associé, toxicité aciclovir rénale, dépistage encéphalites autoimmunes différentielles, soutien psychologique et rééducation à distance).
Débriefing finalAfficher le débriefing
Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.
Objectifs pédagogiques
Reconnaître une **confusion aiguë / coma fébrile** comme une **URGENCE DIAGNOSTIQUE ET THÉRAPEUTIQUE ABSOLUE** imposant une démarche systématique : (a) évaluation initiale ABC + Glasgow, (b) glycémie capillaire cardinale (règle absolue « no coma without glucose »), (c) bilan cardinal en urgence (NFS + CRP + PCT + ionogramme + créatinine + bilan hépatique + ammoniac + gaz du sang + lactate + toxiques urinaires + alcoolémie), (d) recherche systématique des causes réversibles.
Appliquer une **mnémotechnique diagnostique** exhaustive devant confusion aiguë / coma (VITAMINS ou AEIOU-TIPS ou équivalent) : (a) **V**asculaire (AVC ischémique / hémorragique), (b) **I**nfectieux (méningite, encéphalite, sepsis), (c) **T**oxique (médicaments, drogues, CO), (d) **A**utoimmun (encéphalites auto-immunes), (e) **M**étabolique (hypoglycémie, hyperglycémie, dysnatrémie, insuffisance hépatique/rénale, hypercalcémie), (f) **I**atrogène (BZD, opiacés, anticholinergiques), (g) **N**utritionnel (Wernicke — thiamine), (h) **S**tructural (tumeur, hydrocéphalie, HTIC).
Reconnaître les signes cardinaux d'orientation vers l'**encéphalite herpétique** (cause virale la plus fréquente et la plus grave) : (a) **fièvre + confusion / coma progressif** en jours, (b) **crise convulsive focale** ou généralisée, (c) **syndrome frontal ou temporal** (troubles du langage, hallucinations, désinhibition), (d) **syndrome méningé discret**, (e) **absence d'immunodépression franche** (mais possible aussi chez immunodéprimés).
Prescrire le **scanner cérébral sans injection EN URGENCE < 20 min** avant toute PL — élimine HTIC, hémorragie, effet de masse — condition sine qua non pour PL sans risque d'engagement.
Réaliser la **ponction lombaire** après scanner et bilan d'hémostase — recherche : (a) cytologie et biochimie (LCR clair + méningite lymphocytaire + hyperprotéinorachie = évocateur viral), (b) glycorachie et lactate LCR (bactérien : glycorachie basse + lactate élevé), (c) coloration Gram + culture standard, (d) **PCR HSV-1 en urgence** (délai résultat 12-24h — sensibilité > 96 %, spécificité > 99 % après 48-72h de symptômes).
Prescrire **ACICLOVIR IV FORTE DOSE 10 mg/kg × 3/j (30 mg/kg/j) DÈS LA SUSPICION CLINIQUE** — **AVANT même le résultat de la PCR HSV** (Whitley NEJM 1986, IDSA 2008, SPILF 2019). Bénéfice fonctionnel majeur : mortalité 70 % → 20-30 %, séquelles réduites si traitement précoce. Durée : **14 jours au minimum, 21 jours si immunodéprimé ou évolution lente**, adaptation posologique à la fonction rénale (10 mg/kg × 2/j si DFG 25-50, 10 mg/kg × 1/j si DFG 10-25).
Prescrire une **antibiothérapie empirique ASSOCIÉE** couvrant la méningite bactérienne (ceftriaxone 2 g × 2/j IV + amoxicilline 200 mg/kg/j pour Listeria si > 50 ans ou immunodépression) EN ATTENDANT les résultats microbiologiques — à réévaluer et arrêter si LCR compatible avec origine virale seule et PCR HSV positive.
Reconnaître les autres causes de confusion aiguë et de coma avec leurs spécificités thérapeutiques : (a) **delirium du sujet âgé** — multifactoriel (infection urinaire + rétention + iatrogénie anticholinergique + douleur non contrôlée + déshydratation) — CAM criteria + traitement des causes réversibles + halopéridol à faible dose si agitation, (b) **encéphalopathie hépatique** — cirrhose + facteur déclenchant (HDH, infection, iatrogénie BZD, constipation, diurétiques) + astérixis + fœtor hepaticus + West Haven → lactulose + rifaximine + traitement cause, (c) **coma toxique** — toxidromes + antidotes (flumazénil BZD, naloxone opiacés, bicarbonates tricycliques, N-acétylcystéine paracétamol), (d) **hypoglycémie** — règle absolue « no coma without glucose » — G30 % IV bolus 40-60 mL immédiatement chez tout coma inexpliqué, (e) **PRES** (posterior reversible encephalopathy syndrome) — HTA sévère + convulsions + IRM T2 FLAIR occipital bilatéral, (f) **EMENC** (état de mal épileptique non convulsif) — EEG cardinal, (g) **sepsis-associated encephalopathy** — bundle SSC + traitement cause infectieuse.
Points clés à retenirAfficher les points clés
La **confusion aiguë / coma** est une **URGENCE DIAGNOSTIQUE ET THÉRAPEUTIQUE ABSOLUE** imposant une démarche systématique : ABC + GCS + **glycémie capillaire cardinale** (règle absolue « no coma without glucose ») + bilan biologique complet + imagerie cérébrale + PL si indication + traitement empirique urgent des causes réversibles.
**Mnémotechnique VITAMINS ou AEIOU-TIPS** pour rechercher systématiquement les causes réversibles : Vasculaire, Infectieux, Toxique, Autoimmun, Métabolique, Iatrogène, Nutritionnel (Wernicke), Structural / Seizure.
Le **coma fébrile** doit faire évoquer en URGENCE l'**encéphalite herpétique HSV** (cause virale la plus grave — mortalité 70 % sans traitement, réduite à 20-30 % sous aciclovir empirique urgent) — signes évocateurs : fièvre + confusion / coma progressif + crise convulsive focale + syndrome frontal ou temporal + syndrome méningé discret.
**Scanner cérébral sans injection en URGENCE < 20 min** avant toute PL — élimine HTIC, hémorragie, effet de masse (condition sine qua non pour PL sans engagement).
**PONCTION LOMBAIRE** après scanner normal + hémostase normale — recherche méningite lymphocytaire (évocatrice virale) + **PCR HSV en URGENCE** (gold standard, sensibilité > 96 %, délai 12-24h).
**ACICLOVIR IV FORTE DOSE 10 mg/kg × 3/j (30 mg/kg/j) DÈS LA SUSPICION CLINIQUE** — avant même le résultat de la PCR HSV (Whitley NEJM 1986, IDSA 2008, SPILF 2019). Durée 14-21 jours minimum. Adaptation à la fonction rénale + hydratation SSI 500-1000 mL avant chaque perfusion pour prévenir cristallisation rénale.
**ANTIBIOTHÉRAPIE EMPIRIQUE ASSOCIÉE** (ceftriaxone 2 g × 2/j IV + amoxicilline 200 mg/kg/j pour Listeria si > 50 ans ou immunodéprimé) en attente de confirmation microbiologique. **PAS de corticoïdes systématiques** dans l'encéphalite herpétique.
**IRM cérébrale** (hypersignal T2/FLAIR temporo-frontal + restriction diffusion + rehaussement gyriforme = signature HSV) + **EEG** (PLEDs temporaux évocateurs, recherche EMENC associé) + **PL de contrôle J+10-14** pour clairance virale.
**Autres causes de confusion / coma à distinguer** : **delirium sujet âgé** (multifactoriel + CAM + traitement causes réversibles), **encéphalopathie hépatique** (cirrhose + facteur déclenchant + astérixis + lactulose + rifaximine), **coma toxique** (toxidromes + antidotes), **hypoglycémie** (G30 % immédiat), **PRES** (HTA + convulsions + IRM occipital), **EMENC** (EEG cardinal), **sepsis-associated encephalopathy** (bundle SSC).
