Contenu pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior. Lire l’avertissement médical.

Reflexes Urgences

Cas clinique

Acidocétose Diabétique / État Hyperosmolaire Hyperglycémique

Métabolique

Cas clinique pédagogique destiné à la formation. Ne remplace pas le jugement clinique, les protocoles locaux ni l’avis d’un médecin senior.

Présentation initiale

Homme de **24 ans**, étudiant en master d'informatique, vit en colocation. **Diabète de type 1** diagnostiqué à l'âge de 16 ans (**8 ans d'évolution**), sous **pompe à insuline sous-cutanée** (insuline lispro, débit basal + bolus prandiaux, adaptation glycémique). HbA1c à 7,4 % au dernier trimestre, patient globalement bien équilibré. Antécédents : **une acidocétose diabétique inaugurale** au diagnostic il y a 8 ans (récupération complète), pas d'autre complication chronique connue, rétinopathie non proliférante débutante, pas de néphropathie ni de neuropathie déclarées. Pas de comorbidité, non-fumeur, alcool occasionnel.

**Histoire de la maladie** : depuis **48 heures**, épisode de **gastro-entérite aiguë** (vomissements alimentaires puis bilieux, 6-8 par jour ; diarrhées liquidiennes non sanglantes ; fièvre modérée à 38,2 °C ; contexte familial de gastro-entérite chez sa colocataire depuis 4 jours). **Réduction spontanée des apports alimentaires** : peu d'ingesta hydriques et solides. **Gestion de la pompe à insuline** : **omission partielle des bolus prandiaux** (« comme je ne mange pas, je ne me suis pas piqué »), **débit basal maintenu** mais **pompe déconnectée** à plusieurs reprises pendant les vomissements. **Contrôles glycémiques irréguliers** : hyperglycémies notées la veille au soir (3,2 g/L) et ce matin (5,4 g/L), sans réaction thérapeutique adaptée.

**Depuis ce matin** (6 heures avant l'admission) : **dyspnée d'aggravation progressive** avec sensation d'oppression, **soif intense** avec polydipsie, **polyurie** puis oligurie, **douleurs abdominales diffuses** (« crampes »), **altération de conscience** avec somnolence et ralentissement psychomoteur, **haleine acétonique** notée par la colocataire. Amené aux urgences par la famille alertée.

À l'arrivée aux urgences : TA **105/62 mmHg** (habituelle 118/72), FC **118/min**, **FR 32/min** (**respiration ample et profonde type Kussmaul**), SpO₂ 96 % en air ambiant, T 37,8 °C, GCS **12** (E3V4M5, ralenti), glycémie capillaire **4,82 g/L** (26,8 mmol/L), **β-OHB capillaire 5,8 mmol/L** (norme < 0,6).

**Examen clinique** : - Aspect général : patient asthénique, somnolent, faciès amaigri, coloration terne - **Signes de déshydratation sévère** : muqueuses sèches, pli cutané persistant, yeux enfoncés, langue rôtie - Cardio-vasculaire : tachycardie régulière sans souffle, TRC 4 secondes, extrémités froides, **hypotension orthostatique** (chute de 20 mmHg au lever assisté) - **Respiration de Kussmaul** ample et profonde (FR 32, amplitude majeure) - **Haleine cétonique** (odeur de pomme reinette) nettement perceptible - Abdomen : douloureux à la palpation diffuse, sans défense ni contracture, bruits hydroaériques présents (pseudo-abdomen chirurgical de l'ACD) - Neurologique : GCS 12, ralentissement psychomoteur, réponses verbales confuses, pas de déficit focal, pas de raideur méningée - Pas d'éruption cutanée, pas de foyer infectieux évident, pas d'accès veineux permanent

**Bilan biologique en urgence** : - **Glycémie sanguine 4,82 g/L (26,8 mmol/L)** confirmée - **Gaz du sang artériel** : **pH 7,02**, **HCO₃⁻ 6 mmol/L**, PaCO₂ 18 mmHg (compensation respiratoire), PaO₂ 108, lactate 2,4, **anion gap = Na⁺ − (Cl⁻ + HCO₃⁻) = 132 − (98 + 6) = 28 mmol/L** (élevé, norme < 12) - **β-OHB (bêta-hydroxybutyrate) sanguin : 6,2 mmol/L** (élevé) - **Cétonurie** : 4+ (bandelette urinaire) - Ionogramme : **Na⁺ 132 mmol/L** (fausse hyponatrémie sur hyperglycémie — Na⁺ corrigé = 132 + 1,6 × (26,8 − 5,5) / 5,5 ≈ 138), **K⁺ 5,8 mmol/L** (hyperkaliémie apparente sur acidose et transferts, **stock potassique total effondré**), Cl⁻ 98, HCO₃⁻ 6 mmol/L - Osmolarité calculée : 2 × 138 + 26,8 + 8 (urée) ≈ **310 mOsm/L** (élevée mais < 320) - **Créatinine 145 µmol/L** (référence 82, IRA fonctionnelle par hypovolémie), urée 8 mmol/L - **NFS** : Hb 15,8 (hémoconcentration), plaquettes 320 000, **leucocytes 17 500** (PNN 82 % — hyperleucocytose classique de l'ACD, à interpréter) - **CRP 45 mg/L**, procalcitonine 0,4 ng/mL (peu élevée, orientant vers l'origine virale de la gastro-entérite) - **Amylase 210** UI/L (élevée, classique dans l'ACD sans pancréatite associée), lipase normale - Coagulation : TP 88 %, INR 1,1 (normal) - Bilan hépatique normal - Bandelette urinaire : glycosurie 4+, cétonurie 4+, protéinurie négative, leucocytes négatifs, nitrites négatifs - Hémocultures × 2 et ECBU prélevés - **HbA1c** demandée (résultat pour le suivi, non pour la décision aiguë)

**Radiographie thoracique** : cœur en cardiothyroïdie normale, champs pulmonaires clairs, pas de foyer.

**ECG** : rythme sinusal à 118/min, **ondes T pointues symétriques** en dérivations précordiales (V2-V4) sur hyperkaliémie modérée, pas d'élargissement du QRS, PR normal.

**Classification ADA 2024 de la sévérité de l'ACD** :

CritèreLégerModéréSévère (ce patient)
pH artériel7,25-7,307,00-7,24< 7,00 (ici 7,02)
HCO₃⁻15-1810-15< 10 (ici 6)
État de conscienceAlerteAlerte/somnolentStupor/coma (ici GCS 12)

**ACD sévère** confirmée.

Poids déclaré 68 kg (poids habituel 74 kg, **perte de 6 kg** en 48 heures — hémoconcentration et déshydratation).

Étape 1

Décision 1

Information clinique

Le patient est en salle d'accueil. Un interne junior propose : « On lui met vite un bolus d'insuline IV en direct pour faire baisser sa glycémie, puis on branchera les perfusions. »

Quelle est votre conduite immédiate ?

A

Attendre les résultats des cultures et de la CRP avant d'orienter la prise en charge, pour cibler d'emblée le facteur déclenchant infectieux le plus probable

B

Débuter d'emblée une perfusion de bicarbonates de sodium 8,4 % à 250 mL en 30 min, seul moyen de corriger l'acidose métabolique à pH 7,02

C

Prescrire une insulinothérapie sous-cutanée par lispro selon un schéma d'ajustement rapide, la voie IV étant réservée aux formes hémodynamiquement instables

D

Administrer un bolus d'insuline IV en direct de 10 UI puis relais continu, pour corriger rapidement l'hyperglycémie et l'acidose métabolique majeure de ce patient

E

Reconnaître une acidocétose diabétique sévère (pH 7,02, HCO₃⁻ 6, GCS 12), alerter la filière multidisciplinaire, débuter la réanimation liquidienne avant tout autre traitement

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Bonne réponse

E. Reconnaître une acidocétose diabétique sévère (pH 7,02, HCO₃⁻ 6, GCS 12), alerter la filière multidisciplinaire, débuter la réanimation liquidienne avant tout autre traitement

Explication pédagogique

Le tableau clinique associe une **acidocétose diabétique sévère** (ADA 2024) : (1) **hyperglycémie** (4,82 g/L) + **cétose** (β-OHB 6,2, cétonurie 4+) + **acidose métabolique** (pH 7,02, HCO₃⁻ 6) avec **trou anionique élevé** (28) ; (2) **critères de sévérité** : pH < 7, HCO₃⁻ < 10, GCS 12 (stupor) ; (3) **déshydratation sévère** (perte de 6 kg, hypotension, TRC 4s, IRA) ; (4) **respiration de Kussmaul** ; (5) **facteur déclenchant identifié** : gastro-entérite + omission d'insuline (pompe déconnectée). **Mortalité 2-5 %** globalement, majorée en cas de retard de prise en charge ou d'erreur thérapeutique (surtout hypokaliémie de reprise). La conduite associe : (1) deux VVP, monitorage cardio-respiratoire ; (2) **alerte multidisciplinaire** (réanimateur, diabétologue) ; (3) **REMPLISSAGE VASCULAIRE IMMÉDIAT** par **sérum salé isotonique 0,9 % 15-20 mL/kg dans la 1ère heure** (soit ~1000-1500 mL) — étape **PRIORITAIRE** avant l'insuline ; (4) évaluation du **potassium** avant insuline ; (5) **insuline continue** 0,1 UI/kg/h après remplissage et si K⁺ > 3,3 ; (6) recherche systématique du facteur déclenchant. Posologies alignées sur le protocole Clin92 « Acidocétose diabétique ».

Étape 2

Décision 2

Information clinique

Le remplissage est en cours. Le diabétologue au téléphone vous demande de rechercher systématiquement le facteur déclenchant, sans négliger les diagnostics associés.

Quelle est votre approche pour la recherche du facteur déclenchant ?

A

Ne rechercher un facteur déclenchant qu'après la stabilisation métabolique complète (24-48h), la priorité étant la correction de l'acidose et de la déshydratation initiales

B

Recherche systématique : infection (hémocultures, ECBU, radio thorax, examen clinique), omission d'insuline (ici la gastro-entérite avec pompe déconnectée), IDM (ECG, troponine), AVC (examen neuro), pancréatite

C

Réaliser d'emblée un scanner cérébral en urgence avant tout autre bilan, pour éliminer un AVC ischémique responsable de la décompensation aiguë du diabète

D

Se limiter au diagnostic évident de gastro-entérite avec omission d'insuline, sans autre bilan étiologique complémentaire pour ne pas retarder la prise en charge thérapeutique urgente

E

Prescrire d'emblée une antibiothérapie empirique large spectre systématique en attendant les hémocultures, toute décompensation d'ACD étant présumée infectieuse

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Bonne réponse

B. Recherche systématique : infection (hémocultures, ECBU, radio thorax, examen clinique), omission d'insuline (ici la gastro-entérite avec pompe déconnectée), IDM (ECG, troponine), AVC (examen neuro), pancréatite

Explication pédagogique

La **recherche systématique du facteur déclenchant** est indispensable dans l'ACD (ADA 2024, JBDS 2021) : (1) **Infection** — cause la plus fréquente (**30-50 % des cas**) : ORL, pulmonaire, urinaire, cutanée, digestive, gynécologique — bilan complet (**hémocultures × 2, ECBU, radio thorax, examen clinique complet**) ; (2) **Omission ou insuffisance d'insuline** — non-observance, panne de pompe, réduction inadaptée pendant maladie intercurrente (comme ici avec la gastro-entérite) — 20-30 % des cas ; (3) **Diabète inaugural** — surtout DT1 chez sujet jeune (5-10 %) ; (4) **Événement cardio-vasculaire** — infarctus du myocarde (**ECG systématique, troponine si point d'appel**), AVC (examen neurologique) ; (5) **Pancréatite aiguë** (lipase — attention à l'amylase élevée non spécifique dans l'ACD) ; (6) **Médicaments** — corticoïdes, antipsychotiques, **inhibiteurs SGLT2** (gliflozines — ACD euglycémique, à évoquer même avec glycémie « normale ») ; (7) **Substances** — alcool, cocaïne, méthamphétamine ; (8) **Grossesse** (β-HCG chez la femme). Chez ce patient : facteur évident (gastro-entérite + omission d'insuline) mais bilan complet indispensable pour ne pas rater une infection sous-jacente. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 3

Décision 3

Information clinique

Le remplissage se poursuit (1 L de SSI passé). Un confrère propose : « On peut commencer l'insuline maintenant, le remplissage est en route. »

Quelle est votre séquence thérapeutique correcte ?

A

Débuter l'insuline en même temps que le remplissage sans attendre l'évaluation de la kaliémie, la correction simultanée étant la plus efficace pour l'acidocétose

B

Débuter uniquement l'insuline en continu sans remplissage supplémentaire, la déshydratation étant corrigée spontanément par la baisse de la glycémie sous insulinothérapie

C

Débuter d'emblée l'insuline sous-cutanée + insuline IV en association pour un contrôle glycémique optimal, en attendant l'obtention des résultats définitifs de la kaliémie

D

Attendre la fin complète du remplissage (soit 3-4 L en 4 heures) avant de démarrer l'insuline continue, pour restaurer complètement la volémie efficace

E

Séquence : REMPLISSAGE 1ère heure (SSI 15-20 mL/kg) → évaluation K⁺ → insuline continue 0,1 UI/kg/h après remplissage et si K⁺ > 3,3 (jamais avant)

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Bonne réponse

E. Séquence : REMPLISSAGE 1ère heure (SSI 15-20 mL/kg) → évaluation K⁺ → insuline continue 0,1 UI/kg/h après remplissage et si K⁺ > 3,3 (jamais avant)

Explication pédagogique

La **séquence thérapeutique cardinale** de l'ACD (ADA 2024, JBDS 2021, SFD 2017) est : (1) **REMPLISSAGE VASCULAIRE en 1ère heure** — **sérum salé isotonique 0,9 % 15-20 mL/kg** (soit 1000-1500 mL pour ce patient de 68 kg) en 30-60 minutes, poursuite selon état hémodynamique (généralement 250-500 mL/h ensuite, adaptation à l'ionogramme et à la natrémie corrigée) ; peut passer à sérum salé hypotonique 0,45 % si Na⁺ corrigé > 145 ; **ajouter du glucose (G5 ou G10)** dès glycémie < 2 g/L ; (2) **Évaluation du potassium** — indispensable AVANT l'insuline : (a) **K⁺ > 5,2** : pas d'apport, surveiller ; (b) **K⁺ 3,3-5,2** : ajouter **20-30 mmol KCl/L** aux perfusions ; (c) **K⁺ < 3,3** : **HOLD INSULIN** — apport prioritaire de K⁺ 10-20 mmol/h IV jusqu'à K⁺ > 3,3, puis démarrer l'insuline ; (3) **Insuline continue IV** — 0,1 UI/kg/h (soit ~7 UI/h pour ce patient), **PAS de bolus** initial nécessaire selon ADA 2024 (bolus optionnel, sans bénéfice démontré) ; **poursuivre jusqu'à fermeture du trou anionique** (< 12) et résolution de la cétose (β-OHB < 0,6 ou HCO₃⁻ ≥ 18). **Chez ce patient** : K⁺ à 5,8 (hyperkaliémie modérée sur acidose + transferts), stock potassique effondré — **pas d'apport initial de K⁺ mais surveillance rapprochée** ; insuline peut être démarrée. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 4

Décision 4

Information clinique

L'insuline est en cours à 7 UI/h. La kaliémie de contrôle à H+1 revient à **K⁺ 4,2 mmol/L** (baisse depuis 5,8). Un confrère propose : « Le K⁺ est encore normal, on continue comme ça et on recontrôlera à H+4. »

Quelle est votre stratégie pour la gestion du potassium ?

A

Ajouter 20-30 mmol de KCl/L dans les perfusions dès à présent (K⁺ 3,3-5,2), surveillance rapprochée (H+2, H+4, H+6, adaptation selon évolution)

B

Poursuivre sans modification et recontrôler la kaliémie dans 4 heures, la baisse observée étant modérée et le seuil de 3,3 mmol/L n'étant pas atteint

C

Prescrire des résines échangeuses type Kayexalate PO devant l'hyperkaliémie initiale, pour prévenir la remontée du potassium à distance du traitement

D

Administrer un bolus IV de gluconate de calcium pour protéger le myocarde des effets de la variation rapide de kaliémie entre H+0 et H+1

E

Interrompre définitivement l'insuline dès à présent, la baisse rapide du potassium exposant à un risque d'arrêt cardiaque hypokaliémique en cours de traitement

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Bonne réponse

A. Ajouter 20-30 mmol de KCl/L dans les perfusions dès à présent (K⁺ 3,3-5,2), surveillance rapprochée (H+2, H+4, H+6, adaptation selon évolution)

Explication pédagogique

La **gestion du potassium** dans l'ACD suit des règles strictes (ADA 2024) : (1) **Physiopathologie** — le stock potassique total est **effondré** (perte urinaire par diurèse osmotique, perte digestive par vomissements) même si la kaliémie initiale peut être normale ou élevée (transferts extracellulaires liés à l'acidose et au déficit insulinique) ; l'**insulinothérapie fait rentrer le K⁺ en intracellulaire** avec chute rapide (typiquement 1-1,5 mmol/L en 1-2 heures) ; (2) **Règles d'apport** : (a) **K⁺ > 5,2** : pas d'apport, surveiller H+2 ; (b) **K⁺ 3,3-5,2** (**cas de ce patient à K⁺ 4,2**) : **ajouter 20-30 mmol KCl par litre de perfusion** (typiquement 20 mmol dans 1 L de SSI 0,9 %), surveillance kaliémie rapprochée ; (c) **K⁺ < 3,3** : **HOLD INSULIN** (interrompre l'insuline), apport intensif de K⁺ 10-20 mmol/h IV jusqu'à K⁺ > 3,3 puis reprise de l'insuline ; (3) **Surveillance rapprochée** — kaliémie **toutes les 2 heures** en phase aiguë, adaptation dynamique, ECG répétés (dépister élargissement du QRS, T aplaties d'hypokaliémie) ; (4) **Objectif** : maintenir K⁺ entre 4 et 5 mmol/L pendant toute la durée du traitement. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 5

Décision 5

Information clinique

À H+2 : glycémie de contrôle = **2,1 g/L** (bonne baisse), pH = 7,08 (amélioration modeste), HCO₃⁻ = 8. Un confrère propose : « La glycémie descend bien à 2,1, on peut arrêter l'insuline maintenant. Et on peut passer 250 mL de bicarbonates 8,4 % pour finir de corriger l'acidose. »

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

A

Poursuivre l'insuline en continu jusqu'à fermeture du trou anionique (< 12) et résolution cétose (β-OHB < 0,6 ou HCO₃⁻ ≥ 18), pas la seule normoglycémie

B

Bicarbonates non indiqués ici : ADA 2024 les recommande uniquement si pH < 6,9 (patient à pH 7,08 → pas d'indication), 100 mmol en 2h

C

Ajouter du glucose (G5 puis G10 selon glycémie) dès glycémie < 2 g/L pour permettre la poursuite de l'insuline sans hypoglycémie, jusqu'à résolution cétose

D

Interrompre l'insuline dès que la glycémie devient normale (< 2 g/L), reprise ultérieure de l'insuline SC selon le schéma habituel du patient si besoin

E

Administrer d'emblée 250 mL de bicarbonates de sodium 8,4 % en 30 min pour corriger rapidement l'acidose métabolique et améliorer la fonction hémodynamique

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Bonne réponse

A. Poursuivre l'insuline en continu jusqu'à fermeture du trou anionique (< 12) et résolution cétose (β-OHB < 0,6 ou HCO₃⁻ ≥ 18), pas la seule normoglycémie B. Bicarbonates non indiqués ici : ADA 2024 les recommande uniquement si pH < 6,9 (patient à pH 7,08 → pas d'indication), 100 mmol en 2h C. Ajouter du glucose (G5 puis G10 selon glycémie) dès glycémie < 2 g/L pour permettre la poursuite de l'insuline sans hypoglycémie, jusqu'à résolution cétose

Explication pédagogique

Les mesures spécifiques dans l'ACD associent : (1) **Poursuite de l'insuline** jusqu'à **résolution de la cétose et de l'acidose** — critères ADA 2024 : **fermeture du trou anionique** (< 12), **β-OHB < 0,6 mmol/L** ou **HCO₃⁻ ≥ 18 mmol/L**, **pH > 7,3** ; l'insuline est nécessaire pour arrêter la production de corps cétoniques et permettre leur clearance ; **arrêter l'insuline sur la seule normalisation glycémique est une erreur classique** — la cétose persiste, l'ACD récidive ; (2) **Ajout de glucose** — dès glycémie < 2 g/L (11 mmol/L), **G5** puis **G10** selon évolution, **pour permettre la poursuite de l'insuline** sans hypoglycémie ; adaptation du débit d'insuline si besoin (parfois diminution à 0,05 UI/kg/h) sans arrêt ; (3) **Bicarbonates** — recommandation ADA 2024 restrictive : **uniquement si pH < 6,9** (chez ce patient : pH 7,02 initial, 7,08 à H+2 → **pas d'indication**) ; posologie si indication : 100 mmol dans 400 mL de sérum glucosé + 20 mmol de KCl, en 2 heures ; **risques de l'usage abusif** : hypokaliémie aggravée, alcalose de rebond, œdème cérébral (surtout enfant), hypoxie tissulaire (courbe de dissociation de l'hémoglobine) ; (4) **Transition SC** : à programmer lorsque cétose résolue et patient s'alimentant — chevauchement obligatoire (insuline lente SC administrée 1-2h avant l'arrêt IV) pour éviter la rebond hyperglycémique et cétosique. Posologies alignées sur le protocole Clin92.

Étape 6

Décision 6

Information clinique

À H+8 : glycémie stable à 1,6 g/L sous G5 + insuline 3 UI/h, pH 7,32, HCO₃⁻ 18, β-OHB 0,8, trou anionique 12, K⁺ 4,4, patient conscient (GCS 15), sonnette de la faim. Il vous demande : « Je peux manger et remettre ma pompe maintenant ? »

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont correctes ?

A

Transition SC programmée avec chevauchement obligatoire : insuline lente SC administrée 1-2h avant l'arrêt IV, reprise pompe SC après vérification du bon fonctionnement

B

Éducation thérapeutique avant sortie : gestion des maladies intercurrentes (« sick day rules »), ne jamais arrêter l'insuline basale, surveiller β-OHB si glycémie > 2,5

C

Prescrire une antibiothérapie prophylactique large spectre pour prévenir une infection future favorisée par la période d'immunodépression liée à la décompensation métabolique aiguë

D

Arrêter immédiatement l'insuline IV et remettre la pompe SC dès à présent, le patient étant conscient et capable de gérer sa maladie en autonomie

E

Anticipation des complications : hypokaliémie iatrogène (surveillance ECG et kaliémie), hypoglycémie (surveillance horaire), œdème cérébral (surtout jeune, correction rapide Na — surveillance neurologique)

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A. Transition SC programmée avec chevauchement obligatoire : insuline lente SC administrée 1-2h avant l'arrêt IV, reprise pompe SC après vérification du bon fonctionnement B. Éducation thérapeutique avant sortie : gestion des maladies intercurrentes (« sick day rules »), ne jamais arrêter l'insuline basale, surveiller β-OHB si glycémie > 2,5 E. Anticipation des complications : hypokaliémie iatrogène (surveillance ECG et kaliémie), hypoglycémie (surveillance horaire), œdème cérébral (surtout jeune, correction rapide Na — surveillance neurologique)

Explication pédagogique

La suite de la prise en charge et la sortie associent : (1) **Transition IV → SC** avec **chevauchement obligatoire** — insuline lente SC (glargine ou détémir, ou reprise de la pompe basale) administrée **1-2 heures AVANT l'arrêt de l'insuline IV**, pour éviter le **rebond hyperglycémique et cétosique** (l'insuline IV a une demi-vie très courte, arrêt brutal expose à récidive) ; reprise progressive de l'alimentation orale avec adaptation des bolus prandiaux ; vérification du bon fonctionnement de la pompe si reprise ; (2) **Anticipation des complications** — (a) **hypokaliémie iatrogène** (cause majeure de mortalité — surveillance kaliémie/2h et ECG répétés), (b) **hypoglycémie** (surveillance horaire, ajustement des débits), (c) **œdème cérébral** — surtout enfant et adulte jeune, favorisé par baisse rapide de l'osmolarité et de la natrémie corrigée (surveillance neurologique — céphalées, vomissements, altération de conscience nouvelle, réduction de la FC — signes d'engagement à identifier tôt), (d) **thrombose veineuse** (hyperosmolarité, prophylaxie HBPM), (e) **SDRA** (surcharge iatrogène, respect volumes) ; (3) **Éducation thérapeutique** avant sortie — **« sick day rules »** (règles de gestion des maladies intercurrentes chez le diabétique) : **ne jamais arrêter l'insuline basale**, augmenter les contrôles glycémiques, surveiller la cétonurie ou β-OHB si glycémie > 2,5 g/L, adapter les bolus, hydratation abondante, contacter le diabétologue en cas de doute ; formation à la reconnaissance des signes précoces d'ACD.

Étape 7

Décision 7

Information clinique

Le lit en médecine interne à orientation diabétologique est prêt. Vous transmettez à l'équipe.

Quelle transmission adressez-vous ?

A

« Homme 24 ans, DT1 depuis 8 ans sous pompe à insuline, HbA1c 7,4 %, antécédent d'ACD inaugurale à 16 ans. Admis à 10 h 00 pour ACD sévère sur gastro-entérite virale avec omission des bolus et déconnexion partielle de la pompe pendant les vomissements. À l'entrée : GCS 12, Kussmaul FR 32, déshydratation sévère (perte de 6 kg), hypotension 105/62, TRC 4s. Bilan initial : glycémie 4,82 g/L, pH 7,02, HCO₃⁻ 6, trou anionique 28, β-OHB 6,2, cétonurie 4+, Na 132 (corrigé 138), K 5,8 (avec T pointues à l'ECG), créatinine 145 (IRA fonctionnelle), leucos 17 500, CRP 45, procalcitonine 0,4 (orientant viral). Facteur déclenchant retenu : gastro-entérite virale + omission d'insuline, bilan étiologique complémentaire négatif (hémocultures en cours, ECBU normale, radio thorax normale, ECG sans SCA, lipase normale). Bundle démarré à 10 h 20 : remplissage prioritaire SSI 0,9 % 1000 mL en 30 min puis 500 mL/h, insuline continue 0,1 UI/kg/h (7 UI/h) démarrée à H+30 après vérification K > 3,3, pas de bolus initial (ADA 2024), pas de bicarbonates (pH > 6,9). Ajout KCl 20 mmol/L dès H+1 (K passé de 5,8 à 4,2, apport prioritaire), G5 démarré à H+2 dès glycémie < 2. Évolution à H+8 : glycémie stable 1,6, pH 7,32, HCO₃⁻ 18, trou anionique fermé (12), β-OHB 0,8, patient conscient (GCS 15), sonnette de la faim. Transition SC amorcée : Lantus 20 UI SC à H+8 avec chevauchement 1h insuline IV, reprise pompe SC prévue à H+12 après vérification. Je vous le monte pour poursuite surveillance rapprochée (kaliémie/2h, glycémie/1h, β-OHB), reprise alimentation orale adaptée, complément d'éducation thérapeutique renforcée (sick day rules — ne jamais arrêter insuline basale, contrôle β-OHB si glycémie > 2,5, contacter diabétologue en cas de doute), vérification du bon fonctionnement de la pompe, suivi diabétologique programmé à distance. Points d'anticipation : hypokaliémie iatrogène (surveillance ECG), hypoglycémie (surveillance horaire), œdème cérébral (surveillance neurologique — sujet jeune, correction rapide osmolarité), rebond hyperglycémique et cétosique si transition SC mal conduite, réactivation gastro-entérite ou infection sous-jacente, adaptation du traitement de fond (formation sick day rules, vérification pompe, éventuel passage schéma basal-bolus si récidives). »

B

Envoi direct sans transmission verbale, le compte rendu écrit suit

C

Contact avec le diabétologue uniquement, l'équipe d'hospitalisation étant informée par le compte rendu écrit

D

Attendre 24 heures avant tout transfert

E

« Une acidocétose classique, à toi »

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Bonne réponse

A. « Homme 24 ans, DT1 depuis 8 ans sous pompe à insuline, HbA1c 7,4 %, antécédent d'ACD inaugurale à 16 ans. Admis à 10 h 00 pour ACD sévère sur gastro-entérite virale avec omission des bolus et déconnexion partielle de la pompe pendant les vomissements. À l'entrée : GCS 12, Kussmaul FR 32, déshydratation sévère (perte de 6 kg), hypotension 105/62, TRC 4s. Bilan initial : glycémie 4,82 g/L, pH 7,02, HCO₃⁻ 6, trou anionique 28, β-OHB 6,2, cétonurie 4+, Na 132 (corrigé 138), K 5,8 (avec T pointues à l'ECG), créatinine 145 (IRA fonctionnelle), leucos 17 500, CRP 45, procalcitonine 0,4 (orientant viral). Facteur déclenchant retenu : gastro-entérite virale + omission d'insuline, bilan étiologique complémentaire négatif (hémocultures en cours, ECBU normale, radio thorax normale, ECG sans SCA, lipase normale). Bundle démarré à 10 h 20 : remplissage prioritaire SSI 0,9 % 1000 mL en 30 min puis 500 mL/h, insuline continue 0,1 UI/kg/h (7 UI/h) démarrée à H+30 après vérification K > 3,3, pas de bolus initial (ADA 2024), pas de bicarbonates (pH > 6,9). Ajout KCl 20 mmol/L dès H+1 (K passé de 5,8 à 4,2, apport prioritaire), G5 démarré à H+2 dès glycémie < 2. Évolution à H+8 : glycémie stable 1,6, pH 7,32, HCO₃⁻ 18, trou anionique fermé (12), β-OHB 0,8, patient conscient (GCS 15), sonnette de la faim. Transition SC amorcée : Lantus 20 UI SC à H+8 avec chevauchement 1h insuline IV, reprise pompe SC prévue à H+12 après vérification. Je vous le monte pour poursuite surveillance rapprochée (kaliémie/2h, glycémie/1h, β-OHB), reprise alimentation orale adaptée, complément d'éducation thérapeutique renforcée (sick day rules — ne jamais arrêter insuline basale, contrôle β-OHB si glycémie > 2,5, contacter diabétologue en cas de doute), vérification du bon fonctionnement de la pompe, suivi diabétologique programmé à distance. Points d'anticipation : hypokaliémie iatrogène (surveillance ECG), hypoglycémie (surveillance horaire), œdème cérébral (surveillance neurologique — sujet jeune, correction rapide osmolarité), rebond hyperglycémique et cétosique si transition SC mal conduite, réactivation gastro-entérite ou infection sous-jacente, adaptation du traitement de fond (formation sick day rules, vérification pompe, éventuel passage schéma basal-bolus si récidives). »

Explication pédagogique

La transmission structurée d'une acidocétose diabétique sévère comprend : les antécédents diabétologiques précis (type, ancienneté, traitement de fond, HbA1c, antécédent d'ACD), l'horodatage précis de la présentation et de la sévérité (pH, HCO₃⁻, GCS, β-OHB), le facteur déclenchant identifié et le bilan étiologique complet, la séquence thérapeutique administrée avec justification (remplissage prioritaire, insuline après évaluation K⁺, pas de bicarbonates hors indication), l'évolution avec les critères de résolution (fermeture trou anionique, résolution cétose), la transition SC avec chevauchement, l'éducation thérapeutique renforcée, et les points d'anticipation (complications iatrogènes, rebond, éducation).

Débriefing finalAfficher le débriefing

Ces scénarios constituent une aide pédagogique à confronter aux protocoles locaux validés et au jugement clinique.

Objectifs pédagogiques

  • Reconnaître une **acidocétose diabétique (ACD) sévère** selon les critères ADA 2024 : **hyperglycémie > 2,5 g/L** (ou glycémie « normale » chez patient sous SGLT2i — ACD euglycémique) + **cétose** (β-OHB ≥ 3 mmol/L ou cétonurie 3+) + **acidose métabolique** (pH < 7,3 ou HCO₃⁻ < 18) avec **trou anionique élevé**. Sévérité déterminée par pH, HCO₃⁻ et état neurologique.

  • Distinguer l'ACD de l'**état hyperosmolaire hyperglycémique (HHS)** : HHS = **hyperglycémie majeure** (> 6 g/L), **hyperosmolarité** (> 320 mOsm/L), **absence de cétose significative** (β-OHB < 3), **pH > 7,3**, **troubles de conscience marqués** — typiquement sujet âgé DT2, mortalité 10-20 %.

  • Rechercher **systématiquement le facteur déclenchant** — infection (30-50 % des cas), **omission d'insuline** (ici la gastro-entérite avec pompe déconnectée), diabète inaugural, infarctus, AVC, pancréatite, corticoïdes, alcool, cocaïne, SGLT2i (ACD euglycémique).

  • Respecter la **séquence thérapeutique cardinale** : **REMPLISSAGE d'abord** (SSI 15-20 mL/kg dans la 1ère heure) → **contrôle du potassium** → **insuline en continu** (jamais avant remplissage et évaluation de la kaliémie).

  • **Ne jamais démarrer l'insuline si K⁺ < 3,3 mmol/L** — apport de K⁺ prioritaire jusqu'à K⁺ > 3,3 puis insuline (risque létal d'arythmie sur hypokaliémie de reprise).

  • Utiliser les **bicarbonates avec parcimonie** — recommandation ADA 2024 : **uniquement si pH < 6,9** (ici pH 7,02 → **pas d'indication**), 100 mmol dans 400 mL de sérum glucosé + 20 mmol de KCl, en 2 heures.

  • **Poursuivre l'insuline** jusqu'à **fermeture du trou anionique** (< 12) et **résolution de la cétose** (β-OHB < 0,6 ou HCO₃⁻ ≥ 18 et pH > 7,3), pas seulement jusqu'à normoglycémie. **Ajouter du glucose** (G5 puis G10) dès glycémie < 2 g/L pour permettre la poursuite de l'insuline sans hypoglycémie.

  • Anticiper les **complications** : hypokaliémie iatrogène (cause majeure de mortalité), hypoglycémie, œdème cérébral (surtout jeune, ↓ Na, correction rapide), thrombose (hyperosmolarité), SDRA (surcharge), et structurer la transmission au réanimateur.

Points clés à retenirAfficher les points clés
  • L'**acidocétose diabétique (ACD)** est définie par l'association (ADA 2024) : **hyperglycémie > 2,5 g/L** (ou ACD euglycémique sous SGLT2i) + **cétose** (β-OHB ≥ 3 mmol/L ou cétonurie 3+) + **acidose métabolique** (pH < 7,3 ou HCO₃⁻ < 18) avec **trou anionique élevé**. Sévérité : pH, HCO₃⁻, état neurologique.

  • Distinction avec l'**état hyperosmolaire hyperglycémique (HHS)** : hyperglycémie majeure (> 6 g/L), hyperosmolarité (> 320 mOsm/L), **absence de cétose significative**, pH > 7,3 — typiquement sujet âgé DT2, mortalité 10-20 %.

  • **Recherche systématique du facteur déclenchant** : infection (30-50 %), omission d'insuline, diabète inaugural, IDM, AVC, pancréatite, corticoïdes, SGLT2i (ACD euglycémique). Bilan complet (hémocultures, ECBU, radio thorax, ECG).

  • **Séquence thérapeutique cardinale** : (1) **REMPLISSAGE d'abord** (SSI 0,9 % 15-20 mL/kg en 1ère heure) → (2) **évaluation du K⁺** → (3) **insuline continue 0,1 UI/kg/h** après remplissage et si K⁺ > 3,3. Pas de bolus initial obligatoire (ADA 2024).

  • **Le potassium est le principal danger** : stock potassique effondré même si kaliémie normale/élevée initialement, chute rapide sous insuline. Règles : **K⁺ < 3,3 = HOLD INSULIN** + apport prioritaire ; K⁺ 3,3-5,2 = **apport 20-30 mmol KCl/L** ; K⁺ > 5,2 = surveiller. Contrôle kaliémie toutes les 2 heures.

  • **Bicarbonates avec parcimonie** — ADA 2024 : **uniquement si pH < 6,9** (100 mmol en 2 heures). Usage abusif = hypokaliémie aggravée, alcalose de rebond, œdème cérébral. **Poursuivre l'insuline jusqu'à résolution de la cétose** (fermeture trou anionique, β-OHB < 0,6 ou HCO₃⁻ ≥ 18), pas seulement normoglycémie ; **ajout de glucose** dès glycémie < 2 g/L.

  • **Transition IV → SC avec chevauchement obligatoire** (insuline lente SC 1-2h avant arrêt IV). Anticiper les complications : hypokaliémie iatrogène, hypoglycémie, **œdème cérébral** (sujet jeune, correction rapide osmolarité), thrombose (hyperosmolarité), SDRA. **Éducation thérapeutique renforcée** (« sick day rules ») avant la sortie.